20 janvier 2013

Le vin, produit noble, en grande distribution

Quand j'en parle avec eux, les acheteurs de la grande distribution (dont certains sont de vrais amoureux du jus de la treille) jurent leurs grands dieux que le vin, produit noble, bénéficie chez eux d'un traitement tout particulier.
On jugera de la crédibilité de ce discours en examinant les deux photos ci-dessous. C'est tout frais d'hier...

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Allez, m'sieurs dames, on déstocke!

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Glicine de Corvo à 4 euros, le pied... je vous mets une botte de carottes en plus?

 

Empiler des fins de stocks dans des cagettes à légumes, en effet, voilà bien un traitement particulier.
Le pire, c'est que cette présentation attirera bien quelques chalands, persuader de faire la bonne affaire.

-Et l'image?

-Quoi, l'image? On déstocke, oui ou non?

Notez que les acheteurs n'y sont sans doute pour rien, le déstockage se décidant le plus souvent au niveau des magasins.

11:25 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Italie, Vins de tous pays | Tags : déstockage, grande distribution, vin | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

12 septembre 2012

Acheteur de vins: tout un métier

L'histoire est authentique, celui qui me l'a racontée est au dessus de tout soupçon et il n'a aucun intérêt dans l'affaire, même si sa fonction réclame que je maintienne son anonymat. Et pour qu'il n'ait pas d'ennuis, je tairais le nom de l'enseigne en question. Je précise juste qu'il ne s'agit pas de Carrefour Belgium, des fois que vous pensiez que j'ai une dent contre eux. Ce n'est pas le cas, mon métier (ou en tout cas l'idée que je m'en fais) m'interdisant toute sélectivité dans mes coups de gueule.

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Peur du noir?

Après ce préambule, voici l'histoire.

Un producteur italien cherchait depuis plusieurs années à faire référencer un de ses vins par une enseigne belge. A chaque fois qu'il présentait ses échantillons, il se heurtait à un refus.

Il en était pour le moins dépité, mais aussi très surpris, vu que le vin semblait convenir à ses autres clients, et que son prix était tout à fait correct.

Il jugeait n'avoir plus rien à perdre, aussi se livra-t-il un petit jeu.

Il alla acheter dans les rayons de l'enseigne en question quelques bouteilles d'un vin italien concurrent, qu'il déshabilla consciencieusement de leurs étiquettes et de leurs capsules, pour les rhabiller des siennes.

Puis il les renvoya à la centrale. Au bout de quelques jours, il rappela l'acheteur pour lui demander ce qu'il en avait pensé. La réponse fut sans appel: "C'est en dessous de tout, comment voulez vous qu'on puisse vendre un vin pareil!"

Edifiant, non?

L'histoire me laisse quand même un doute. Veut-elle dire que l'acheteur ne dégustait pas les vins, que son goût variait selon l'étiquette, que son goût variait avec le temps, ou qu'il était tout simplement incompétent?

Tiens, d'aucuns soutiennent que nous autres dégustateurs de profession, ne  devrions commenter que des vins dégustés à l'aveugle. J'y réfléchirai le jour où l'on me prouvera que les acheteurs de la GD, ou même les cavistes, le font aussi...

Ce n'est pas que j'ai quoi que ce soit contre la dégustation à l'aveugle, je la pratique même souvent, mais je ne pense pas qu'elle soit la seule façon. Et quand on déguste le vin d'un domaine pour la première fois, c'est presque une dégustation à l'aveugle...

Surtout, les consommateurs, eux, n'achètent pas à l'aveugle. Ils ont donc sans doute des attentes en rapport à la réputation du vin pour lequel il sont prêts à débourser un peu ou beaucoup d'argent. Nous mettre dans les conditions de leur choix n'est peut-être pas si bête, en définitive...

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |