14 septembre 2013

Chaptaliser non, enrichir oui (suite)

Et ce n'est pas encore assez!

Des parlementaires de l'Aude demandent au Préfet d'autoriser, non seulement l'enrichissement au moût concentré, mais aussi la chaptalisation. Moins chère, sans doute...

A croire que le Midi manque vraiment de soleil...

10:44 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 septembre 2013

Chaptaliser, non, enrichir, oui!

Mes amis de Vitisphère précisent ce matin que "Le préfet de région a signé les arrêtés préfectoraux concernant les demandes d’enrichissement déposés par plusieurs IGP du Languedoc-Roussillon. Comme pour les VSIG, seul l’enrichissement par moûts concentrés (MC) et moûts concentrés rectifiés (MCR) est autorisé cette année. Le préfet a tenu compte des avis de l’INAO, de la DIRECCTE et de la DRAAF, qui allaient tous dans le même sens. Les demandes d’autorisation de chaptalisation qui avaient été déposées conjointement par les fédérations IGP du Gard, de l’Hérault et de l’Aude ont donc été rejetées."

Je trouve qu'on joue sur les mots.

C'est un peu comme "Flirter, ce n'est pas tromper".

Ajouter du moût concentré, c'est une autre forme de chaptalisation, d'enrichissement. Et qui devrait être tout à fait inutile au Sud de la Loire. De même que l'osmose inverse et la cryoextraction.

Que cherche-t-on en enrichissant le moût? A obtenir plus d'alcool encore, alors que c'est déjà un problème?

Ou bien, à pouvoir récolter plus tôt, pour produire plus et à moindre coût? Ne produit-on pas trop, déjà, dans le contexte actuel de baisse de la consommation? Demanderez-vous ensuite qu'on distille l'excédent?

Cette dérogation préfectorale devrait appartenir au passé.

1907_Vigne_vs_Sucre.jpg

"Le Vin Naturel du Sud triomphe du Sucre du Nord" (1907)

 

Je parle comme consommateur, évidemment. Quitte à déplaire à mes amis producteurs. Mais qui aime bien châtie bien.

Au fait, n'est-ce pas dans ce beau Languedoc, en 1907, que des viticulteurs se sont révoltés pour qu'on puisse interdire tous les vins "falsifiés", "gonflés", "édulcorés", les vins "chimiques", et qu'on en revienne au vin "naturel"?

Honneur à Marcelin Albert!

Pourquoi, 100 ans plus tard, ne pas faire votre vin avec les raisins que la vigne vous donne?

Vous me trouvez simpliste? Pas plus que le consommateur lambda, qui ne connaît rien de votre tambouille. Lui prend pour argent comptant les jolis slogans du terroir français, et gobe vos communiqués de victoire sur la qualité du millésime.

Mais au fait, si l'on rectifie le millésime, est-ce toujours le millésime?

08:55 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |