04 avril 2008

Amarone 2004

A Vérone comme ailleurs, les millésimes se suivent mais ne se ressemblent pas, même lorsque la nature bénéficie du coup de pouce de l’appassimento. De plus, de nouveaux vignerons se font régulièrement une place au soleil de la Valpo. Deux bonnes raisons de mettre à jour nos connaissances. J’ai donc participé en février dernier aux Primeurs de l’Amarone. En lice, cette année, le millésime 2004.

Valpolicella

Au pied des préalpes italiennes, la Valpolicella (Photo H. Lalau)



Quelques chiffres

La Valpolicella, ce sont 5.839 ha et 2470 entreprises dont 1226 produisent pour l’Amarone. La valeur de la récolte en raisin pour l’Amarone est estimée à 90 millions d'euros, ou encore à 170 millions en valeur embouteillée.
De 2004 à 2007, le volume récolté est passé de 14,8 à 25,7 millions de kg, et le prix au kilo de raisin est aussi passé de 1,3 euro à 2 euros. L’Amarone est le vin au rendement financier le plus élevé d’Italie.
La région de la Valpolicella est située au pied des Préalpes italiennes ; elle se répartit entre collines (53% de la surface), coteaux (23%) et plaine (24%) Elle compte trois sous-régions: Valpolicella Classico, Valpolicella Valpantena et Valpolicella Est.
Entre 4 et 5% des vignes sont renouvelées chaque année (plus encore dans les grandes exploitations). 80%  sont encore cultivées en pergola, 20% en guyot (la piste dite qualitative).
Un projet de zonage de la Valpollicella est en cours, qui vise à identifier les terroirs les plus caractéristiques pour améliorer la qualité, et pourrait ouvrir la voie à la
DOCG.

 

Trabucchi

Trabucchi (Photo H.Lalau)  

 

2004

Pour la Station vitivinicole de Verone, 2004 est une année très classique, avec des moyennes d’ensoleillement et de précipitations mensuelles tout à fait dans la moyenne; la période septembre-novembre a été plutôt clémente. Les vendanges se sont déroulées dans de bonnes conditions. Les mesures de l’époque mentionnent un état sanitaire très bon, des grappes espacées et une maturation complète (mieux qu’en 2002), avec une bonne teneur phénolique générale et une acidité un peu plus haute que les années précédents (11),  à l’exception de 1995.
La période d’appassimento s’est révélée plus difficile en raison de la pluviométrie de novembre.
En règle générale, les vins présentent donc de la vivacité, grâce à un bon équilibre entre alcool, sucres et acides. Les tannins sont soyeux.

Vérone
Les Arènes de Vérone

 

Ma sélection 

Et maintenant, mon « best of » parmi les 70 vins dégustés à Vérone.

 

Les incontournables 

-Arduini Luciano : très beau nez fruit cuit, réglisse, pruneau, fleurs, violettes, très bel équilibre alcool sucre et acidité, belle longueur ***(*)
-Bussola Tommaso : Bien, notes animales, presque syrah, cuir, bouche typée également, puissante,  mais tannins suaves, belle bouche***
-Cantina Valpantena superbe nez, suave, bouche élégante, pas un monstre, plutôt dans la délicatesse***
-Gerardo Cesari : confiture aux 4 fruits, bel équilibre sucre acidité alcool, bonne longueur sur le fruit***

-San Rustico: très beau fruit acidulé, beaucoup de fraîcheur*** 

-Monteci : fruit, densité, soyeux, amertume et rondeur densité, superbe***
-Zardini : légères notes d’oxydation, un peu vieux style mais bien fait ***

-Monte Zovo, Ah, le beau vin de terroir, quelle belle minéralité, soyeux, mais vif, belle longueur***

-Recchia : Joli nez fuit cuit, belle bouche, fruit très joyeux, gibier, bel élevage superbe***

-Tinazzi : bien structuré, beau fruit cuit, j'aime beaucoup ***

 

Les très bons 

-Gerardo Cesari Il Bosco : Bien dans un style assez classique, puissance contenue, la classe, du fruit, de la mâche, rien de monstrueux**(*)

-Musella : du charme, du fruit plus que de la puissance, un vrai vin – belle vivacité en finale**(*)

-Novaia : tout en finesse, un style élégant, finale très suave**(*)

-Cà La Bionda Ravazzoli:  très concentré, pruneau, figue, un peu de volatile, bouche ample, finit sur le prnueau et l’alcool, bonne charpente acide**(*)

 

Les bons 

-Benedetti Croce del Gal : Pas mal du tout, beau fruit, de la mâche, tannins soyeux, acidité peut-être un peu trop marquée en finale **

-Aldigheri : très joli nez légèrement boisé, beaux tannins fins **
-Cà Rugate : Jolis fruits des bois, bouche mentholée, très plaisant ; finit peut-être un peu vite **

-Fabio : Pas mal, tout y est, la bouche est vive mais soyeuse**
-Fabiano : très correct, un peu animal, de la personnalité ** 

-Grotta del Ninfeo: fruit cuit, prune à l'alcool, belle structure ; un peu vieux style **
-Guerreri Rizzardi : Nez fin, petits fruits confiturés, bouche un peu alcooleuse, mais bien **

-I Scriani : assez international, mais bien fait, pas mal de sucre résiduel**

-Monte del Fra : eucalyptus, plutôt vieux style mais bien fait** 
-Pasqua Villa Borghetti Tabac menthol, animal, original **

-Sant Antonio : smoky, vieux style**
-Santa Sofia pas énormément de matière, mais joli boisé, bouche bien suave**

-Santi: très concentré, surmuri, beaucoup de sucre, évoque le porto LBV**
-Trabucchi: sucré, du fruit, de la mâche**

 

Pour terminer ce petit tour d'horizon, un grand merci à Michèle Shah, coordonnatrice de notre groupe sur place. Well done, Michèle!

Amarone
Raisins d'Amarone en cours de séchage (photo H. Lalau)

10:55 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

02 avril 2008

Fourcroy Riserva

"Faire de Fourcroy le leader des vins et spiritueux italiens pour les professionnels et les consommateurs" c'est l'objectif de Xavier van Der Ghinst et de son équipe au travers du lancement d'un nouvel label: "Fourcroy Riserva", qui regroupe les différentes marques italiennes dont la maison belge a la représentation (Antinori, Lungarotti, Ornellaian Col d'Orcia, Averna, Rosso Antico... et bientôt quelques nouvelles).

Les plus anciens d'entre nos lecteurs se diront sans doute que l'histoire bégaie: dans les années 80, Renglet, au sein du groupe Fourcroy, tenait un rôle assez semblable. Il est vrai que la concurrence sur l'importation des bons Italiens est aujourd'hui beaucoup plus développée. Renglet avait dériché, d'autres ont récolté.

Pour en revenir à Fourcroy Riserva, l'initiative se matérialise surtout par un site internet spécifique qui présente les produits, les maisons, les appellations et les régions viticoles, à l'attention du public amateur et professionnel.

Différents partenariats avec d’autres sites spécialisés comme Rayon Vins, Sensum, Kurkdroog, Ikwilwijn ou BYO permettront également d’activer le nouveau concept, tandis qu'une action promotionnelle sera lancée een restauration. Le principe est qu'il est plus facile de pousser les marques italienne en jouant les synergies plutôt que séparément. 

accueil

Plus d'info:  http://www.fourcroyriserva.be

09:14 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |