29 août 2013

Connaissez-vous le Marselan?

Le Marselan est un cépage rouge créé dans le Languedoc dans les années 60. Il est le croisement du grenache et du cabernet sauvignon. Le but ce cette nouvelle obtention était de fournir aux vignerons du Sud une variété à la fois résistante à la chaleur et aux maladies, et qui cumulerait les avantages de ses deux parents - richesse aromatique du Grenache et structure du Cabernet.

Il reste relativement marginal dans l'encépagement et il est assez rarement vinifié seul, aussi n"ai-je jamais eu, jusqu'à présent, l'occasion de déguster un 100% Marselan. 

Cette lacune vient d'être comblée, hier, avec un Marselan... de Tunisie.

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Photo (c) H. Lalau

Il s'agit d'une des composante de la nouvelle gamme des monocépages proposés par les Vignerons de Carthage - Merlot, Pinot Noir, Cabernet Sauvignon et Marselan. 

Il s'agit d'un 2012 - le premier millésime de cette gamme qui sera commercialisé (l'étiquette est encore encours de réalisation, j'ai dégusté un échantillon qui n'est pas encore sur le marché)

Ce qui frappe, avec le Marselan, outre sa robe très profonde et sans aucune note d'évolution, c'est la pureté de son fruit rouge - on croirait croquer de la mûre et de la framboise; les épices déboulent ensuite, en rangs serrés -  paprika, cumin, sauge; la bouche est onctueuse, les tannins civilisés, avec une petite note de café torréfié - le vin passe 6 mois en fûts de chêne français. La finale nous ramène sur le fruit rouge, l'ensemble conférant à ce vin une belle gourmandise.

En résumé, on devrait entendre reparler du Marselan - au moins en Tunisie.

08:36 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Tunisie | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

20 août 2013

Saveur de l'année

En écoutant la publicité des Ormes de Cambras (vous savez, "Autrefois, en Pays d'Oc..."), j'apprends que de deux de ses vins ont été désignés comme "Saveur de l'année".

Cette mention est attribuée chaque année par un jury de consommateurs sur la base de tests organoleptiques. Sympa, la démarche, non? Ça nous change des concours ou des guides d'experts...

Limite de l'exercice: ne sont goutés que les produits présentés et l'inscription est payante. On ne saura jamais si les Ormes de Cambras auraient eu la mention dans le cas où, par exemple, Château Latour aurait eu l'idée curieuse de s'inscrire à la compétition. Ou si c'est à tous les coups qu'on gagne...
J'ai un peu de mal à croire que de simples vins de cépages produits en très gros volumes puissent ainsi enfoncer toute la concurrence, la reléguer aux oubliettes.

Pourtant, deux vins de cette gamme ont bel et bien été primés.

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Les heureux lauréats... tous des produits de Grande distribution

Ils ne sont pas seuls: à leurs côtés, on trouve des produits de JP Chenet, de Lacheteau, de Charles Volner, d'Arthur Metz et de Vieux Papes. Sans doute faut-il rappeler au consommateur comme au publivore (qui ne le sait pas toujours) que toutes ces marques appartiennent à deux groupes: Castel et Grands Chais de France. Ce qui fait planer un petit doute sur la diversité des candidatures.

Un esprit plus tordu que le mien se demanderait même si ces deux groupes ont inscrit l'ensemble de leurs vastes gammes pour être sûr d'avoir des mentions à l'arrivée...

Quoi qu'il en soit, les consommateurs (au moins ceux des grandes surfaces, puisqu'il n'y a que là qu'on trouve ce genre de produits) sont soumis à une double peine.

Primo, ils doivent se farcir les spots radio "façon patois" des Ormes de Cambras, censés les rassurer sur l'ancrage local du vin (pour un cabernet-merlot, en Languedoc, c'est effectivement utile). Petite incise: il est dommage que de tels outils de comm ne soient pas à la portée de petits ou moyens vignerons, ils pourraient développer une image forte à partir d'une vraie réalité. Eux.

Secundo, la mention Saveur de l'année est censée rassurer les consommateurs sur le goût du produit, des fois qu'ils aient des doutes. Ou des fois qu'ils n'aient pas de goût. N'est-ce pas les prendre pour des cons?

Si le marketing de masse n'existait pas, il faudrait l'inventer.

00:37 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Vins de tous pays | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |