02 septembre 2014

Principi di Butera, en blanc et en rouge

La plus grande île de la Méditerranée abrite un vignoble étonnamment riche et varié, tant en termes de cépages que de types de production. Par ses plus anciens producteurs, on trouve le Feudo Principi di Butera, domaine historique aux ascendances normandes et lombardes comprenant aujourd’hui 180 ha de vignes, sur la côte Sud.

 

Feudo Principi di Butera Insolia IGT Sicilia 2013

Un des principaux cépages blancs de Sicile (et sans doute le plus ancien), l’Insolia ou Inzolia est connu en Toscane sous le nom d’Ansonica. Celui-ci présente un nez très riche de poire, d’abricot, de coing et de rhubarbe,  la bouche saline, iodée et noisette, elle, évoquant le Fino. La Sicile, l'autre grand blanc?

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Deliella Photo (c) H. Lalau

Feudo Principi di Butera Deliella Nero D’Avola IGT Sicilia 2011

Toute la richesse du roi des cépages rouges siciliens, qui n’est pas sans évoquer la syrah.

Ici, elle explose en notes fruitées (mûre, grenadine). Deliella est le nom du lieu-dit.

 

00:16 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10 août 2014

Prosecco: après la catastrophe

Si vous suivez un tant soit peu l'actualité italienne, vous avez sans doute entendu parler de la catastrophe de Molinetto della Croda di Refrontolo - une coulée de boue a tué 4 personnes et en a blessées 8, samedi dernier.

Si cette triste nouvelle nous concerne comme êtres humains, elle nous interpelle aussi en tant qu'oenophiles, car cette jolie bourgade se trouve au coeur de la DOCG Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore.

Et des voix se lèvent déjà pour dire que cette coulée de boue, due à une forte pluviométrie, n'aurait jamais pris ces proportions désastreuses si le vignoble n'avait pas été restructuré pour plus de productivité. En clair, si l'écoulement de l'eau (ou son absorption) n'avait pas été modifié par la déforestation de certaines collines et la constitution de très grandes parcelles de vignes.

Ah, l'appât du gain! Certains locaux, qui ne manquent pas d'humour, disent qu'avec le succès du Prosecco à l'export, si l'on pouvait planter de la vigne sur le dôme de la cathédrale de Trévise, on l'aurait fait.

La vigne a sculpté bien des paysages - certains n'existent même, sous la forme qu'on leur connaît, que grâce à la viticilture, et même l'UNESCO leur rend hommage. Mais se pourrait-il qu'aujourd'hui, au temps des bulldozers, des tractopelles, cette "vitiformation" se fasse trop vite et trop fort? 

Devons-nous renoncer à notre verre de Prosecco Superiore (DOCG, s'il vous plaît) en attendant que l'on annonce des mesures de protection des sols? A ce propos, un DOCG digne de ce nom, avec tout le lien au terroir que cela suppose, ne devrait-elle pas inclure dans son règlement un chapitre sur le respect de l'environnement?

Pour plus d'information et de réflexion (et avec le panache qu'on lui connaît), on lira le billet de l'ami Franco Ziliani à ce sujet, ICI.

 

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : prosecco superiore | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |