25 janvier 2013

L'export, toujours l'export... pour Advini aussi

Pour bon nombre de maisons de vin - et pas seulement les grands crus bordelais, l'exportation représente aujourd'hui la seule vértitable porte vers la croissance. En témoignent les chiffres publiés par Advini (ex-Jeanjean).

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En 2012, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 219 millions d’euros (soit une en progression de 4,1%). Mais cette progression est due presqu'exclusivement aux ventes à l'étranger, qui progressent de 8,4%. Les marchés les plus dynamiques étant l'Amérique du Nord (+21%) et l'Asie (+25%). L'Europe est nettement moins dymanique (+3,5).

Le marché français, lui, est carrément atone (+1,3%). Même s'il faut faire la part des choses entre le circuit traditionnel, en baisse de 7%, et la GD, en hausse de 4,6%.

Les grandes surfaces françaises représentent à présent 43% du chiffre d'affaires d'Advini. 

10:58 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Languedoc, Roussillon, Vins de tous pays | Tags : exportation, advini, jeanjean | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10 janvier 2013

La dimension sociale du vin

Je n'aime pas trop associer les mots "vin" et "social" - je les entends trop souvent accolés dans la bouche de ceux qui justifient des excédents de production, une qualité médiocre, voire la nécessité d'un assistanat institutionalisé.

"D'accord, c'est mauvais, mais on ne va quand même pas lui refuser l'agrément, il a une famille à nourrir, et des dettes jusqu'au cou..."

Tout le monde n'a pas vocation à être viticulteur, on peut produire plein d'autres choses excellentes, qui n'exigeront pas une intervention massive de la collectivité - ben oui, quand on paie pour distiller, c'est le contribuable qui paie. Qu'il soit buveur de vin ou non, qu'il soit d'un pays viticole ou pas. Cette solidarité obligatoire est bien plus choquante, à mon sens, que les cotisations volontaires du même nom - obligatoires. Et pourtant, on ne voit guère de vignerons, de coopératives, d'élus, s'élever contre cette obligation-là.

Veuillez m'excuser du côté caricatural de cette diatribe. Ca soulage.

Quoi qu'il en soit, heureusement, ce n'est là qu'un aspect de la dimension sociale du vin.

Si, au lieu de s'intéresser aux viticulteurs qui ne devraient pas produire, on s'intéresse à la manière dont les viticulteurs produisent, on en vient à une autre approche.

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Vous connaissez sans doute les labels du commerce équitable. Ils sont très développés dans le café, le chocolat, les fruits. Il ont aussi des adeptes dans le vin. Je vous ai parlé des vignerons chiliens de Lautaro, par exemple.

Mais il y a des réseaux du même type, plus près de nous. Ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même?

Un de ces réseaux, ce sont les Compagnons de Maguelone. Comme l'île et la cathédrale du même nom, près de Montpellier; "un de ces lieux qui ont une âme et que doivent chercher les âmes", pour Mgr Dupanloup... Avec ou sans âme, voici un site unique, un monument unique, une nature préservée. Même M. Peillon devrait apprécier.

Les Compagnons gèrent un Centre d'Aide par le Travail pour handicapés, dont l'activité se répartit entre viticulture, aquaculture, pêche et travaux pour compte de tiers.

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La partie viticole, c'est un vignoble au pied de la cathédrale, qui donne naissance à cinq cuvées de Vin de Pays d'Oc.

Des vins qu'on ne doit pas acheter par ce qu'ils sont faits par des handicapés, mais parce qu'ils sont faits par des hommes et des femmes, et parce qu'ils sont bons à boire.

Pour en juger, une seule solution: les boire.

Plus d'information: ICI

 

00:22 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |