10 mai 2010

Brunellogate: accusés, levez-vous

Le Parquet de Sienne a rendu publique la liste des six personnes devant comparaître devant le juge pour une audition préliminaire dans le cadre du Brunellogate.

Il s'agit de Stefano Campatelli, directeur du Consorzio del Vino Brunello di Montalcino, de Baldassarre Fanti, président de l'association des producteurs de  Brunello jusqu'en 2007, de Lamberto Frescobaldi, représentant légal de Castelgiocondo, de Niccolò d’Afflitto, oenologue et  directeur de la production chez Castelgiocondo, de Giampiero Pazzaglia, représentant légal d'Argiano et de Paul Harri, ex-eonologue chez Banfi.

Il s'agit de six personnes mises en examen à la suite de l'enquête pour fraude aux appellations . Elles étaient 17 au départ, mais seules ces six-là n'ont pas accepté de transaction avec les pouvoirs publics pour éteindre les poursuites.

09:52 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : brunello, justice | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

Sicile, continent du vin

Intéressant séminaire sur les vins de Sicile, mardi dernier, au Concert Noble de Bruxelles.

Voici une très grande île, la surface de la Belgique, à peu près. Un patchwork géologique, aussi, car il s'agit d'un morceau de Maghreb arraché à l'Afrique. Sans parler des influences culturelles qui s'y sont succédées depuis l'Antiquité (les Grecs, les Carthaginois, les Romains...) et le Moyen-âge (les Normands y ont fondé un royaume).

Sicile

Un vrai terroir de Sicile, qui mériterait la DOCG: l'Etna, comme ici chez Benanti (Photo H. Lalau).

 

Côté vins, la Sicile se profile aussi comme un formidable conservatoire de cépages autochtones, Nero d'Avola, Nerello mascalese, Frappato, Grillo, Cattarato, Insolia, j'en passe et d'encore moins connus. Et une juxtaposition de terroirs curieusement imbriqués, de la mer jusque sur les flancs de l'Etna...

Bon, tout ça, si vous lisez cette chronique, vous le savez déjà, puisque j'ai consacré à la Sicile un long post voici deux ans, suite à un voyage sur place. C'est ici

Mais voici un petit debriefing du séminaire de mardi.

Sur le papier, la Sicile avait bien fait les choses, avec une belle présentation académique, complétée par une petite sélection de vins prétendument représentatifs des différentes zones de production. Qu'il me soit toutefois permis de discuter les choix effectués - après tout, les journalistes sont là pour ça.

Le premier blanc, un grillo, était plus neutre que la Suisse; le troisième, un chardonnay aussi boisé que le massif vosgien, faisait plus honneur à son tonnelier qu'à son île. Au contraire du deuxième, un insolia-sauvignon à la fois précis, salin et nerveux - et pour tout dire, pas très sauvignon.

Côté rouges, j'ai eu un gros faible pour le vin de l'Etna qui nous était présenté, élégant, avec quelques notes fumées. Le reste était moins typé. Pas inintéressant, mais pas vraiment démonstratif.

En définitive, mes deux coups de coeur sont venus plus tard, lors de la visite des stands des quelques caves présentant leurs vins.

Pour le Frappato de Terra di Giurfo, d'une part, un rouge du genre fruité, mais élégant et nerveux; et puis pour l'incontournable Ben Ryé de Donnafugata, un Moscato Passito di Pantelleria qui vous donne l'envie, rien qu'un court instant, de passer votre retraite entre Sicile et Tunisie, à trier les fruits secs des agrumes, le floral de l'iodé, le doux de l'amer...

00:03 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : degustation, sicile, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |