29 août 2012

On the rocks

Mon collègue et ami Franco Ziliani s'étonne (et enrage) de la nouvelle tendance observée en Italie, qui consiste à allonger certains vins de glaçons, et notamment les pinots noirs (lire ICI).

Il s'insurge surtout contre le fait que la sommellerie italienne semble cautionner cette tendance.

Avec tout le respect que je dois à mon éminent confrère, je pense qu'il n'a pas pleinement conscience de toutes les possibilités de cette révolution copernicienne dans le service du vin, voire dans la production de vin.

A partir du moment où l'on dilue le vin avec des glaçons, c'est la conception du vin lui-même qui doit changer. On ne doit plus le voir comme un produit fini, on ne doit plus lutter contre l'élévation des degrés d'alcool résultant de la réduction des rendements et du réchauffement climatique, ni mouiller frauduleusement le vin dans les arrières-caves.

Il convient à présent au contraire de concentrer les vins par osmose inverse, et de laisser le soin au restaurateur ou au consommateur de rajouter l’eau via les glaçons. Comme ça, on pourra vendra le Brunello ou le Barolo en petits Tetrapaks de 25cl, ça coutera moins cher en transport.

De plus, effet induit, plus on servira les vins frais, on the rocks, et moins on percevra leurs arômes. L'oenologie moderne va enfin être libérée de cette dictature du nez, et pouvoir se concentrer sur les vins neutres et faciles à boire, les vins que le client moyen préfère. Et comme disait M. Rivella, "le client a toujours raison". Moyennement.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

27 juin 2012

Ezio Rivella démissionne de la présidence du Consorzio del Brunello di Montalcino

Ezio Rivella, dont le passage à la tête de l'institution aura été diversement apprécié, a démissionné de son mandat de président du Consorzio del Brunello di Montalcino.

Il est remplacé à ce poste par Fabrizio Bindocci, qui a occupé la vice-présidence voici quelques années.

Ce dernier a déclaré d'emblée qu'il se plaçait dans une optique de "continuité" par rapport à son prédécesseur.

Ceux qui, comme moi, ont regretté les efforts répétés de M. Rivella pour assouplir les règles du Brunello, puis du Rosso di Montalcino (voir ICI), au grand dam de la majorité des producteurs, espèrent qu'il ne s'agit que d'une formule de politesse envers le partant.

M. Rivella pourrait peut-être briguer la présidence de la future DOC Sicilia? Pour quelqu'un qui mesure la qualité selon le potentiel commercial, il y a là un beau défi...

01:13 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |