03 février 2010

ADVINI-enne que pourra!

On connaît à présent le nom du groupe né à la suite de la fusion entre Laroche et Jeanjean: ce sera ADVINI.

La présentation officielle en sera faite sur Vinisud le 22 février.

Pour rappel, le groupe fédère 7 marques: Laroche, Jeanjean, Ogier, Rigal, Gassier, Cazes et Antoine Moueix.

 

11:48 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

31 janvier 2010

Du faux pinot, mais du vrai Boschman

 

L'ami Eric Boschman nous revient en pleine forme et nous offre sa chronique dominicale, sans laquelle un dimanche matin, n'est plus... qu'un dimanche matin. Cette fois, il nous  emmène sur les routes de la fraude, de l'arnaque vineuse... bref, avec sa verve coutumière, il revient sur la triste affaire du faux pinot languedocien, dont j'ai eu le déplaisir de vous entretenir voici quelques jours. Comme le dit fort justement Jacques Berthomeau, les prévenus sont innocents tant qu'ils n'ont pas été jugés coupables, attention au lynchage, m^me médiatique... Mais tout de même, quand tout le monde avoue sauf deux, on est en droit de se poser des questions...

La grande presse hexagonale parlait plus de l'Autriche...

Dans certains pays, parler du malheur des autres ressemble souvent à une guerre économique, en utilisant tous les moyens possibles et imaginables pour enfoncer l’adversaire. Je me souviens des choux gras de la presse hexagonale il y a une belle décade lors du «scandale» des vins autrichiens à «l’antigel». Et de la dégelée que s’est prise la production locale en un coup de cuillère à Pau. Les quelques brebis galeuses étant, c’est crétin mais c’est comme ça, mélangées à l’immense troupeau des producteurs honnêtes. Il aura fallu longtemps et beaucoup de patience aux producteurs autrichiens pour se relever et passer outre cette piteuse image.

Je n’ai pas lu les gazettes autrichiennes ces derniers jours, mais je me demande si elles font leurs titres de l’odieux trafic de Pinot Noir opéré par les Français vers les USA. On ne peut pas dire que la grande presse nationale hexagonale se soit pressée pour annoncer la chose, pourtant, on peut dire qu’il y a de la déconne dans l’air. En fait, ce n’est pas tant le trafic en lui même qui est dramatique (même si la filière viticole languedocienne n’avait pas vraiment besoin de ce sale coup de poignard dans le dos), mais c’est l’attitude et des prévenus et des avocats de la défonce qui est hallucinante.

Gallo d'essai

Petit rappel des fait pour commencer. Entre 2006 et 2008, un gang de gougnafiers locaux est parvenu a vendre aux Californiens de Gallo (le plus grand producteur privé au monde), plus ou moins seize millions de bouteilles de pinot noir du Pays d'Oc. D'après les relevés pratiqués par Viniflor, organe de référence pour laproduction et la commercialisation des vins en France, la surface utile du cépage «pinot noir» dans l'Hérault est estimée à 0,03% du vignoble, et 0,8% dans l'Aude. Même si les zones de productions sont importantes, il est matériellement impossible de produire autant de Pinot noir sur aussi peu de surface. D’ou, crac dedans, hop, circulez, y’a rien a voir, les arnaqueurs au gnouf et surtout au tribunal.

C’est là que les Romains se ramassent par poignées, on nage en plein surréalisme. Les prévenus, dans un bel ensemble, reconnaissent les faits. Tous ou presque. Car même s'il  faut être vachement gonflé pour ne pas le faire, c'est pourtant la ligne de conduite de Pierre Mirc et Alain Gayda, respectivement président et directeur général de la SICA Sieur d'Arques - la société qui a facturé le pinot noir à Gallo.  Sieur D’Arques, vous connaissez, c’est le Crémant de Limoux qui est le plus présent dans nos linéaires depuis de nombreuses années. Certes, ils n’étaient pas seuls, mais eux clament leur innocence - du genre que le trafic s’est fait à l’insu de leur plein grès. Pas de bol, des emails indiquant qu’ils étaient vraiment au courant ont été produits lors de l’audience.

Mais leur mauvaise fois n’est rien a côté de celle de leurs avocats qui ont demandé la relaxe pure et simple, au prétexte que les trompés n’avaient pas eu le bon goût de porter plainte. Je vous passe les merveilleux arguments, je vous conseille d’aller faire un tour sur la page du quotidien local qui relate la chose en détail, c’est du grand art. Je sais quelques avocats lecteurs dominicaux, ils me diront si nous sommes sur un gag ou une réalité. En attendant, en dehors des railleries, cette triste histoire jette une fois de plus, une fois de trop, l’opprobre sur toute une filière. Ce qui s'est fait vis à vis du marché américain peut tout aussi lse faire chez nous, en local, bref n’importe où.

Certes, comme le disent si bien à l’unisson les avocats de la défense, il n’y a pas mort d’homme ni même produits toxiques, c’est vrai. Il y a juste tromperie sur l’étiquette. Un siècle de combat pour l’honnêteté de l’annonce sur la bouteille viré aux orties pour quelques millions d’euros. A mon avis, s’ils sont reconnus coupables et ont un tant soit peu de dignité, ils devraient commencer par démissionner avant de disparaître loin, très loin, et que le temps se grouille à effacer la trace de leur passage dans ce métier. Mais pour cela, il faudrait qu’ils soient dignes….

Les réquisitions :

Le procureur de la République, Francis Battut, a prononcé les

réquisitions suivantes:

- Prison ferme requise contre le patron de Ducasse;

- 4 000 € d'amende contre Didier Beltran;

- Deux mois de prison avec sursis et 6 000 € chacun pour Pierre-Marie

Cros et Jean-Paul Barral ;

- 60 000 € d'amende pour la coopérative Montblanc;

- Quatre mois de prison avec sursis et 8 000 € d'amende pour Pascal Vailhere.

- Quatre mois de prison avec sursis et 10 000 € d'amende pour Alain Maurel.

-Trois mois de prison avec sursis et 8 000 € d'amende chacun pour Yves Cros et Marcel Fernandez.

- Trois mois de prison et 8000 € d'amende pour Francis Escamez et trois mois de prison avec sursis et 10 000 € d'amende pour Pierre Fabre.

- Douze mois de prison dont six avec sursis et mise à l'épreuve pour Claude Courset et 40 .000€ d'amende;

- 180 000 euros d'amende pour la Sica Sieur d'Arques.

 

Quelques arguments de la défense :

http://www.lindependant.com/articles/2010-01-27/proces-du-faux-pinot-les-arguments-de-la-defense-118574.php

 

Eric Boschman

07:39 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : boschman, languedoc, proces, fraude | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |