15 avril 2016

Clos Padulis 2014 - un Fitou comme je les aime

Padulis, c'est le vieux nom de Paziols. Ce sont les moines de Fontfroide qui en ont asséché les marais, ou paluds. Et y ont planté les premières vignes, comme à leur habitude.

Ce vieux terroir, un jeune vigneron, Thierry Billes, a décidé d'en faire renaître, non seulement le nom, mais l'identité; nous sommes dans la partie haute du Fitou, en coteaux. Là où le Carignan, mené en petit rendements, donne le meilleur de lui-même.

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Thierry Billes (Clos Padulis)

Il compose d'ailleurs 40% de la cuvée, à laquelle il apporte sa belle structure, mais aussi une étonnante fraîcheur - surtout pour une appellation aussi solaire. 

Framboise, mûre, cassis, le nez et surtout l'avant-bouche explosent de petits fruits; un peu de menthe, de tapenade et de réglisse prennent le relais et ne nous lâchent plus jusqu'à la fin d'une longue finale légèrement surette; des notes de thym viennent épicer le tout.

Un vent nouveau souffle sur Fitou! Merci à Jean-Luc Bonnin pour cette belle découverte.

Plus d'info: Clos Padulis

15:50 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07 avril 2016

Vins espagnols déversés sur l'autoroute

Lundi dernier, des membres du Syndicat des Vignerons de l'Aude ont déversé le vin de deux camions-citerne espagnols sur l'autoroute, au Boulou.

Ils entendaient ainsi protester contre l'écart de prix entre les vins espagnols et français (32 euros l'hecto d'un côté, 78 de l'autre); l'action devrait se poursuivre, selon le président de ce syndicat, qui dénonce une concurrence déloyale et constate que les importations de vin espagnols en France ont explosé en 2015, atteignant 5,6 millions d'hectolitres.

Deux questions à ce propos:

-comment expliquer le différentiel des prix (on parle de vins de base, pas d'AOC prestigieuses), alors qu'habituellement, les rendements moyens à l'hectare  sont plus bas en Espagne qu'en France, et que la distance renchérit leurs coûts de transport. Quels sont les autres postes qui permettent aux Espagnols de vendre si bon marché?

- que se passe t-il pour les propriétaires du vin déversé - s'agit-il d'ailleurs de l'expéditeur, ou du destinataire? Il y a-t-il indemnisation? Et quelles sont les sanctions pour les déverseurs? L'Europe ne garantit-elle pas la libre circulation des marchandises?

Et une question subsidiaire: comment réagiraient les vignerons audois si un jour, des concurrents belges (des brasseurs, par exemple) déversaient leurs citernes sur l'autoroute?

 

 

 

00:12 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |