30 septembre 2014

Vive la Mozzarella di Bufala Campana quand même

Lors de mon dernier voyage en Campanie, outre le vin, j'ai pu sacrifier à un autre culte local, celui de la Mozzarella di Bufala. Ma conversion ne date pas de ce voyage, j'ai toujours eu un faible pour ce fromage à la fois ferme et onctueux, à la fois fin et gouteux, bref, de la vraie mozzarella, quoi. Méfiez-vous des imitations, bien sûr, toutes les Mozzarellas ne sont pas de Bufala, ni de Campanie, ni de DOP.

Et puisqu'on en est à enfoncer les portes ouvertes, je voulais ici réagir face à une tentation un peu morbide qui se fait actuellement dans les grands médias: l'alarmisme. 

Mozzarella_Büffel.jpg

Aux alarmistes de tout poil, je dis meuh! (Photo Sonja Pieper)

 

Une émission "Questions à la Une", s'est fait une spécialité du genre à la télévision belge. Via ses propres reportages (Quel avenir pour la frite belge?), mais plus souvent en reprenant des reportages de télévisions étrangères habillement doublées (oui, même les reportages français, pour l'accent, c'est mieux de les doubler, ça fait plus couleur locale). 

Je me demande ce qu'ils feront de Vinobusiness, s'il leur prend l'idée de le diffuser. Amaï.

Je connais des personnes très bien qui sont accros. Grâce à ces émissions, elles ont découvert qu'on ne devrait plus manger de frites surgelées, que les distributeurs ne fabriquent pas eux-mêmes leurs marques de distributeurs, que le yaourt au fruit ne contenait souvent que des arômes de fruit, que certaines poules bio n'étaient pas forcément plus heureuses à l'abattoir que les poules pas bio, que la traçabilité des lasagnes laissait à désirer, que les additifs étaient dangereux, sans parler des conservateurs (mais ça, c'est plutôt pour la rubrique politique). J'en passe et des meilleures. Les mêmes personnes se demandent à présent ce qu'elles peuvent bien manger, n'ayant plus confiance dans le bio, ni dans les marques, ni dans les distributeurs, ni en rien. Sauf peut-être dans la RTBF, qui, malheureusement, ne produit pas d'aliments.

Le rapport avec la Mozzarella? Une émission du même tonneau, mais italienne, celle-là, a consacré un reportage sur une marée noire intervenue dans la région de production; seuls 64 hectares ont été pollués (sur plus de 900), mais vous savez que les trains qui déraillent intéressent plus que les autres.

Beaucoup plus, en tout cas, que les contrôles exercés par le Consortium de la Mozzarella di Bufala Campana DOP et un laboratoire indépendant; et peu importe, en définitive, que sur des milliers de tests, seuls deux échantillons ont révélé une teneur en plomb légèrement supérieure à la norme. 

Il est un type de journalisme, aujourd'hui, qui n'a plus seulement le but d'informer, mais qui entend frapper les esprits, faibles ou forts. Convaincre à tout prix. Qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. 

Je ne vous le cache pas: je suis contre.

 

07:35 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Fromages, Gastronomie, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

15 septembre 2014

Brunellogate, le retour

Toute la Toscane retient son souffle après les déclarations de la police italienne sur une vaste fraude aux appellations touchant le Brunello et le Rosso di Montalcino.

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D'après le communiqué de la Guardia di Finanza de Sienne, l'instigateur de cette nouvelle fraude serait un consultant, à savoir Alessandro Lorenzetti. Les malversations, qui toucheraient plusieurs domaines, se seraient déroulées sur plusieurs millésimes, au moins entre 2008 et 2013.

Au total, quelque 160.000 litres de vin (encore au stade de l'élevage) ont été mis sous scellés en attendant de plus amples vérification.

Mais des questions restent encore sans réponse: quels sont les domaines concernés? Etaient-ils eux-mêmes victime de l'escroc supposé ou complice? D'où venaient les vins utilisés? Comment disparaissaient-ils des statistiques de leur région d'origine pour réapparaître dans les dénominations d'origine "contrôlée et garantie" Brunello ou Rosso di Montalcino? 

Un point positif, tout de même: cette fois, le Consorzio, sous l'impulsion de son président Fabrizio Bindocci, semble vouloir faire toute la lumière sur ces falsifications; Ce sont même les contrôles internes du Consorzio qui ont débouché sur l'enquête.

Par ailleurs, le Conzorzio, qui estime que les vignerons sont victimes de l'affaire au même titre que les consommateurs, puisqu'elle porte atteinte au renom de la DOCG, s'est déjà porté partie civile pour le procès à venir. 

00:40 Écrit par Hervé Lalau dans Italie, Toscane | Tags : brunellogate, brunellopoli, fraude aux appellations | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |