12 septembre 2012

Acheteur de vins: tout un métier

L'histoire est authentique, celui qui me l'a racontée est au dessus de tout soupçon et il n'a aucun intérêt dans l'affaire, même si sa fonction réclame que je maintienne son anonymat. Et pour qu'il n'ait pas d'ennuis, je tairais le nom de l'enseigne en question. Je précise juste qu'il ne s'agit pas de Carrefour Belgium, des fois que vous pensiez que j'ai une dent contre eux. Ce n'est pas le cas, mon métier (ou en tout cas l'idée que je m'en fais) m'interdisant toute sélectivité dans mes coups de gueule.

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Peur du noir?

Après ce préambule, voici l'histoire.

Un producteur italien cherchait depuis plusieurs années à faire référencer un de ses vins par une enseigne belge. A chaque fois qu'il présentait ses échantillons, il se heurtait à un refus.

Il en était pour le moins dépité, mais aussi très surpris, vu que le vin semblait convenir à ses autres clients, et que son prix était tout à fait correct.

Il jugeait n'avoir plus rien à perdre, aussi se livra-t-il un petit jeu.

Il alla acheter dans les rayons de l'enseigne en question quelques bouteilles d'un vin italien concurrent, qu'il déshabilla consciencieusement de leurs étiquettes et de leurs capsules, pour les rhabiller des siennes.

Puis il les renvoya à la centrale. Au bout de quelques jours, il rappela l'acheteur pour lui demander ce qu'il en avait pensé. La réponse fut sans appel: "C'est en dessous de tout, comment voulez vous qu'on puisse vendre un vin pareil!"

Edifiant, non?

L'histoire me laisse quand même un doute. Veut-elle dire que l'acheteur ne dégustait pas les vins, que son goût variait selon l'étiquette, que son goût variait avec le temps, ou qu'il était tout simplement incompétent?

Tiens, d'aucuns soutiennent que nous autres dégustateurs de profession, ne  devrions commenter que des vins dégustés à l'aveugle. J'y réfléchirai le jour où l'on me prouvera que les acheteurs de la GD, ou même les cavistes, le font aussi...

Ce n'est pas que j'ai quoi que ce soit contre la dégustation à l'aveugle, je la pratique même souvent, mais je ne pense pas qu'elle soit la seule façon. Et quand on déguste le vin d'un domaine pour la première fois, c'est presque une dégustation à l'aveugle...

Surtout, les consommateurs, eux, n'achètent pas à l'aveugle. Ils ont donc sans doute des attentes en rapport à la réputation du vin pour lequel il sont prêts à débourser un peu ou beaucoup d'argent. Nous mettre dans les conditions de leur choix n'est peut-être pas si bête, en définitive...

 

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

31 août 2012

DOCG à gogo

Avec l'accession à la suprême mention de Suvereto et de Val di Cornia (Toscane), la constellation des DOCG italiennes compte à présent 73 étoiles.

Une misère, à côté des 330 astres de la galaxie DOC. Notons cependant que le nombre de DOCG  a plus que doublé en 4 ans. Et fin 2010, elles n'étaient encore que 62. Cette frénésie correspond curieusement avec la perspective de la mise en place d'un système de contrôle européen...

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62 DOCG en février 2011 (désolé pour les autres, je n'arrive pas à suivre). Source: Illotosocialediannitoabate

DOCG voudrait-il dire DOC à Gogo?

A croire que l'Italie veut disputer à la France son titre de système d'organisation des vins le plus compliqué au monde.

Mais au fait, qui peut encore mémoriser des listes aussi pléthoriques?

00:09 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : ooc, aoc, docg, italie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |