05 septembre 2008

Le Château de L'Ille

Roger Geens a cédé son domaine du Château de l’Ille (Corbières), à l'ancien dirigeant de Canal Plus Henri Joubaud.

Le Château de L'Ille n'ayant apparemment pas été mêlé aux fraudes concernant le groupe Geens, Joubaud compte garder dans son équipe le régisseur (belge) du domaine, Paul Flandroy.

11:50 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

11 juillet 2008

AOC Languedoc: pour quoi faire?

En mai 2007 naissait l’AOC Languedoc, "base d’une nouvelle architecture qualitative à trois grands niveaux". Niveau régional (AOC Languedoc), niveau sous-régional (Limoux, Roussillon, Cabardès, Corbières, Fitou, Minervois, AOC Languedoc avec nom de crus et niveau communal (Saint Chinian Berlou, Corbières Boutenac, Saint Chinian Roquebrun et Minervois La Livinière). Vous suivez toujours? Encore un petit effort, car il faut y ajouter les crus du Languedoc, qui, au côté de La Clape, Picpoul de Pinet, Faugères, Saint Chinian et Pic Saint Loup, accueilleront progressivement Grès de Montpellier, Terrasses de Béziers, Pézenas, Sommières et Terrasses du Larzac. Voila qui va plaire dans les chefs lieu de canton, mais qui sera sans doute plus difficile à expliquer au-delà des limites du département. Mais c'est un autre débat. Après tout, c'est aux producteurs de décider de la structure de leur offre.
 
"Testé et approuvé" 
 
Préalablement à mise en route de l’AOC Languedoc, une étude du CIVL a visé à définir "un positionnement organoleptique différenciant", "élément repère d’une qualité Languedoc". Puis, à partir de ce profil, il s’est agi de cerner les nuances adaptées à chaque marché, de connaître les attentes sensorielles des consommateurs et plus particulièrement leurs attentes liées à une nouvelle appellation d’origine du Sud de la France. On s’est donc attelé à mesurer les différences de perception d’un même vin selon les pays, les différentes catégories de consommateurs.
L’idée était de donner aux metteurs en marché "des éléments clés de compréhension des attentes consommateurs pour le développement de leurs nouvelles références". D’emblée, l’AOC Languedoc s'affirmait donc «Testée et Approuvée».

Il faut dire que les ambitions commerciales sont élevées: entre 80 et 100 millions de bouteilles/an. Car l’AOC Languedoc est appelée à devenir la plus grosse Appellation du plus vaste ensemble viticole français (entre 600.000 et 800.000 hl à moyen terme).
Cet objectif ne pourra être atteint qu'en séduisant une  nouvelle clientèle au cœur de gamme, aux niveaux de prix dits «premium» et «super premium» et grâce à des marques fortes. Le positionnement de la communication générique de l’appellation entend correspondre à la fois aux "attributs réels des vins", et aux "valeurs du Languedoc": générosité, originalité, simplicité. Elles se déclinent même déjà dans les visuels d'une campagne publicitaire qui met l’accent sur la ferveur, les couleurs, la chaleur et les saveurs. Ses cibles prioritaires sont les 30/45 ans, peu amateurs, consommateurs majoritairement occasionnels et à la recherche de vins plaisir.
 
Une offre et un contenu 
 
A ces clients potentiels, l’AOC Languedoc veut proposer "une offre claire s’insérant entre les offres de vins de cépage et les appellations plus locales".
Idéalement, la nouvelle AOC devrait donc permettre de favoriser l’éclosion ou la déclinaison de marques développées par les grosses entreprises, génératrices de visibilité pour l’origine Languedoc.
 
Après avoir émis quelques doutes sur la complexité de la pyramide expliquée plus haut, je serais mal fondé d'attaquer cette belle simplicité. J'ai juste quelque doutes sur l'homogénéité du contenu des bouteilles - car en théorie, on pourra produire de l'AOC Languedoc de Montpellier à Collioure. Si cela s'appelle un terroir, il est vraiment très vaste... Et je ne vous parle pas du clivage Languedoc/Roussillon.
Mais bon, mis à part le problème roussillonnais, cette hétérogénéité était déjà présente sous les défunts Côteaux du Languedoc. Le changement de nom ne fait qu'acter un état de fait: il y a un marché potentiel pour des vins à bas prix, notamment dans la GD, entre les vins de pays et les jolis p'tis crus. Le générique existe déjà à Bordeaux, pourquoi pas en Languedoc? Et il y a belle lurette que la vigne est descendue des coteaux.
 
Tout ça sonne un peu trop marketing à vos oreilles? C'est le monde du vin d'aujourd'hui, enfin, d'un certain type de vins. D'autres peuvent faire le choix de développer leur propre différence, leur nom, leur identité propre, mais c'est coûteux. Et puis, le no-marketing, c'est déjà du marketing. 

Hervé Lalau

19:21 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |