14 avril 2015

Mon coup de coeur du jour: le Cabardès 2014 "Rosé Traditionnel" du Château Salitis

Parce que c'était lui, parce que c'était moi, parce qu'il fait enfin beau ... ce rosé me plaît infiniment.

Pour sa belle robe saumon, pour son nez qui mélange groseille, litchi et badiane, fruit et fleur, pour sa bouche pleine et franche, son poivre, ses herbes de la garrigue. Et sa finale entre rose et fenouil, avec une belle pointe de sel et d'amertume qui réveille les papilles. Mais plus que n'importe lequel de ces éléments, c'est son équilibre, la fusion entre toutes les parties qui me séduit.

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Photo (c) H. Lalau 2015

J'avais aimé le 2013, très agrumes; j'ai adoré ce 2014, pour son côté à la fois épicé, charnu et sensuel. Charnel. Hot.

La preuve que le Cabardès, avec ses deux versants, atlantique et méditerranéen, et l'encépagement original qui en résulte (cette cuvée, par exemple, assemble cabernet franc, syrah et grenache), a aussi un bel avenir dans le rosé.

Des cuvées comme celle-ci, on en redemande!

Plus d'info: +33 (0)4 68 77 16 10 

 

13:38 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc, Midi | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 mars 2015

Domaine d'Aupilhac, La Boda 2005

Est-ce que les rouges du Languedoc vieillissent bien?

Pas mal, merci, en tout cas, chez les bonnes maisons.

Comme chez Sylvain Fadat, à Montpeyroux, qui, lors de mon dernier passage, a sorti une bouteille de La Boda 2005.

10 ans, donc, pour ce mariage du Mourvèdre et de la Syrah, du Nord et du Sud, mais aussi du bas et du haut, des marnes bleues d'Aupilhac et des basaltes et calcaires des Cocalières. Le tout élevé en demi-muids.

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Sylvain Fadat croquant ses raisins dans sa vigne des Cocalières (Photo (c) H. Lalau 2014)

 

Au nez, c'est assez classique pour l'endroit: fruit rouge bien mûr, cerise, mûre, cuir, fumée, des épices en veux-tu, en voila. La garrigue entoure les vignes de Sylvain, on ne s'étonnera pas d'en retrouver dans le vin - qu'elle passe par la peau du raisin ou bien par notre imaginaire, je dirai, peu importe.

La bouche est plus spectaculaire: un tel équilibre, une telle noce, entre la puissance, la concentration (superbe mais pas exagérée), les tanins mûrs et bien enrobés, le fruit croquant... et une telle fraîcheur, c'est tout bonnement époustouflant. Et en plus, une pointe de salinité vient titiller la langue en finale, ce qui réclame un autre verre - tiens, y en n'a plus!

Un seul mot: bravo. Comme le taureau du même nom.

Un seul mot, ça tombe bien, Sylvain n'est pas un grand bavard, ses vins parlent pour lui.

Un grand merci à Michel Smith, qui, le premier, lors d'un voyage consacré à une autre appellation de la région, a tenu à me présenter le domaine. Je rejoins bien sûr Michel pour dire que si le Languedoc avait droit aux Grands Crus (n'en déplaise à l'INAO), Montpeyroux, ou au moins Aupilhac en serait un...

PS. La cuvée Les Cocalières 2002 (Syrah, Mourvèdre et Grenache) est très bien aussi, un peu plus sur le fruit noir, un peu plus serré, mais tranchant, affûté comme une bonne lame de Laguiole ou de Tolède. Et on ne lui donne vraiment pas 13 ans. Toute comparaison avec quelques vins éteints de cet âge, d'ailleurs en France, même dans des AOP plus chères, tourne à l'avantage du valeureux Languedoc.

Contact: Domaine d'Aupilhac

09:04 Écrit par Hervé Lalau dans Espagne, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |