30 novembre 2010

Domini Castellare (vobiscum)

Ce n'est pas tous les jours qu'on déguste dans une chapelle baroque, même désaffectée. C'était le cas samedi dernier, au domaine Castellare di Castellina. Un petit paradis de nature ménagée, aménagée, où les vignes proprettes s'alignent entre des forêts ébouriffées, agrémentées d'allées de cyprès, sur fond de collines bleutées.

Castellare1.jpgCastellare, petit paradis de la nature Toscane (photo H. Lalau)

Si la grâce n'est pas descendue sur tous les vins, une componction quasi sacerdotale était perceptible çà et là.  Je l'attribuerai cependant plus facilement à un élevage prolongé qu'au doigt de Dieu.
Les Riserva, notamment, sont souvent sur la réserve, ou plutôt, en purgatoire.

Chianti Classico 2009

Castellare est fier de disposer d'un clone particulier de Sangiovese, nommé Sangioveto; ses baies sont plus petites, et, nous dit-on, ses tannins plus doux.

Joli nez cerise, confiture aux quatre fruits, notes fumées en bouche, épices douces, tannins suaves, retour du fruit, réglisse. Manque un peu de fond, mais reste assez délectable. Gloria!

Vigna Il Poggiale 2007 Chianti Classico Riserva

Un vin issu d'une seule parcelle. Fermentation et macération en inox, un mois au total, puis deux ans en barriques de l'Allier.

Fumée, cuir au nez; en bouche, une assez bonne structure, mais écrasée par le bois, et de la sècheresse en finale. Ce vin va-t-il s'ouvrir un jour, le bois se fondre? On peut croire aux miracles, surtout dans une chapelle.

Isodi di San Niccolo 2006

85% sangioveto, 2 ans en barrique dont la moitié en neuf.

Le genre de vin qui divise les dégustateurs. Dense, extrait, boisé. Américain. Mais il y a du fruit dans le bois - le fruit du bois, pas le fruit des bois. Et du potentiel. Aujourd'hui, c'est dur, mais demain... Il y a-t-il une vie après le bois?

Alléluia!

06:36 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : vin, vignoble, église, toscane, castellare | Lien permanent | Commentaires (8) | | | |

26 novembre 2010

Castello Vicchiomaggio

Me voici à pied d'oeuvre dans le vignoble toscan, avec mes collègues du voyage FIJEV.

Pour cette première visite, nous nous arrêtons à Greve in Chianti, au Castello Vicchiomaggio. Paysages de rêve, paysages de marquetterie de vignes et de forêts, où tout incite à la poésie.

Le propriétaire qui nous accueille dans sa vigne est un italo-britannique, John Matta. A la suite de son père, ancien marchand de vin, il a repris en 1982 ce beau et grand domaine d'ancienne notoriété (le château date du  14ème siècle). Il a été successivement la propriété de plusieurs grandes familles florentines comme les Gherardini, les Scolari et les Pietri.

Vicchiomaggio2.jpgA la chasse aux vins (photo H. Lalau)

Les Matta ont su redonner vie à cette belle endormie, notamment grâce à l'agritourisme, mais aussi en préserver l'âme. Certaines cuvées reprennent même le nom des anciens propriétaires, ce qui n'est pas si courant dans le monde viticole où les repreneurs tiennent souvent à imprimer leur marque, à rompre avec le passé.

 

J'ai particulièrement apprécié son Chianti Classico Riserva Agostino Pietri 2007.

Au nez, de la cerise noire, du moka, des épices; en bouche, des notes fumées, de la canelle, du clou de girofle; la finale assèche un peu, mais les épices rebondissent et équilibrent l'ensemble.

Vicchiomaggio.JPGVicchomaggio, le soir (photo H. Lalau)

Dans la même gamme, j'ai aussi aimé le Chianti Classico Riserva Vigna Prima 2007, toujours en Chianti Classico, mais issu d'une parcelle particulière, et 100% sangiovese. Un vin très construit, mais avec néanmoins un côté sauvage, animal en bouche, qui se mêle bien dans une structure veloutée, mais où l'acidité n'est jamais loin.

 

 

01:30 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |