26 octobre 2010

In memoriam Georges Frèche

Il doit bien rire, Georges Frèche, en entendant les hommages de ses ex-camarades de l'Etat Major du Parti Socialiste, lui qui en avait été exclu.

Il est vrai qu'on gêne beaucoup moins mort que vivant.

Comme la plupart des Français, je n'aurai connu de lui que ce que la presse en aura rapporté - ses outrances verbales, notamment. Rappelez-vous son allusion aux sous hommes, à l'encontre des Harkis.

Georges_Frêche_-_17_septembre_2010_-_P1490427.jpgGeorges Frèche (Photo Esby)

A chaque fois, il y avait un doute, cependant. Car Frèche, expert en droit romain, savait jusqu'où ne pas aller trop loin. Il savait manier les mots. C'était un tribun.

J'avais pu en avoir un bon aperçu lors du dernier Vinisud, où je l'avais entendu galvaniser son auditoire (il est vrai bien disposé) à propos de la volarisation des vins du Languedoc et du Roussillon, et notamment les vins bio.

Il n'avait pas dit que des banalités. Au delà de la facilité de l'expression et du côté électoraliste (mais je suppose que le président de la Région Auvergne ne se met pas à dos les producteurs de saucisses sèches, pas plus que celui de Bretagne ne cherche à s'aliéner les pêcheurs), j'ai cru percevoir de la part de Georges Frèche un réel intérêt pour le secteur vin; et surtout une stratégie, notamment en ce qui concerne le developpement des marques (Sud de France, par exemple), l'oenotourisme, les labels de qualité et l'exportation.

On pouvait moquer son projet de rebaptiser la région en Septimanie, son côté imperator. Il n'empêche que dans des circonstances très dures pour la viticulture locale, la Région, "sa" région, aura joué son rôle.

On espère que son successeur montrera au moins autant d'intérêt pour le monde viticole. Le Languedoc-Roussillon ayant là, à mon sens, non pas un boulet à traîner, mais un formidable patrimoine et une chance de développement, en termes d'image et en termes économiques.

Ceux qui ont connu Georges Frèche mieux que moi ont parleront mieux que moi. Vos avis m'intéressent.

 

 

09:13 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Lien permanent | Commentaires (21) | | | |

20 octobre 2010

Le Mas Noir Collection Grand Cru «Moelleux»

Vous prenez un terroir de galets roulés, dans les Grès de Montpellier. Des vieux grenaches, du cinsault et 10% de muscat. Vous laissez passeriller sur souche ou sur fil pendant trois semaines, et vous récoltez fin septembre par tris successifs. Vous ne comptez pas votre peine. Et vous ne cherchez pas le rendement. Surtout, vous ne mutez pas, vous ne filtrez pas.

Et qu’est-ce que vous obtenez ? 10.500 bouteilles d’une sorte d’OVNI viticole. Au nez, c’est super mûr, confit, plein de fruits secs, d’abricot, de figue, de kumquat. Mais en bouche, la douceur s’équilibre de tannins bien présents, et cela reste du vin, presque élégant sous les vagues fruitées qui évoquent presque le porto.

Bref, c'est la Collection Grand Cru du Mas Noir, une bouteille dégustée voici quelques semaines chez IVV.

Comme c'était à l'aveugle, on a pas mal déliré sur l'origine et les cépages - on devinait bien que c'était sudiste. Mais pour le reste! Ça existe, des trucs pareils? Enfin, de guerre lasse, on a enlevé la chaussette noire de la bouteille, et on s'est tous regardés.

C'est pas tout les jours qu'on voit un OVNI. Alors en boire, vous pensez...

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans France, Languedoc | Tags : vin, vignoble, languedoc, ovni, dégustation, moelleux, mas noir | Lien permanent | Commentaires (15) | | | |