22 août 2009

Rome au Rantin

Où sans avoir l'air d'y toucher, Eric Boschman nous parle de bio-diversité...

 

Rome au Rantin, c’est quand même mieux que Pâques aux tisons. Et je ne vous parle même pas des Parques aux Grisons. Mais je m’éloigne et j’en oublie que vous êtes là, alors que j’élucubre en solitaire, comme disait Manset.

Il y a peu, durant un salon professionnel sis en Bordelais, il m’a été rapporté que des autorités réfléchissaient, au Portugal, à diminuer le nombre de cépages autorisés dans les appellations. Ceci a des fins de plus grande compréhension du public. Car, pas vous chers lecteurs, le public est con. C’est du moins ce qu’en pensent les penseurs et les décideurs. Il faut lui simplifier la compréhension. Ce qui est difficile est rebutant, donc si l’on veut vendre, il faut faire simple, voire simplet. Tant pis pour ce qui fait le charme de nos vies : nos différences. En matière de pinard, cela se traduit par des mouvements subtils, mais violents, d’alignement sur le voisin. Voyez les nouvelles appellations, les nouvelles règles. Non pas qu’il ne faille pas évoluer, et bien sûr qu’il faut simplifier, mais est-ce pour cela qu’il faut tout réduire en bouillie?

 

Cheverny
Cheverny, côté cour

 

Ne parlons plus de ces nouvelles règles européennes, qui sont en fait vachement complexes, parlons, en vitesse, une dernière fois de cette magnifique pantalonnade pré-électorale à propos des rosés de coupage. Pour rappel, il s’agissait de donner la possibilité aux producteurs de rosé en vin de table et vin de pays d’assembler des blancs et des rouges pour en faire des rosés. Pour commencer, consensus, mou, mais consensus quand même de nos éminences agricoles européennes. Dont le ministre français de l’agriculture qui a osé signer seul, Nico étant occupé ailleurs. Bon, ça râle un peu, mais le temps passe. Arrivent les élections européennes, dont pratiquement personne, sauf les éligibles, n’a rien à secouer. Et là, soudainement, ça commence à gronder dans le landerneau. Bille en tête, les syndicats de vignerons d’appellation contrôlée, montent au créneau. Donc, les pas concernés. Mais personne ne moufte. Soudain, le projet de la Commissaire européenne est retiré. Victoire sur toute la ligne. Mais de qui? De personne, d’autant qu’en appellation, que dis-je, dans la plus grande appellation productrice de rosé en France, il est autorisé d’assembler des raisins rouges et blancs dans une certaine proportion pour faire du rosé. Mais les miniss' con-cernés ont pu poser, la main sur le cœur, en compagnie de leurs potes de la terre, pour célébrer la chose.

C’est y pas beau ? Bref, pour en revenir à mes boutons, le but du jour était de vous parler d’un cépage rare, à peine 50 ha de production dans le monde, situé à deux heures de Paris, vers l’Ouest. C’est François 1er qui fit venir 80.000 pieds de ce cépage de Bourgogne à Romorantin. Charmante cité solognote où il avait demandé à Léonard de Vinci de lui bâtir un château qui ne fut pas de la gnognote. Ce fut commencé, mais comme toujours avec Léo, ça n’alla pas plus loin que les fondations. Le castelet fut donc bâti à Chambord, et le cépage fut planté à Cheverny et dans les environs. Pour les tintinophiles, c’est là que se trouve le modèle de Moulinsart, mais vu ce que boit le journaliste, revenons au vin.

Ce romorantin donne des vins qui doivent vieillir un peu avant de pouvoir s’exprimer pleinement. De l’anti simplification, de l’anti marketing. C’est n’importe quoi. Et en plus, c’est incompréhensible pour les dégustateurs qui ne connaissent pas ses caractéristiques. Bref, c’est pas un truc de simplets, pas un truc pour pris de la tête, juste un truc qui fait plaisir aux neurones, un vin que l’on n’a jamais goûté encore. Et comme ça se passe près de chez nous, c’est bon pour le bilan carbone, y’a moins de transport. Pour que l’on puisse parler de bio-diversité longtemps encore…

Eric Boschman

 

En complément d'information: selon l'université californienne de Davies, le romorantin serait issu d'un croisement de Gouais blanc (un des cépages les plus courants au Moyen-Age) et de pinot noir - tout comme le gamay, le melon, le chardonnay, l'auxerrois et l'aligoté, qui sont donc des cousins à la mode de Bourgogne.

Hervé Lalau

18:42 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 août 2009

Salento IGT Fichimori Tormaresca 2007

Au sud de la Botte italienne, dans les Pouilles profondes, se niche le Salento, berceau d’un cépage à la fois méconnu et diantrement excitant : le negroamaro. Noir, il l’est. Amer, pas tellement dans ce cas-ci, car Tormaresca (groupe Antinori) a su dompter ses tannins.

 

Fichimori

Un bon negroamaro se boit toujours en bonne compagnie...

 

Ce vin (un 2007, dans le cas présent) est le fruit d’une macération préfermentaire à froid, et n’a pas vu le bois.
Au nez, c’est la griotte qui domine, accompagnée de notes florales (les violettes, notamment, souvent associées au negroamaro). En bouche, c’est son côté suave qui plaît immédiatement. En finale, quelques notes de réglisse viennent égayer l’ensemble. Belle longueur, sur des tannins tout doux. Aucune prise de tête, ça glisse tout seul.

Accords gourmands : A servir frais, sur une terrasse, par exemple (servir frais fait d'ailleurs partie de l'argumentaire publicitaire de la marque). Les cochonnailles lui iront à merveille. Alternative intéressante: le magret de canard (aux pommes et au miel, par exemple).

10:28 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |