06 octobre 2010

L'oenotourisme institutionnel, miroir aux alouettes?

Mon excellent confrère André Deyrieux (www.winetourisminfrance.com) annonce la fermeture probable de la Cité de la Vigne et du Vin de Gruissan. Un constat d'échec qui devrait alerter les responsables du futur Centre Culturel et Touristique de Bordeaux Bacalan, et au-delà, dans la sphère publique, tous ceux qui veulent le bien du vigneron malgré lui. D'une part, l'engagement des seuls pouvoirs publics et des institutionnels ne suffit pas à faire vivre de telles structures. De l'autre, un seul lieu centralisant les offres oenotouristiques, et draînant le public, ce n'est sans doute pas la meilleure formule pour les adeptes du terroir profond. Bref, c'est dans le vignoble que ça se passe... ou que ça ne se passe pas.

Echec pour l'oenotourisme

"La Cité de la vigne et du vin (CVV) de Gruissan, qui dépend de l'INRA de Pech Rouge, va fermer ses portes. En tout cas, depuis le 30 septembre, elle n'a plus de soutien financier.
Preuve que la vague (lente) de l'oenotourisme ne suffit pas à garder à flot cette structure alliant (comme le dit justement le communiqué du personnel) "la connaissance, la culture, y compris scientifique, et des lieux d'échanges éducatifs". La Cité recevait 20 000 visiteurs par an et assurait des formations pour les professionnels.
Les facteurs de cet échec dans la première région viticole du monde ?
Plus que l'absence d'implication publique, l'absence de vision oenotouristique du territoire.
Plus que l'absence de rentabilité d'une structure isolée, l'absence de mise en oeuvre et de valorisation d'un réseau des richesses oenotouristiques (les domaines, les paysages de la vigne, les initiatives "wine friendly" en sentiers découverte, en restauration et en hébergement...).
Ajoutons-y la focalisation sur une rente touristique littorale, plutôt que l'ouverture à une offre alternative - touristique et culturelle - autour des patrimoines vitivinicoles millénaires de la région.
Et si plutôt que de "rechercher une solution" (objectif du comité de pilotage-sauvetage qui vient d'être créé), on inventait un projet territorial ?
Gageons - parce que nous ne voulons pas croire à "l'indifférence générale" que le sujet sera abordé aux prochaines Assises du Tourisme à Narbonne le 18 octobre."

André Deyrieux

13:51 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

04 octobre 2010

Vendanges de nuit

30 tonnes de cabernet-sauvignon, l'équivalent de deux hectares de vignes, ont été vendangées de nuit, à la machine, à Villeneuve-les-Bèziers, la semaine dernière.

Et alors, me direz-vous? Où est l'info?

Le hic, c'est que ce n'est pas le propriétaire qui les a vendangés... mais des voleurs.

Voleurs bien équipés (vendangeuses, camions...) et qui ont profité de l'éloignement de cette vigne des habitations pour opérer en toute discrétion. La maréchaussée est sur l'affaire, et on lui souhaite bonne chance...

On connaissait le vol à la tire, le vol à la voiture bélier, le vol de cuivre sur les lignes TGV... il nous restait à découvrir le vol de raisin sur pied. Triste époque.

Ah, au fait, j'ai calculé, ils étaient productifs, ces cabernets: à raison de 130kg de raisin pour faire un hectolitre, cela devrait donner 115 hl à l'hectare pour les "récoltants-manipulateurs". Pas mal, si l'on tient compte du fait qu'ils n'auront pas dû payer les travaux de la vigne pendant l'année, ni le foncier.

Mais au fait, comment vont-ils revendre ce raisin ou ce vin qui n'a pas d'origine? Quid des déclarations Cerfa en 3 exemplaires, des contrôles administratifs, etc... Tout ça sert quand même bien à quelque chose?

09:53 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |