19 novembre 2013

Lacryma Christi

Me voici à Naples, ou plutôt, à Furore, sur la Côte Amalfitaine, à la découverte des vins de Campanie.

Je ne boude pas mon plaisir: c'est un merveilleux endroit; un balcon avec vue sur la Grande Bleue (un peu grise par temps de pluie), et dont le nom serait dû, non pas aux accès de rage du Vésuve (distant d'une quarantaine de kilomètres), mais aux flots tourmentés qui se déchaînent parfois sur sa côte.

J'ai cité le Vésuve. Intéressons-nous un instant à ce volcan. D'abord, c'est le dernier en activité de toute l'Europe continentale; mais c'est aussi un des premiers dans l'histoire dont une éruption a pu être décrite  en direct et par le menu. C'était en 79 de notre ère et le reporter de l'époque s'appelait Pline (le pauvre a perdu son oncle dans l'histoire; Rome, elle, a perdu Pompei et Herculanum).

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Le Vésuve vu de Pompei (Photo Lordwigg)

Ce qui intéressera un peu plus l'oenophile, sans doute, c'est de savoir que les flancs de se monstre à peine assoupi sont très fertiles et accueillent la vigne; et notamment, une Dénomination au nom curieux: Lacryma Christi.

Le lien avec le Christ? Les terres ont longtemps appartenu à un monastère. Et la légende raconte que ceux-ci, ayant vu les ravages du volcan, la lave qui s'écoulait de sa bouche comme un feu de l'enfer, en aurait déduit que Jésus en aurait pleuré. Difficile de concilier l'anecdote avec l'histoire du Nazaréen, mais comme on dit en Italien, "se non è vero, è bene trovato".

Cette Dénomination - vantée par Voltaire et Dumas - produit du blanc, du rosé et du rouge, que j'espère bien pouvoir déguster d'ici peu.

Les blancs assemblent verdeca (un cépage que je n'ai jamais dégusté), coda di volpe et falanghina.

Le rouge assemblent piedirosso et sciascinoso (alias avellinese).

Je n'ai qu'un seul souhait: que ces vins me tirent des larmes de joie, plutôt que de dépit...

PS. Quelques soucis informatiques m'empêchent de poster avec la régularité coutumière. Merci de votre compréhension.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : lacryma christi, naples, campani, amalfi | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

30 septembre 2013

Gianni Zonin, homme de l'année 2013 pour Wine Enthusiast

Le magazine américain Wine Enthusiast a décerné à l'Italien Gianni Zonin son "Lifetime Achievement Award 2013". Ce prix récompense chaque année un homme du vin pour l'ensemble de son oeuvre.

La désignation du prix est tout à fait adaptée, puisque Gianni Zonin est entré chez Zonin en 1957, et qu'il est à la tête de l'entreprise depuis 1967.

Zonin, c'est une production de quelque 40 millions de bouteilles par an, dont deux tiers à l''exportation. A la marque Zonin, mais aussi sous des noms de domaines, notamment en Vénétie, au Frioul, en Toscane, en Sicile et dans les Pouilles.

C'est d'ailleurs Gianni Zonin qui a initié cette diversification de l'entreprise de négoce vers la production, dès 1970, avec Cà Bolani, au Frioul.

Allait rapidement suivre l'excellent Castello d'Albola, en Toscane. Et puis, des années après, un domaine en Virginie, Barbourville, ancienne propriété d'un grand amateur de vin: de Thomas Jefferson.

Ces domaines se situent un cran au dessus, en terme de produit fini, des produits à marque Zonin, qui, sans réellement démériter, m'ont rarement impressionné. Alors que des vins issus de Tenuta Il Bosco (Oltrepo Pavese) ou de Principi di Butera (Sicile), par exemple, ont pour moi leur place dans la cave de tout honnête homme, et ce, année après année.

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Gianni Zonin

00:59 Écrit par Hervé Lalau dans Etats-Unis, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |