10 août 2014

Prosecco: après la catastrophe

Si vous suivez un tant soit peu l'actualité italienne, vous avez sans doute entendu parler de la catastrophe de Molinetto della Croda di Refrontolo - une coulée de boue a tué 4 personnes et en a blessées 8, samedi dernier.

Si cette triste nouvelle nous concerne comme êtres humains, elle nous interpelle aussi en tant qu'oenophiles, car cette jolie bourgade se trouve au coeur de la DOCG Conegliano Valdobbiadene Prosecco Superiore.

Et des voix se lèvent déjà pour dire que cette coulée de boue, due à une forte pluviométrie, n'aurait jamais pris ces proportions désastreuses si le vignoble n'avait pas été restructuré pour plus de productivité. En clair, si l'écoulement de l'eau (ou son absorption) n'avait pas été modifié par la déforestation de certaines collines et la constitution de très grandes parcelles de vignes.

Ah, l'appât du gain! Certains locaux, qui ne manquent pas d'humour, disent qu'avec le succès du Prosecco à l'export, si l'on pouvait planter de la vigne sur le dôme de la cathédrale de Trévise, on l'aurait fait.

La vigne a sculpté bien des paysages - certains n'existent même, sous la forme qu'on leur connaît, que grâce à la viticilture, et même l'UNESCO leur rend hommage. Mais se pourrait-il qu'aujourd'hui, au temps des bulldozers, des tractopelles, cette "vitiformation" se fasse trop vite et trop fort? 

Devons-nous renoncer à notre verre de Prosecco Superiore (DOCG, s'il vous plaît) en attendant que l'on annonce des mesures de protection des sols? A ce propos, un DOCG digne de ce nom, avec tout le lien au terroir que cela suppose, ne devrait-elle pas inclure dans son règlement un chapitre sur le respect de l'environnement?

Pour plus d'information et de réflexion (et avec le panache qu'on lui connaît), on lira le billet de l'ami Franco Ziliani à ce sujet, ICI.

 

00:08 Écrit par Hervé Lalau dans Italie | Tags : prosecco superiore | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

06 août 2014

Oro Rosé

Quand j'ai visité la Campanie pour la première fois, l'an dernier, je ne m'attendais pas à y trouver des mousseux. C'est pourtant là, et plus précisément dans la province de Caserte, que se situe l'appellation de bulles la plus réputée au Sud du Tibre: Asprinio d'Aversa.

Mais on rencontre d'autres élaborateurs, par delà les limites de l'appellation. C'est le cas de Cavalier Pepe, dont je vous ai déjà vanté les Taurasi, notamment.

Sous la simple mention de "Spumante di Qualità" (un joli programme), la maison irpinienne nous propose ainsi ce rosé de méthode italienne, Or Rosé.

Ce nom lui va comme un gant: les reflets roses ne peuvent masquer la dominante dorée de la robe.

Au nez, quelques notes de groseille rappellent bien les cépages rouges (peut-être de l'aglianico?), mais la structure délicate est plutôt celle d'un blanc; en bouche, j'ai noté une belle amertume. Je dis belle, parce qu'elle n'a rien de gênant.

J'en veux pour preuve que ma femme, avec qui j'ai partagé cette bouteille, m'a dit qu'elle adorait: "Il est bien frais (et elle ne parlait pas de la température) et il ne monte pas à la tête."

Et elle avait raison. 

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00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Campanie, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |