01 août 2009

Complaisant, Decanter?

Je vous tiens régulièrement informé des développements de l'affaire du Brunellogate, qui m'intéresse au plus haut point. Voici que l'histoire rebondit avec un article de Decanter qui, de prime abord, semble dire que les investigations sont terminées, et que, ma foi, tout va rentrer dans l'ordre.

Pas tout à fait ce que j'ai cru comprendre de l'article de la Repubblica dont je vous entretenais la semaine dernière: on y citait même les noms de groupes convaincus de tricherie...


Mon confrère Jeremy Parzen est tout aussi étonné que moi, et voici ce qu'il écrit sur son blog.

Decanter exonerates Montalcino: Freudian slip or baciamo le mani?



Qui est le Parrain de Montalcino?


I couldn’t believe my eyes this morning when I logged on and read the title of the post in the Decanter.com feed: “Biondi Santi, Banfi and top names cleared of Brunello adulteration.” And so I ask, is this a Freudian slip or a case of kissing the hand that feeds?


Clearly, the author of this post, David Furer doesn’t read Italian (or English for that matter).

 Mitch Frank (one of the top editors at Wine Spectator and a great wine writer in his own right) and James Suckling (who needs no introduction) posted this balanced, informed, and informative report, in which they point out — rightly — that no producers have been formerly indicted in the investigation.
The Decanter post, on the other hand, was evidently dispatched from Mars.


Here, once again, David Furer, are the facts:
- Italian Treasury Department investigators found that 5 wineries broke the law;
- the Italian national daily La Repubblica named these producers as Antinori, Argiano, Banfi, Casanova di Neri, and Frescobaldi;

- Italian investigators said two wineries were cleared of wrongdoing;
- La Repubblica named these as Biondi Santi and Col d’Orcia;

- the director of the Brunello producers association has stated publicly that he is still under investigation;

- in a press conference held Saturday, July 18, investigators for the Siena office of the Italian Treasury Department announced that seventeen persons were found to have “cheated in commercial transactions” [translator’s note: official EU translation] and “falsely certified public documents.” Of these, eight persons engaged in plea bargaining with Italian authorities while nine received official notice that they had been found to have committed these transgressions.


Again, Mitch and James were right to point out that no one has been formerly indicted and no one is going to jail. The Italian justice system works differently than in the U.S. and it’s still possible (and likely) that some of those implicated will be indicted. I, for one, hope not. I just hope everyone will just let Brunello be Brunello, to borrow James Suckling’s phrase.
See the report published by Franco Ziliani and me at VinoWire.

Dear David Furer, you said one thing but you meant your mother.

 

Source: http://dobianchi.wordpress.com/

 

J'adore, évidemment! Le journalisme vineux, c'est du journalisme tout court, qui doit s'appuyer sur des faits. 

Ce que j'aime moins, bien sûr, c'est le soupçon de complaisance qui pèse maintenant sur la rédaction du plus gros magazine de vin britannique...

20:13 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

23 juillet 2009

Brunellogate: accusés, nommez-vous!

L'édition florentine de la Repubblica du 19 juillet dernier publie les conclusions de l'enquête prélimlnaire de l'Inspection des Affaires financières italiennes sur le fameux "Brunellogate". Pour faire bonne mesure, le journal y ajoute le nom des firmes convaincues de fraude sur le Brunello, selon ses sources.  A savoir: Antinori, Argiano, Banfi, Casanova di Neri et Marchesi de’ Frescobaldi. Ces cinq entreprises de renom auraient mis sur le marché des vins "n'étant pas en conformité avec les règles de l'appellation", et ce, sur plusieurs millésimes; elles auraient en effet utilisé d'autres cépages que le Sangiovese, seul autorisé dans l'appellation.

I_heart

J'aime le (vrai) Brunello - et vous?

Voila qui contredit les déclarations de certaines de ces firmes, qui avaient annoncé que l'enquête les avait lavé de tout soupçon (ainsi d'Antinori, qui annonçait en juin 2008 la libération de son Pian dei Vigne 2003). On se perd donc un peu dans ces rebondissements: les conclusions de l'enquête préliminaires ne sont-elles pas la base sur laquelle pourraient être entreprises les poursuites pénales? Ou bien les enquêteurs n'ont-ils trouvé des fraudes que sur certains millésimes et pas sur d'autres?

Toujours dans cet article de la Repubblica, on apprend que deux autres firmes ayant fait l'objet de la même enquête, à savoir Biondi Santi et Col d’Orcia, auraient quant à elles été blanchies de toute malversation.

A noter également, dans cet article assez fouillé, l'accusation selon laquelle le Consorzio de tutelle du Brunello, dont les inspections avaient révélé la présence de cépages non autorisés dans l'appellation, aurait lui même couvert les fraudes en émettant des certificats de complaisance

Une pénible histoire, mais dont on est loin de connaître encore le mot de la fin.

 

 

10:16 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |