15 août 2009

L’Hospi Art de Vivre Merlot 2007

Gérard Bertrand est tombé dans le vin quand il était petit et il aime à dire que le vin est partie intégrante de la Culture. La preuve, sa gamme Art de Vivre, qui fait honneur à ses talents de sélectionneur tout autant que d’assembleur (ou rassembleur, dans le langage sportif qu’il a pratiqué du temps où il était… international de rugby !).

L'Hospi

Assemblage, non de cépages, pour cette cuvée de merlot, mais de parcelles choisies.

L'Hospi, c'est une référence, non à la maison de retraite de Lézignan-Corbières, mais à L'Hospitalet, le navire amiral oenotouristique de Gérard Bertrand.  La vinification est traditionnelle, on a privilégié la recherche du fruit. Le résultat est atteint, et de belle matière, avec un produit à la fois rond et charnu, très solaire aussi, qui nous parle en langue d’Oc plutôt qu'en merlot pointu, à la Girondine.

Ce vin n'est peut-être pas grand, au sens de "complexe" (tous les bons vins ne sont pas faits pour la garde), mais diablement plaisant.

04:29 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : vin, languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

26 juillet 2009

Libellule ou le marketing léger

Il y a eu la mode des vins "chargés", on assiste actuellemnt à un retour du balancier vers des vins plus légers, à plus grande "buvabilité". En toutes choses, l'abus nuit. Il était ridicule de voir des Côtes du Rhône de plaine vouloir jouer les grands Châteauneufs. Quand on n'a pas le fond, l'alcool est malvenu. Mais dans un vrai grand vin, qui le remarque?

 

libellulerose

Oh, la jolie libellule rose!

 

Enfin bref, les marketteers ont parlé, le consommateur, cet être polymorphe que seuls les "experts" en tendances arrivent à faire entrer dans leur moule, veut du moins alcoolisé. Alors on lui en donne.

Comme Val d’Orbieu, qui lance la gamme "Libellule", trois vins dont la teneur en alcool ne dépasse pas les 10,5°. Ce faible degré ne provient pas d'une quelconque désalcoolisation, nous dit-on (et tant mieux si c'est vrai), ni même, apparemment, de l'utilisation des fameuses levures produisant moins d'alcool. Non, il s'agit tout bonnement de raisins récoltés "en début de maturité". Rien à voir avoir la sous-maturité, rassurez-vous.

J'aime beaucoup l'habillage et surtout le commentaire de l'attachée de presse: "Libellule, un nom évocateur et raffiné, chargé de significations, qui nous rappelle l’été et le soleil de la Méditerranée. Cette appellation est un clin d’oeil aux vignerons du Val D’Orbieu qui font grandir leurs ceps sous la caresse du vent et la chaleur du soleil". 

Je m'imagine Bernard Devic et Yves Barsalou en libellules. Enfin un peu de poésie dans ce monde de brutes du grand commerce et de la grosse production!

Quant aux vins, je ne peux pas me prononcer, je ne les ai pas bus. Ca devrait être assez différent de la Cuvée Mythique, non? Val d'Orbieu n'est pas assez bête pour tout miser sur la dernière tendance à la mode. Quand on vend autant de vin, il en faut pour tous les goûts, du mainstream et du hard discount (pour le cash flow), du pointu et du terroité (pour les guides). Et même du n'importe quoi, du moment qu'on parle de vous dans les hebdos grand public. En s'y prenant bien, avec la légèreté qui sied auprès des rédactions, je suis sûr que Libellule aura les honneurs de la "presse qui compte". Dans le magazine L'Hôtellerie, c'est déjà fait.

PS: Si Val d'Orbieu cherche des raisins ne dépassant jamais le début de maturité (voire carrément en sous-maturité), je peux lui proposer ma petite production personnelle de pinot noir du Brabant. A ce propos, il est amusant de constater que l'idée d'une gamme de vin léger émane d'un groupement méridional. Que fait la Coop des Côtes de Toul, tellement plus favorisée par la nature !?

 

11:46 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |