03 mars 2010

Au Domaine du Champ des Soeurs

Voici quelques semaines, un internaute languedocien m’envoyait un petit message de sympathie. Il partage mes craintes en matière de "bonnes pratiques", et ne voudrait pas que l'on mette tous les Languedociens dans le même sac de fraudeurs. Moi non plus.

Comme il exposait à Vinisud, j’ai voulu le rencontrer et déguster ses vins.
Il s’appelle Laurent Maynadier; avec sa compagne Marie Valette (qui vinifie), il exploite Le Champ des Sœurs, à Fitou. Un petit domaine familial de 13 ha, situé dans la partie maritime de l’appellation et conduit selon le cahier des charges Terra Vitis. Leurs vins sont francs,  authentiques, sans chichis, "de bon aloi", comme on disait naguère.

Voici mes commentaires.

Maynadier

Marie Valette et Laurent Maynadier

Corbières Blanc 2008
Je ne suis pas un grand adepte des Corbières blancs. Mais celui-ci présente une belle fraîcheur ; j’aime sa note d’amertume en finale. Marie et Laurent se demandent s’li ne faut pas la gommer. Je dis non.


Fitou Cuvée Bel Amant 2008
Superbe nez de framboise et de mûre fraîche: en entrée de bouche, on part sur la fraise garriguette. La bouche est fraîche, les tannins présents mais très bien fondus, au point qu'on croit discerner un peu de bois.  "Mais il n'y en a pas", me dit Laurent. Tant mieux, car le vin est parfait comme ça. Un Fitou de chez Fitou, avec un petit côté sauvage. Mais aussi une grande "buvabilité", comme on dit chez les rosbifs. Carignan 40%, grenache 40% mourvèdre 20%.

Le Champ des Soeurs proposent aussi un joli Corbières rosé de grenache-mourvèdre, tout en fruité, mais pas édulcoré pour un sou.

Importé en Belgique par J.A. Pilloy (De Vin en Vin), à Ottignies.

07:33 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

20 février 2010

Languedoc: passons à autre chose

"Aucun consommateur ne s'est plaint", a argumenté la défense au procès de la fraude (à présent avérée) du faux Pinot Noir.

Si l'on suit ce raisonnement, les indications de provenance et les mentions de cépages sont décoratives.  Ce n'était pas du pinot noir? Il ne venait pas du Pays d'Oc? La défense ne s'en soucie guère.

Il y a pourtant des victimes collatérales:  les producteurs honnêtes, qui ont été incapables de fournir du vrai pinot noir à Sieur d'Arques et ses rabatteurs, au prix plancher demandé.

Les avocats des prévenus (à présent condamnés) ont fait preuve d'une grande créativité dans leur argumentation, allant jusqu'à prétendre que "pinot" n'était qu'une marque. Dommage pour eux que les fiches technique sur le site de Gallo aient précisé la provenance et le pourcentage du pinot noir dans l'assemblage.

Le problème, c’est que même si les clients américains ont fait preuve de légèreté, l’administration américaine aura beau jeu de dire que la France n’est pas fiable. Pourtant, c’est l’Etat français qui a fait le boulot, dans cette histoire. Et pas si mal.

Manifestement, le prix était le facteur essentiel dans ces transactions. Le Languedoc a pourtant bien d'autres atouts à faire valoir, comme le souligne, avec verve, notre ami Michel Smith, ici

Alors passons à autre chose, Vinisud s'ouvre lundi et ce sera l'occasion de vérifier que le Midi est toujours champion au palmarès du plaisir-typicité-prix.

 

06:15 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |