13 janvier 2011

Ou l'on reparle du bouchon et de la capsule... pour les grands crus, cette fois

Sur le site du Grand Jury Européen, je vous conseille de lire le compte rendu de la dernière dégustation effectuée chez Laurent, dont les résultats sont disons, "intéressants". C'est ICI

Je ne vais pas disserter sur le palmarès, François Mauss l'a fait et bien fait. Il prouve en tout cas l'utilité du GJE.

Non, moi, ce sur quoi je voudrais rebondir, c'est sur la présence, lors de cette dégustation, de deux "bouteilles à défaut" du même château, en l'occurrence Léoville Las Cases.

Comme je suppose que ce cru vendu 292 euros ne mégote pas sur le prix du bouchon, et qu'il s'agissait de  deux 2005, et non d'un millésime antédiluvien, je trouve que cela pose problème.

IMG_0014.JPGLe 23 septembre 2007, j'étais de passage chez Léoville Las Cases et j'ai photographié ces caisses du millésime en question.

Sur ce blog, lors de notre dernière discussion sur ce thème du bouchon, il y a une semaine environ, d'aucuns ont émis l'avis que oui, bien sûr, on pouvait accepter la capsule pour les vins blancs à boire jeune, mais que pour les rouges de garde, les grands crus, c'était vraiment inimaginable.

Ce qui est inimaginable, pour moi, c'est que le travail de vignerons qui mettent tant de soins et de moyens à nous élaborer des vins de classe, puisse être mis à mal par un des seuls éléments qu'ils ne maîtrisent pas totalement, à savoir le bouchon.

Et à ce prix là (je veux dire, si j'étais client de vins à ce prix-là), si je tombais sur deux bouteilles bouchonnées, et bien, je crois que je me ficherais un coup de marteau sur le pied, histoire d'oublier à quel point j'ai mal à mon amour-propre et à mon portefeuille. Heureusement, ce ne sera jamais le cas, car aucun vin ne vaut ce prix pour moi.

Au fait, quel est le coût de production? 35 euros à tout casser?

Le reste, c'est le prix du mythe et de la rareté (enfin, parfois). Mais moi, à ce tarif-là, je trouve le mythe astringent et la rareté me laisse une sale finale en bouche, sans même parler du goût de bouchonné.

Et dire qu'il y en a, même parmi les aficionados des grands crus, qui vous déclarent, péremptoires, qu'un La Livinière ou qu'un Fronton à 35 euros, c'est du vol...

Soutenir ainsi mordicus "le bon vieux liège" et un classement datant de 1855, moi, ça me fait rire. Excusez, c'est nerveux...

 

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Bordeaux, France, Languedoc, Vins de tous pays | Tags : grand cru, capsule, bouchon, bordeaux, vin, vignoble | Lien permanent | Commentaires (19) | | | |

20 décembre 2010

C'est fou ce que les consommateurs ont mûri

Je vous parlais hier de cette AOC suisse supprimée par Berne. Et je faisais le parallèle avec notre pléthore de dénominations. Je rappelais aussi le projet du regretté René Renou, et de sa hiérarchisation des AOC entre AOC simples et "d'excellence".

A ce propos, je crois utile de citer la réaction de Jean-Benoît Cavalier, président du syndicat de défense de l'appellation Coteaux-du-Languedoc de l'époque (nous étions en 2004, autant dire, à la préhistoire). Celui-ci disait craindre "un système d'AOC à plusieurs vitesses pouvant créer la confusion dans l'esprit du consommateur".

Six ans plus tard, le Conseil Interprofessionnel des Vins de Languedoc ne partage plus cette crainte. Celui-ci vient justement de rendre publique sa nouvelle fusée à trois étages: "Trois grandes catégories sont créées, à savoir l'AOC Languedoc, Grand Vin du Languedoc et Grand Cru du Languedoc. Ces deux dernières appellations apparaîtront sur les étiquettes dès 2011." C'est qu'on ne traîne pas, quand il s'agit de qualité.
Selon les responsables, "cette nouvelle classification des AOC des vins du Languedoc permettra aux consommateurs de faire leur choix et de réguler les prix".

De deux choses l'une. Ou bien M. Cavalier n'avait pas perçu le sens de l'histoire. Ou bien les consommateurs ont mûri; ils perçoivent beaucoup plus facilement les nuances et les différences de qualité que leurs aînés. Plus de risque de les "confuser". D'ailleurs, preuve de leur nouvelle sagacité: ils boivent moins. 

Maintenant, amis Languedociens, il ne reste plus qu'à donner un contenu à tout ça. Une vraie différence. Mais pas question, non plus, que l'AOC Languedoc simple devienne la poubelle des deux autres niveaux...

Je reviens un instant sur la régulation des prix. Dois-je comprendre, par exemple, que le hard discount devra se contenter de l'AOC Languedoc, et que les deux autres niveaux d'appellations s'interdiront ce genre de circuit de distribution?

Plus généralement, le CIVL aura-t-il un mandat de l'Etat pour encadrer les prix?

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Languedoc | Tags : vin, vignoble, aoc, languedoc | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |