29 décembre 2011

En parlant du Vindicateur... et de Lisson

Je fais d'une pierre (du Jaur) deux coups et vous invite à lire chez le Vindicateur ce très beau portrait d'Iris Rutz-Rudel, du domaine de Lisson.

C'est ICI

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Mieux vaut tard que mauvais...

Au fait Iris, j'ai bu une bouteille de ton Clos des Cèdres 2002 chez ma maman l'autre jour - oui, la caisse est restée à Paris, j'y puise quand j'y vais, pas assez souvent à mon goût.

Il faut que j'en parle, j'aurais dû le faire depuis longtemps, déjà; c'est la troisième qu'on déguste, je n'ai pas d'excuse; j'espère que tu as la patience de ton vin de patience, comme tu dis... Enfin, mieux vaut tard que mauvais.

Je crains que mon commentaire soit un peu sec, pour un vin qui inciterait plutôt à la poésie, qu'il ne lui rende pas tout à fait justice, ni à tes efforts, mais c'est ce que j'ai noté sur mon Iphone, et ce serait tricher que de changer, d'édulcorer...

"Robe très sombre; le nez s'ouvre doucement, puis carrément, sur du cassis, du moka, de la mûre très fraîche, épices énormes; en bouche, c'est dense, puissant, cuir, boîte à cigares, mais plein de vivacité. Etonnant, pour un vin qui va sur ses 10 ans! Un beau bébé, 14,8 degrés sur la balance *, mais il ne les fait pas, rien de sirupeux, rien de bodybuildé et ça finit un peu amer (cacao?), comme je l'aime".

Voila Iris, de temps à autre je pense à Olargues où j'ai passé naguère de belles vacaces sous les vieux cerisiers,  dans la garrigue, près du vieux Pont du Diable, en pleine nature. Et ton vin, c'est un peu de cette nature-là, mais aussi beaucoup de toi, que je ne connais que d'après ton blog, mais qu'un mot me semble désigner mieux que tout autre (comme ton vin d'ailleurs): sincérité.

Gesundheit!

 *Erreur de ma part, Iris me dit que c'était le degré du 2007, le 2002, lui est à 13°. Désolé.

13:49 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

27 décembre 2011

IGP Méditerranée... tu parles!

Je n'en finirai donc jamais de relever les incongruités, les fadaises, les carabistouilles des dénominations françaises.

Cette fois, cela ne concerne pas les AOC - laissons les se reposer un peu, le temps d'absorber les anciens VDQS. Non, cette fois, il s'agit des IGP.

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Petit rappel climatologique à l'attention des marketteers trop zélés

Et plus précisément, de l'IGP Méditerranée. Vaste territoire. Rassurez vous, pour l'exercice, on l'a limité à la France - les régions bordant la Grande Bleue mais ne relevant pas de l'administration française que le monde nous envie ne comptent pas.

En fin de compte, c'est peut-être mieux, car rien qu'en France, cet IGP taille déjà XXL.

Il y a d'abord tous les départements de Provence: Vaucluse, Bouches‐du‐Rhône, Var, Hautes‐Alpes, Alpes Maritimes et Alpes de Haute Provence.

Mais il y a aussi cinq départements de la Région Rhône Alpes. Pour la Drôme et l'Ardèche, on veut bien admettre l'influence méditerranéenne. Mais pour l'Isère, le Rhône, et la Loire, alors là, c'est du grand n'importe quoi! Concrètement, un producteur de Beaujolais ou de Côtes Roannaises peut donc produire de l'IGP Méditerranée...

Et vous savez le plus drôle: la Méditerranée, au sens IGP, ne comprend ni le Languedoc-Roussillon (ils préfèrent le Vin de Pays d'Oc) ni la Corse (une île cernée par quelle mer, déjà?).

Pourquoi ce laxisme d'un côté (au Nord) et cet ostracisme de l'autre (à l'Ouest et au Sud-Est)?

C'est une question de "bassins", une question d'interprofessions, une question de clochers. Et moi qui pensais que les IGP devaient faciliter les choses pour les producteurs et pour les consommateurs...

Passe encore que les producteurs fassent des petits arrangements entre amis avec la géographie et le climat - ils voient Midi à leur porte, et la Méditerranée où ça leur plaît.

Mais qu'il n'y ait pas eu un responsable de l'INAO, un fonctionnaire français ou européen pour rappeler à l'ordre et à la logique ce petit monde qui prend ses désirs pour des réalités, ça me dépasse.

Et dire que dans le même temps, on interdit le 100% carignan dans le Roussillon, on tractopelle un premier cru de Gevrey en toute impunité, on discute du sexe des Angevins chez Olivier Cousin...

Tiens, je ferais bien une pétition pour réclamer le retour de la Méditerranée... en Méditerranée, pour que les mots retrouvent leur sens, et pas celui que leur donnent des marketeers à la petite semaine; mais à quoi bon!

Le système est si bien verrouillé que ce n'est pas un petit journaleux de merde, un indigné en caoutchouc, qui va refaire les décrets et les dénominations, même fantaisistes!

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Corse, Languedoc, Midi, Provence, Roussillon | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |