19 octobre 2012

Château Pech-Latt "Vieilles Vignes" 2009

Aujourd'hui, par la magie d'une bouteille, je vous emmène dans les Corbières; plus précisément, à Ribaute, "Rve haute" de l'Orbieu, entre la montagne d'Alaric et la colline de la Bade.

Les vieilles vignes du Château Pech Latt (carignan, mourvèdre, syrah, grenache noir, les cuvées compliquées ne font pas peur à l'oenologue!) nous emportent dans une farandole de parfums: réglisse, mûre, raisin rouge, cuir, herbes de la garrigue; en bouche, c'est ample, mûr, gras, séduisant,  mais la finale est fine sur des notes de griottines, légèrement acidulées.

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Une gourmandise...

Pech Latt (large colline, en langue d'Oc) est un domaine bio certifié; il appartient au négociant bourguignon Louis Max, qui se targue ici "de ne rien faire, ou le moins possible"... Comprenez, de vendanger à maturité (pas si facile avec 4 cépages), de vinifier "simplissime" avec levures naturelles, de pratiquer un élevage court - et en cuves ciment.

A l'arrivée, une très grande réussite, qui prouve que même des as du monocépage et de la barrique peuvent s'adapter au contexte languedocien et en tirer le meilleur.

Je laisse à de plus pointus que moi le soin de distinguer dans cette gourmandise liquide ce qui vient du bio et ce qui n'en vient pas, ce que le terroir a dicté et ce que l'homme en a fait; quoi qu'il en soit, voici un grand vin qui donne envie de redécouvrir les Corbières. L'aire de cette AOC a beau être bien trop grande, elle recèle de vrais trésors.

Pech Latt/Louis Max, http://www.louismax.com/fr/vin-chateau-pech-latt.php

07:30 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

28 septembre 2012

Sieur d'Arques et Jaillance unis pour le meilleur et pour la bulle

Deux très gros opérateurs de la bulle en France, Sieur d'Arques (Cave de Limoux) et Jaillance (Cave de Die) vont fonder une société commune - tout en gardant leur indépendance.

Plus que le fait, ce qui surprend, c'est la rapidité avec laquelle l'alliance s'est nouée, entre les deux entreprises jusqu'ici résolument concurrentes (mais toutes deux à base coopérative).

L'objectif: exploiter au maximum les synergies. Le mariage devrait permettre de mieux concurrencer les gros compétiteurs sur ce marché, et notamment les espagnols de Freixenet (200 milions d'euros) et Codorniu. Le nouvel ensemble sera encore assez loin du compte (il pèserait environ 80 millions d'euros), mais en mettant en commun certains services (marketing et commercial, essentiellement), les deux groupes espèrent améliorer leur rentabilté. Un point noir pour les deux entités - Jaillance a beaucoup grandi ces dernières années, sortant de son bassin de production originel, et investissant dans une marque ombrelle; quant à Sieur d'Arques, il vient de connaître de violents remous (affaire du faux pinot, déficits chroniques, licenciements).

Les sites de production, par contre, resteront autonomes.

A eux deux, Sieur d'Arques et Jaillance totalisent 15 millions de cols de production; les deux futurs mariés ont un poids relativement comparables (8 millions de cols pour Jaillance, 7 pour Sieur d'Arques). Leurs gammes sont relativement complémentaires; d'une part, Jaillance produit majoritairement des doux (même s'il s'est beaucoup dévoloppé dans les crémants). De l'autre, alors que Sieur d'Arques est resté centré sur Limoux, Jaillance propose aujourd'hui du Crémant de Bourgogne et du Crémant de Bordeaux.

L'alliance semble devoir se faire dans le respect de l'égalité entre les partenaires. L'épineux dossier de la direction a été réglé: la présidence du nouvel ensemble (auquel il faudra trouver un nom) sera confiée à l'actuel directeur général de Jaillance, Jean-Louis Bergès (ex-Boisset), la présidence au président de Sieur D'Arques, Maurice Lautard.

Si tout se passe selon les plans (car il faudra sans doute consulter la base viticole), la nouvelle entité devrait démarrer au tout  début 2013.

10:01 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi, Rhône | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |