09 décembre 2010

Cébène, le choc des titans

Qu'il y a-t-il de plus beau dans la vie qu'un dessin d'enfant, qu'une bouchée de groseilles, qu'une promenade dans la campagne un soir d'été, qu'un baiser entre deux portes. Allez savoir pourquoi, c'est tout à ce quoi je pensais, hier, en dégustant - non, en buvant mon verre de Faugères du domaine de Cébène. Aux plaisirs simples mais pas démodés de ces vins du Sud, robustes, mais charmeurs; sérieux, mais exubérants.

Des notes de cassis, de garrigue et de réglisse; une bouche très fraîche, avec des notes de lauzes après la pluie, de sous bois, et pour couronner le tout, dans un ensemble très bien fondu, un retour du fruit croquant évoqué plus haut - le baiser n'en finit pas, la caresse buccale prend doucement le relais. Syrah, grenache, mourvèdre.

Et qu'on ne me parle pas de vin féminin! Certes, le vigneron est ici une vigneronne (Brigitte Chevalier). Mais son vin est puissant, un vrai géant digne de Cebena, fille des Titans.

pigeage-dans-les-barriques.jpgLa vigneronne a tout pigé

 

 

Contact: bchevalier@wanadoo.fr

06:55 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : vin, vignoble, languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

06 décembre 2010

Domaine de Nizas

Dans la famille des "nouveaux terroirs" du Languedoc, je vous ai déjà présenté les Terrasses du Larzac.

Un peu plus au Sud, et à l'Ouest, on trouve un autre "terroir" ou sous-région: Pézenas. 15 communes en tout: Adissan, Aspiran, Caux, Fontès, Fouzilhon, Gabian, Lieuran-Cabrières, Montesquieu, Neffiès, Nizas, Paulhan, Péret, Pézenas, Roujan et Vailhan. Cette dénomination n'est utilisable que pour les rouges, issus de Syrah, de Grenache Noir et de Mourvèdre (70% minimum) éventuellement agrémentés de Cinsault et Carignan. En passant, je trouve que c'est dommage de réléguer le carignan à ce rôle subalterne, car il est certainement plus chez lui ici que ne le sera jamais la syrah (cépage améliorateur, mon oeil).

Nizas.jpgDomaine de Nizas

C'est au sein de cette nouvelle entité, à Caux, précisément, que se niche le Domaine de Nizas; 51 hectares de vignes, dont la moitié ont été replantées à partir de 1998, date de l'arrivée du nouveau propriétaire, le Franco-Américain John Goelet (apparenté à la famille Guestier de Bordeaux). Pas vraiment un novice, puisqu'il est également le propriétaire du Clos du Val, dans la Napa, et de trois vignobles en Australie.

Sa philosophie, c'est un peu l'art du paradoxe: "concevoir et commercialiser des vins classiques mais innovatifs, rentables mais qui parlent de leur terroir".

Côté terroir, à Nizas, il est servi: galets roulés du Villafranchien, calcaires et basaltes (une particularité de la zone de Pézenas).

J'ai reçu récemment une bouteille de sa cuvée "Domaine" 2007 et je me suis fait un devoir de vérifier que le vin était à la hauteur et de cette promesse, et de ce terroir. Voire de la description que nous proposent les communicants du domaine: "Equilibre et fraicheur, élégance et complexité, Domaine de Nizas est la quintessence du style recherché."

Globalement, c'est vrai. Le nez est très fin (épices douces, basilic, maquis, anis, fruit noir).  L'entrée de bouche frappe par son un petit côté  tranchant - une minéralité qui évoquerait presque un blanc. Serait-ce le basalte? Mais cette tension, cette vibration, s'assagit rapidement, on passe sur des notes fumées, du cuir, des tannins assez doux, et en finale, un petit retour du fruit enrobe le tout.

J'ai connu des Languedoc plus sauvages - l'oenologue a quelque peu dompté la nature. Mais pourquoi pas? M. Goelet recherche l'équilibre, et il l'a trouvé.

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : vin, vignoble, nizas, languedoc | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |