28 janvier 2012

Le Sant'Antimo existe, j'en ai dégusté

Les vrais amoureux de Montalcino le savent: si l'on veut y faire autre chose que du Brunello, ou même du Rosso, et donc employer d'autres cépages que le Sangiovese, on n'est pas obligé de demander à grands cris une modification du discplinare de l'une de ces deux dénominations. Il suffit d'en choisir une autre, qui recouvre exactement la même aire: Sant'Antimo (du nom d'une l'abbaye romane fondée au 8ème siècle, à Montalcino). D'aucuns d'iront qu'elle est moins connue. Et donc moins employée. Je réponds: ça dépend.

Il n'y a pas longtemps, Francesco Marone Cinzano précisait que lui, chez Col d'Orcia, utilisait volontiers la dénomination Sant'Antimo, et qu'il en était satisfait.

J'en ai la preuve aujourd'hui: je viens d'ouvrir un bouteille de son Sant'Antimo blanc. Un Pinot Grigio 2011.

Abbazia di Sant'AntimoIMG_0732.jpg

Aucune confusion possible avec le Brunello, c'est sûr!

Aucune confusion avec les pinots gris du type alsacien non plus. On est sur un nez très aromatique, pamplemousse, acacia, tilleul, avec quelques notes de levure de bière et de fumé; une bouche très vive, bien enveloppée dans la chair du vin, mais pas molle pour un sou. C'est long, plein de sève. C'est précis, droit, très bien vinifié. Fringant, si vous avez l'allégoruie équestre. Absolument pas l'idée classique qu'on se fait des blancs de Toscane, sur la foi de ce qu'on en reçoit hors frontières: à savoir, des vins souvent très boisés, et qui, lorsqu'ils ne choisissent le Trebbiano, recourrent généralement, pour les cuvées d'exportation, au chardonnay.

Je ne parle pas de la Vernaccia de San Giminiano qui est sans doute l'exception - très intéressante - qui confirme la règle.

Bref, même à Montalcino, il y a une vie - et même beaucoup de vie - après le sangiovese... cela s'appelle Sant'Antimo. Rappellez-vous ce nom!

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 janvier 2012

La Campanie, version Mustilli

La Campanie, ce n'est pas que la patrie de la Mozzarella di Bufala!
Depuis quelques années, la région redécouvre le charme de ses vieux cépages, ce qui ne la rend que plus attirante à mes yeux. Ce fut une de mes belles découvertes lors du dernier Radici del Sud, le festival des vignobles autochtones du Sud de l'Italie, auquel Nicola Campanile (Pro Papilla) et mon confrère Franco Ziliani m'avaient gentiment convié.

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Mustilli et son Aglianico

Quel meilleur exemple de cette tendance que Mustilli? C'est cette cave de Sant'Agata, en effet, qui a virtuellement sauvé de la disparition la falanghina, un plant local qui a longtemps remonté les blancs du négoce napolitain grâce à sa bonne acidité. Voici un exemple que ce que l'on peut faire de beau avec ce cépage tout simple, tout en pureté:

Sant'Agata de' Goti DOC Falanghina Mustilli 2010

Au nez, de belles notes d'ananas, de pomme bien mûre, de fruits tropicaux, de levure de bière; en bouche, c'est très franc, très frais aussi; la finale un peu mordante et légèrement fumée m'a fait penser à un bon bitter italien. Fermentation et élevage en cuve, bâtonnages.

 De cette cave, je vous recommande également deux rouges très différents, le Sannio Piedirosso 2010  (type Beaujolais napolitain!) et surtout, dans un genre plus robuste, le Sant'Agata Aglianico Vigna Cesco di Nece 2007, à la fois tannique et fruité (cerise, rhubarbe), avec pas mal de sucre résiduel - un type traditionnel dans la région.

Contact: info@mustilli.com

Plus d'info pour Radici del Sud: Nicola Campanile, info@ivinidiradici.com

00:00 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |