25 mai 2015

Au Domaine La Linquière

Le domaine La Linquière (ne pas confondre avec le Château de la Liquière, à Faugères) se situe dans l'appellation Saint Chinian.

C'est d'abord une histoire de famille - celles des Salvestre, dont la génération actuelle, Luc et Pierre, perpétuent la "mission": faire vivre un coin de nature exceptionnellement beau, au milieu des arbousiers et des chênes verts.

Pour la petite histoire, le nom du domaine fait référence à sa plus grande parcelle, dont les abords sont encore fleuris de pousses de lin, culture ancienne à Saint Chinian, jadis productrice de draps. Une cuvée de blanc, Fleur de Lin, y fait d'ailleurs toujours référence.

La Linquière, ce sont aujourd'hui 20 hectares de vignes et une mosaïque de sols: les schistes, évidemment (à raison de 6 ha), ceux-là même qui font l'originalité des Saint Chinian; mais aussi du calcaire (9ha) et du grès (5 ha). Avec des orientations et des influences diverses, importantes dans cette zone chaude mais soumise à la tramontane.

Côté cépages, également, la palette est riche: 6 en rouge (avec une prédilection pour la Syrah, le Mourvèdre, le Grenache Noir et le Carignan) et 3 en blanc.

J'ai pu apprécier une des cuvées du domaine, "Le Chant des Cigales", lors de Millésimes et Terroirs en Languedoc, cette année, au Château de Flaugergues. Un excellent rapport qualité-prix (aux alentours de 10,5 euros).

LINQUIERE (C) LALAU.JPG

 

La Linquière Le Chant des Cigales 2012

Cette cuvée assemble trois cépages (70% de Syrah complétés de Mourvèdre et de Carignan) et les trois types de sols précités. Elle fleure bon le cassis et la mûre, la violette, le poivre et le thym. La bouche, à la fois puissante et vive, évoque l'encens et le pruneau; la structure est solide, les tannins polis le manche d'un bon outil. La finale, étonnamment fraîche (menthe et épices) est aussi longue que le chant des cigales par une belle soirée d'été...

L'élevage est complexe: 12 mois de barrique (1/5 fût neuf, 1/5 d’1Vin, 1/5 de 2 Vins, 1/5 de 3 Vins, 1/5 de 4 Vins) avec roulement des fûts à raison de 1/5 chaque année. Plus important pour nous: le bois ne domine pas, il habille juste le vin. Bravo!

11:59 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

29 avril 2015

Villa Dondona, deux passionnés à Montpeyroux

Jo Lynch est Anglaise, artiste peintre; André Suquet est Languedocien, médecin à la retraite. A Montpeyroux, ils ont trouvé non seulement une maison - l'ancien hospice - mais un nouveau défi: faire du vin. Telle est la genèse de Villa Dondona - clin d'oeil au passé romain de l'endroit.

Pour un tel projet, la bonne volonté ne suffit pas, il faut disposer d'un bon vignoble, et c'est le cas: quinze beaux hectares en terrasses, au pied de l'ancien château; une mosaïque de sols (dolomie, argile jaune, fond marin riche en fossiles, marne bleue aurifère, craie et surtout terra rossa, leur préférée.

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Au pied du vieux castel (Photo (c) H. Lalau)

Il faut aussi savoir bien s'entourer - ce que Jo et André ont fait.

Il faut enfin avoir un but, une ambition. Faire des vins de cru, mais aussi des vins qui leur plaisent et qui leur ressemblent. Des vins non formatés. C'est ainsi que pour leurs blancs, ils ont conçu un sytème de pergola à l'italienne qui permet de préserver de la fraîcheur.

C'est ainsi, également, qu'ils s'essaient à différents types d'assemblage et d'élevage pour leurs rouges. 

Tous leurs vins ne sont pas forcément à m'ont goût, mais tous m'ont intéressé. C'est là la rançon des vins d'auteur...

 

Dondona1 ©Lalau.JPG

Le genre d'hospice qu'on aime (PHoto (c) H. Lalau).

Espérel 2012

Anis, poire William, camomille, ne nez est complexe sans être exubérant; la bouche ramène une belle moisson d'épices de la garrigue, le tout soutenu par une bonne fraîcheur en filigrane. Belle amertume finale. 15/20

Vermentino, marsanne, roussanne et grenache blanc. A l'ombre de la pergola - comme les belles Anglaises au teint pâle, les blancs gardent une étonnante vivacité.

Esquisse 2012

Encore discret. Fruité, groseille, dynamique, mandarine, légèrement fumé, Epicé piment, mine de crayon, pierre à fusil. Carignan et cinsault  

Le Chemin des Cayrades 2012

Nez sauvage, réglisse et fruit noir, belle bouche tranchante. 

Carignan en macération carbonique.

IMG_5031.JPGDondona 2011 

Fumée, encens, camphre et olive noire au nez, très concentré. Pourtant la bouche est fluide et suave, avec encore cette belle minéralité en finale, et une pointe de menthe qui donne de la fraîcheur . Grenache, syrah et mourvèdre.

Dondona 2008

Nez de fruits noirs, bouche très franche, tannins serrés - demande encore de la bouteille. 

Oppidum 2011

Mourvèdre, syrah 12 mois de barrique.

Camphre, bois fumé, tannins serrés, arômes saturants,  pas ma tasse de thé... fumé. Aujourd'hui, en tout cas.

A ceux qui demandent aux vins toujours plus de précision, on pourra rétorquer: comment rendre le mouvement, si on fige la photo? Les toiles de Jo esquissent, soulignent, révèlent tout ce qui bouge; sa palette réveille la vie comme le soleil du matin. Les vins de Villa Dondona sont à l'avenant.

Merci à Jean-Luc Bonnin pour cette belle rencontre.

Dodona4 © Lalau.JPG

Le soir tombe sur Villa Dondona 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : villa dondona, lynch, suquet, montpeyroux | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |