22 février 2011

Sassicaia vs Magnificat: 3-4

Mon collègue de dégustations IVV (et néanmoins ami) Youri Sokolow me fait l'immense honneur de m'envoyer la feuille de commentaires d'une dégustation de son petit club de vin- un petit club qui ne mégote pas, si l'on en juge par les vins aux prises ce jour-là: à ma droite, Sassicaia, à ma gauche, Magnificat. Et en 7 millésimes, s'il vous plaît!

Mais je laisse Youri commenter la session...

 

sassicaia,magnificat,vin,vignoble,italie,toscaneA ma droite, Sassicaia la caillouteuse

Un bref aperçu des deux protagonistes, tout d'abord. 100% cabernet-sauvignon pour Drei Dona Magnificat, 85% cabernet -sauvignon et 15% cabernet franc pour Sassicaia. Un terroir différent argilo-limoneux sur un substrat calcaire pour Magnificat, graveleux (Sassoso en italien, d’où le nom Sassicaia). Un élevage 100 % fûts neufs (chêne de l’Allier) pendant 18-20 mois complété par 8 à 10 mois en bouteilles pour Magnificat,  1/3 de fûts neufs (chêne français) pendant 24 mois puis 6 mois en bouteilles pour Sassicaia.

Avantage Magnificat

7 duels qui se sont terminés à l’avantage de Magnificat (4 victoires à 3), celui-ci l’emportant en 2003, 2001, 2000 et 1995, Sassicaia l’emportant en 2004, 1998 (par forfait, Magnificat étant bouchonné), 1997. Mais à l’avantage de Sassicaia sur la moyenne des notes (16,7 vs 16,6/20). Au-delà des résultats, la soirée fut intéressante à de nombreux points de vue ; tout d’abord, la qualité globale des vins dégustés était remarquable, 9 vins ont obtenu une note supérieure à 16/20, la plus faible note moyenne étant... 14,8/20. Ensuite, le style des vins était reconnaissable de millésime en millésime; Sassicaia dans un style élégant, souple et épicé, Magnificat dans un style puissant, concentré et racé. Cette différence a rendu la comparaison des vins assez difficile, une partie de dégustateurs préférant la puissance, l’autre l’élégance. Enfin et comme (presque) toujours avec les vins italiens, les vins se goûtaient différemment le lendemain, mais cela reste l’éternel débat de la mise en condition optimale des vins. Faut-il les carafer? Pendant combien de temps? Faut-il les boire un jour de pleine lune?

 

sassicaia,magnificat,vin,vignoble,italie,toscaneA ma gauche, le Magnificat de Drei Dona.

 

Dans notre groupe, depuis toujours, les vins sont dégustés à un moment X, dans des conditions Y, identiques pour tous les vins, et aboutissent à une cote Z, qui permet la comparaison.

Le Classement des 14 vins dégustés

1.    Bolgheri Sassicaia 1997                17,7/20
2.    Bolgheri Sassicaia 2004                17,7/20
3.    Forli Magnificat 2003 La Palazza            17,4/20
4.    Bolgheri Sassicaia 2003                17,3/20
5.    Forli Magnificat 1997 La Palazza            17,3/20
6.    Forli Magnificat 1995 La Palazza            16,9/20
7.    Bolgheri Sassicaia 1998                16,9/20
8.    Bolgheri Sassicaia 1995                16,7/20
9.    Forli Magnificat 2004 La Palazza            16,3/20
10.    Forli Magnificat 2001 La Palazza            15,9/20
11.    Bolgheri Sassicaia 2001                15,6/20
12.    Forli Magnificat 2000 La Palazza            15,5/20
13.    Bolgheri Sassicaia 2000                14,8/20
14.    Forli Magnificat 1998 La Palazza            Bouchonné

 
Le Top 5

1. Bolgheri Sassicaia 1997
Robe rubis, légère évolution. Nez élégant sur des notes sanguines, épicées, fraise, cerise, tabac, bois de cèdre, minéral, craie, poivron rouge bien mûr. Bouche puissante, concentrée, rétro de poivron mûr, tannins encore très jeunes, suaves, superbe matière, finale équilibrée. Un vin d’une équilibre remarquable, dans un millésime hors normes.
C :17,7/20

2. Bolgheri Sassicaia 2004
Robe rubis dense. Nez puissant sur le caramel, le café, note lactée, cacao, fourrure, évolue vers la cerise et la rose. Bouche à l’attaque concentrée, structure massive, tannins serrés mais civilisés et racés, finale tendue. Un vin concentré à l’aube de sa vie.
C : 17,7/20

3. Forli Magnificat 2003 La Palazza
Robe rubis dense. Nez puissant où l’on retrouve mûre, myrtille, fruits confiturés, encre, minéralité, notes sanguines, pointe de laurier. Bouche qui allie ampleur, puissance et suavité, concentration impressionnante et finale fraîche. Un vin d’une fraîcheur et d’un équilibre impressionnant pour le millésime.
C : 17,4/20

4. Bolgheri Sassicaia 2003
Robe rubis légèrement évoluée. Nez complexe sur des notes de cuir, d’épices douces, de cacao, de tabac, de boîte à cigare, évolue vers des notes de truffe, d’écorce d’orange et de café froid. Bouche alliant, élégance, suavité, tannins racés, finale tout en élégance. Un vin élégant d’un équilibre superbe.
C : 17,3/20

5. Forli Magnificat 1997 La Palazza
Robe rubis presque noire. Nez complexe, minéral, touche florale, agrumes confits, fruits noirs confiturés, cerise à l'alcool, cacao, viandeux. Bouche à l'attaque fraîche, un superbe fruit, des tannins civilisés, serrés, et une longue finale racée et équilibrée. Un vin superbe concentré, qui paraît encore très jeune.
C : 17,3/20

Nous avons poursuivi la soirée avec un jambon d’Ardennes et le Côtes du Jura 2004 du Domaine Macle, puis un hachis Parmentier et le Coteaux d'Aix-en-Provence Le Grand Rouge de Revelette 1998 (ndlr: l'oenophile belge est un type simple, finalement. Mais pour lui en remontrer sur les grands vins, il faut se lever de bonne heure).

Youri Sokolow


00:38 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Italie, Vins de tous pays | Tags : sassicaia, magnificat, vin, vignoble, italie, toscane | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |

20 janvier 2011

Dey know better, Franco!

Sur son blog Vino al Vino, mon ami Franco Ziliani publie un petit billet à propos des premières notes du nouveau responsable de Wine Spectator pour l'Italie, Bruce Sanderson.

C'est ICI

Au détour de son article, Franco s'étonne du fait que ce sympathique Canadien soit obligé de s'occuper à la fois de la Champagne, de l'Allemagne et de l'Italie.

Je me suis permis de lui répondre (en anglais, car je ne maîtrise pas la langue de Dante), et voici donc mon argumentation:

Ubiquity (Ubiquità?) is the word for being able to be in several places at the same time.
For the Wine Spectator columnists, who know everything and can attend all tastings from Champagne to Germany including Southern Germany (I mean Tuscany and Veneto), we need a new word, una nuova parola: "ubitaster"...

Of course, a simpler solution for Wine Spectator would be to appoint an Italian wine specialist. But no, that would be way too simple. And "de Italians dey talka funny, dey drinka funny, dey donta know what de Americans wanta.."

I tella you, Italian wine is too important a topic to be left to de Italians.

In America, dey know better ;-)))

 

 

00:44 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Italie | Tags : vin, vignoble, italie, wine spectator | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |