23 novembre 2009

Gaja, le Nebbiolo et le cabernet

Au Davos du Vin, voici quelques semaines, une des vedettes aura été Angelo Gaja. Le fougueux piémontais fut l'auteur d'un vibrant éloge au nebbiolo - qui l'eut cru? Assorti d'une comparaison pas forcément flatteuse pour le Cabernet-Sauvignon.

Le Cabernet-Sauvignon, pour Gaja, c'est John Wayne; un cow boy solide, vaillant, fiable, un sourire à se mordre les oreilles; il se tient toujours au centre la pièce, là où il est l'object de toutes les attentions, il honore sa dame chaque jour à la même heure et de la même façon.

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Mr. Cabernet

 

En gastronomie aussi, le cabernet est toujours d'humeur égale. Avec quoi se marie-t-il bien? Comme on dit en Californie, "viande rouge et boeuf, boeuf et viande rouge".

A côté de cela, le Nebbiolo, c'est Marcello Mastroianni.  Il se tient dan sun coin de la pièce, arborant un demi-sourire un peu ambigü, un air de séducteur, mais sans qu'on sache trop comment il va se comparter, mal ou bien. Il garde son mystère, mai sc'est un séducteur. Et il sait s'adapter à toutes les situations, à tous les plats...


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Mr Nebbiolo

 

Se non è vero, è bene trovato...

06:13 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

20 novembre 2009

L'italie en V.O., svp!

Dans son dernier post sur Wino Wire, mon collègue et ami italien Franco Ziliani se lâche (voir ici)

Sa cible: le nouveau classement du Wine Spectator, et plus particulièrement, les vins italiens qui y sont présents. Non sans raison, il note la curieuse suprématie ders vins toscans (et même supertoscans), la quasi absence des grands piémontais, sans parler des vins du Sud de la Botte, eux tout à fait absents. Pour Franco, le ranking du Wine Spectator est un peu au vin ce que l'offre de McDo est à la gastronomie: peut-être pas franchement nocive, mais sacrément réductrice. Il y voit aussi l'influence de la publicité et du copinage.

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Franco Ziliani

 

En pensant au côté réducteur de cette vision américaine sur les visn d'Italie, et plus globalement, européens, je me suis avisé d'une chose: ces magazines n'emploient que trè!srarement des spécialistes locaux. Leurs experts de Brooklyn ou de Santa Barbara, malgré tout leurs efforts, ne pourront jamais rivaliser avec un bon dégustateur piémontais ou Sicilien qui sillonne les Langhe ou l'Etna chaque jour que Dieu fait.

Moi même, c'est ce que je ressens quand je vais en Italie ou au Portugal. Malgré tout l'intérêt que je porte aux trésors de ces vignobles, jamais je ne les maîtriserai comme mes amis Franco ou Anibal, par exemple. Il faut savoir estimer son niveau d'incompétence.

Bien sûr, on dira qu'un auteur américain sent mieux la réalité du marché américain. Mais à ce compte-là, comment ferait-il bouger les choses? Faut-il toujours servir au consommateur yankee la même soupe sous prétexte qu'il y est habitué?  Et s'il préférait lire les avis originaux des Italiens, les vins originaux de l'italie? Qu'en savent les rédac'chefs de ces magazines. Leur ont-ils seuelement posé la question?

Après tout, les Italiens regardent bien les séries américaines en version originale, non?

09:13 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |