30 août 2012

Sardinian paradox

Lu sur le Journal des Femmes, un joli article intitulé "Pour vivre vieux et heureux, vivons en Sardaigne', dont je vous cite l'introduction: "Minestrone, vin rouge, fromage de brebis, activité physique... Serait-ce le secret de la longévité ? C'est en tout cas la recette magique de la famille la plus âgée du monde qui vit depuis des décennies, plutôt des siècles, en Sardaigne."

Pour la petite histoire, ils sont neuf frères et sœurs et détiennent à présent le record mondial de longévité d'une fratrie: 818 ans (cumulés, bien sûr). Chiffre enregistré au Guinness Book des Records.

Si je vous en parle, c'est parce que j'ai trouvé l'info sur l'excellent site de l'Honneur du Vin. Un site toujours en pointe pour défendre le vin, et qui fait non seulement remarquer que le breuvage de Bacchus est en bonne place dans ce régime sarde, mais surtout, que la dépêche AFP relatant la nouvelle a curieument zappé ce détail. Evoquant le régime alimentaire des centenaires sardes, l'AFP se borne à parler des fruits, et notamment des prunes... (voir la dépêche reprise, souvent telle quelle, par l'ensemble des quotidiens abonnés, ICI).

Moi, je me garderai bien de la reproduire, car tous les droits sont réservés - et oui, même sur un travail aussi tronqué. Moi aussi, d'ailleurs, je suis très réservé.

Voici en tout cas notre agence officielle prise en flagrant délit de censure! Ses patrons prendraient-ils leurs instructions auprès des anti-vins? Et pour qui nous prennent ses rédacteurs, pour des enfants? Doivent-ils retravailler l'info, la prédigérer pour la rendre socialement acceptable? Et acceptable par qui? 

Ne sommes-nous pas capables de savoir par nous-mêmes ce qui est bon pour nous et comment nous voulons vieillir?

Peu importe, en définitive, s'il y a vraiment un Sardinian Paradox et si le vin en fait partie, ce qui me choque, c'est qu'on escamote ainsi les éléments qui nous permettraient de nous faire notre propre opinion.

Sardinia, 818, AFP, 0


00:04 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

29 août 2012

On the rocks

Mon collègue et ami Franco Ziliani s'étonne (et enrage) de la nouvelle tendance observée en Italie, qui consiste à allonger certains vins de glaçons, et notamment les pinots noirs (lire ICI).

Il s'insurge surtout contre le fait que la sommellerie italienne semble cautionner cette tendance.

Avec tout le respect que je dois à mon éminent confrère, je pense qu'il n'a pas pleinement conscience de toutes les possibilités de cette révolution copernicienne dans le service du vin, voire dans la production de vin.

A partir du moment où l'on dilue le vin avec des glaçons, c'est la conception du vin lui-même qui doit changer. On ne doit plus le voir comme un produit fini, on ne doit plus lutter contre l'élévation des degrés d'alcool résultant de la réduction des rendements et du réchauffement climatique, ni mouiller frauduleusement le vin dans les arrières-caves.

Il convient à présent au contraire de concentrer les vins par osmose inverse, et de laisser le soin au restaurateur ou au consommateur de rajouter l’eau via les glaçons. Comme ça, on pourra vendra le Brunello ou le Barolo en petits Tetrapaks de 25cl, ça coutera moins cher en transport.

De plus, effet induit, plus on servira les vins frais, on the rocks, et moins on percevra leurs arômes. L'oenologie moderne va enfin être libérée de cette dictature du nez, et pouvoir se concentrer sur les vins neutres et faciles à boire, les vins que le client moyen préfère. Et comme disait M. Rivella, "le client a toujours raison". Moyennement.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |