09 février 2009

La multiplication des pinots d'Oc

Comment peut-on exporter 120.000 hl de pinot noir languedocien par an aux Etats-Unis quand le Languedoc n'en produit que 53.000 hl?  C'est ce problème de robinet magique qui a attiré l'attention des services français de la répression des fraudes sur la société Ducasse, un négociant de Carcassonne, et son client la Cave des Sieurs d'Arques, qui revendait le produit aux Américains.

Le Procureur de la République de Carcassonne a donc mis la brigade de recherches de la Gendarmerie de Carcasssone sur l'affaire. Il devrait très bientôt rendre ses conclusions.

Mais il y a-t-il bien eu fraude? Aux Etats-Unis, on peut vendre un vin sous un nom de cépage s'il en contient au moins... 50%. C'est peut-être le cas. Sauf que si le vin est vendu sous le nom de la dénomination française, alors, c'est la loi française qui s'applique, et là, la proportion exigée est de 100%. Observons que ce seuil sera bientôt ramené à 85%, avec la mise en place de la nouvelle OMC Vins, ce qui pourrait inciter à un certain laxisme.

Quoi qu'il en soit, comme les autorités américaines sont actuellement très sensibles en matière de dénominations de vente (rappelez-vous l'affaire du Brunello italien, ou encore celles des crus classés de Saint Emilion), il est à craindre que cette histoire ne pèse sur les ventes de Sieurs d'Arques - et même sans doute au-delà, de tout le Languedoc - au pays de l'Oncle Sam.

 

 

07:19 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : fraude | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 février 2009

Sieurs d'Arques: le grand écart

La cave des Sieurs d'Arques a un nouveau directeur marketing: Alain Péréault, qui vient d'Yvon Mau. Sans doute un type très bien, mais son programme "tous azimuts" m'a fait sourire: il entend à la fois  "dynamiser l'image des produits, développer leur présence en GD et en CHR, sans oublier l'export".

Bien sûr, on l'imagine mal dire le contraire.

Tiens, si, imaginons-le: "Bon, je choisis de me concentrer sur les cavistes et la gastronomie, car la GD n'est plus valorisante pour nos marques". C'est sans doute vrai, mais c'est le genre de choses qu'un directeur marketing ne peut pas dire. Alors officiellement, Arques aime tous ses clients, tous sur le même plan. Ceux qui discountent la blanquette en dessous du raisonnable et ceux qui construisent l'image avec les vins d'expression. Parce qu'il y a du vin à vendre, et que les volumes, c'est la GD qui les fait.

Parallèlement, on nous dore la pilule avec des opérations de prestige du genre Toques & Clochers. Les journalistes, ça sert à ça...

Bon c'était mon petit coup de gueule du vendredi matin. On se reconcentre, et on passe à autre chose.

07:47 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |