16 septembre 2013

Passage de témoin chez Frescobaldi

Lamberto Frescobaldi, 30ème (!) génération de cette grande famille toscane du vin, succède à son oncle Leonardo à la prsidence de Gruppo Marchesi dè Frescobaldi.

Le nouveau président s'est fixé pour objectif de mieux équilibrer les recettes provenant des marchés traditionnels du groupe 'Europe, Etats-Unis) et celles des marchés émergents, notamment l'Asie. 

Giovanni Geddes de la Filicaja reste à la direction générale du groupe familial.

 

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00:07 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 septembre 2013

Vin, Slow Food et politique

Mon confrère et ami Franco Ziliani lève à nouveau un beau lièvre avec l'affaire "Slow Food vs Bressan".

Fluvio Bressan, vigneron du Frioul, s'est permis quelques déclarations racistes à l'encontre d'une ministre italienne et Slow Food, en conséquence, a cru bon d'exclure les vins de ce producteur de la prochaine édition de son guide de vins.

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Slow Food Wine Guide (Edition 2013)

 

Franco Ziliani s'interroge sur le bien fondé de cette exclusion (moi aussi, d'ailleurs). Pour lui, un guide de vins n'est pas un tableau d'honneur du politiquement correct, mais juste une sélection de produits qui n'ont d'autre message à porter que leur goût.

Et mon confrère de renchérir: à ce compte-là, faut-il exclure du guide les maisons au passé fasciste? Surtout quand certains héritiers ne semblent pas vraiment le renier - Ziliani cite les cas d'Antinori et de Frescobaldi.

Je ne suis pas sur que la comparaison soit tout à fait adaptée, mais qu'importe.

Ce qui importe, et Franco le fait très bien, c'est de montrer le ridicule qu'il y a à mêler la politique, les opinions même contestables, voire détestables, d'un vigneron et une sélection de vin.

Au Chili, en Allemagne, en Autriche, on pourrait aussi trouver une foule d'exemples de vignerons plus ou moins infréquentables, encore aujourd'hui. J'ai visité voici quelques années un domaine autrichien où le propriétaire gardait bien en évidence des souvenirs du bon vieux temps du Troisième Reich, celui où les trains arrivaient à l'heure, qu'ils transportent du vin ou de futurs gazés. Sans oublier, au fond de la cave, un beau tonneau sculpté à la gloire de l'Anschluss.

En France aussi, dans la communauté vigneronne, nous ne manquons ni de staliniens ni de fascistes plus ou moins assumés, et d'indécrottables racistes. Nous avons aussi sans doute des royalistes, des trotskystes, des anarchistes, des libertaires, des pétainistes, des souverainistes, des altermondialistes, et même des opportunistes...

Mais le rapport avec la critique viticole? Faut-il maintenant que je m'informe de la tendance politique des producteurs, de leur appartenance raciale, de leurs orientations sexuelles et de leurs opinions religieuses avant de commenter leur vin?

Pour moi, c'est non.

"Tout est politique", disait Lénine. Qu'il me soit permis de le contredire.

Même si, à titre personnel, il y a des gens avec je préfère ne pas trinquer, je ne vois pas ce qui me donnerait le droit d'éliminer leurs vins de mes dégustations pour autre chose que la qualité du produit.

Si je le faisais, je ne vaudrais pas beaucoup plus que ceux qui écrivaient naguère "Kauf nicht bei Juden" sur les devantures de magasins juifs.

Paradoxalement.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie, Vins de tous pays | Tags : kauf nicht bei juden, slowfood, opinion, vin, critique | Lien permanent | Commentaires (9) | | | |