07 mai 2009

In memoriam Jean-Pierre Cathala

J'aimerai rendre hommage ici à l'oenologue languedocien Jean-Pierre Cathala, récemment disparu. Cathala a beaucoup oeuvré pour le renom de Limoux. Toques et Clochers, c'est lui, pour une bonne part. La mise en avant des terroirs du Limouxin dans la presse et dans la communauté des oenophiles, aussi.
Plus discrètement que pas mal de figures plus médiatisées, ce genre de battants ont aussi fait avancer la cause du bon vin en France, dans des régions dont on attendait pas grand chose au départ.
Son enthousiasme de Sudiste était communicatif; avec ce bon géant, on était assez loin de la préciosité de certains grands châteaux du Médoc; mais on partageait sa passion.

Fils d'un petit viticulteur audois, Jean-Pierre Cathala avait 65 ans.

Sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

 

Cathala

Jean-Pierre Cathala

06:41 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

17 avril 2009

Gaure: le film

Pierre Fabre est tombé dans le vin quand il était tout petit: son père exploitait un domaine près de Nîmes. Mais le virus de la vigne aura sommeillé en lui pas mal de temps avant que la maladie ne se déclare. Pierre a d’abord fait une belle carrière dans l’industrie du plastique – il dirige toujours une entreprise dans ce domaine, du côté de Chimay.

Et c’est un peu le hasard qui l’a mis sur la piste du château de Gaure, un grand domaine audois de 200 ha, non loin de Limoux. Un beau jour de 2004, il en a fait l’acquisition… parce qu’il cherche un pied à terre dans le Sud, pour renouer avec ses racines. C’est chose faite : avec son épouse (native de Perm), ils ont prénommé leur premier garçon Arnaud, du nom d’un ancien chevalier de Gaure.
La belle grande bâtisse à tourelle lui permet de se loger confortablement, il y propose même fait un gîte pour les hôtes de passage, avec pour seuls voisins les pins parasols, les cèdres du Liban, les lièvres et les sangliers…

 

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La vie de château... de Gaure

 

Mais le château était entouré de vignes – mauzac, chardonnay, chenin…, 25 ha au total ; alors comment résister à la tentation de faire «son» vin? Au départ, Fabre s’est orienté vers des vins à forte identité, des cuvées dominées par le mauzac ; des vins d’initiés, qu’il ne renie absolument pas, mais qu’il lui a fallu compléter par des produits un peu plus grand public.
Sans renier son engagement écologique, qui lui a fait choisir d’emblée la culture biologique.
Côté rouge, ses vignes de Limoux ne le satisfaisaient guère, alors il a acheté un vignoble à Latour de France, sur les schistes et les granites du Roussillon. Pas vraiment la porte à côté – 80 km entre les deux domaines, mais quand on aime vraiment le carignan, le grenache, la syrah et le mouvèdre, on ne compte pas.
Surtout, Pierre, qui ne vit pas sur place, a su bien s’entourer: Gaure est piloté par Marc Bertrand, jeune œnologue alsacien, tandis que les vignes de Latour de France sont couvées avec un soin amoureux par Benoît Arletaz, jeune fondu de bio.

 

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Fabre père et fils dans leurs vignes du Roussillon

 

J'ai particulièrement apprécié son Mauzac, d'une grande précision; un nez discret au départ - un peu de réduction, le vin gagne à être aéré; mais une bouche bien mauzac, une belle acidité, des notes de tilleul, de pomme et de poire mûre.

Le rouge (carignan, grenache, syrah, mouvèdre) m'a aussi séduit pour sa frâicheur - la marque des schistes de Latour? - et sa belle minéralité; petits fruits noirs et réglisse au nez, belle profondeur en bouche, tannins présents mais suaves. Un vin très bien élevé, mais qui garde de la personnalité.


Gaure : un film, des personnages hors du commun, des vins typés, un beau casting dont on reparlera…

10:57 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |