19 avril 2015

Columelle et les cépages

Natif de Cadix, Columelle vit sous le règne de Tibère et de Claude, au 1er siècle après JC.  Issu d'une famille de grands propriétaires terriens de la Bétique (aujourd'hui l'Andalousie), il mène d'abord une carrière dans la politique et l'administration, qui l'amène à beaucoup voyager dans l'Empire. Esprit curieux et méticuleux, pragmatique, ses observations sont à la base d'ouvrages qu'il consacre à l'agriculture, après avoir lui même repris un domaine dans le Latium. Le vin étant une des bases de l'économie romaine, il y consacre une grande partie de son oeuvre majeure, "Res Rustica".

columelle

Cet ouvrage est relativement détaillé pour l'époque; ainsi, voici ce qu'il nous conseille en matière de cépages. A savoir: la diversité.

"En effet, il ne se présente jamais d'année favorable et tempérée au point que quelque espèce de vigne n'ait à en souffrir : car si elle est sèche, l'espèce qui a besoin d'humidité dépérit ; si elle est pluvieuse, c'est un contre-temps pour celle qui veut de la sécheresse ; si elle est froide et brumeuse, le cépage qui rie peut supporter ces conditions de température réussit mal ; si enfin elle est brûlante, elle fait tort à celui qui craint les grandes chaleurs. Sans entrer dans le détail de mille intempéries, il survient toujours quelque temps fâcheux pour certaines vignes.

Ainsi, en ne plantant qu'une espèce, si le temps qui lui est défavorable survient, nous serons privés de vendange, et il ne restera pas de ressource à celui qui n'aura pas cultivé plusieurs variétés ; tandis que si vous composons notre vignoble de plusieurs espèces, il y eu aura toujours quelqu'une de préservée, qui nous donnera ses fruits.

Toutefois ce motif ne doit pas nous déterminer à multiplier beaucoup ces variétés : réunissons la meilleure dans une quantité convenable ; puis celle qui en approche le plus, enfin une troisième ou même une quatrième qualité : alors contentons-nous de ce que nous appellerons ce quatuor d'élite. Il est bien suffisant de tenter la fortune par quatre chances de vendange ou par cinq tout au plus."

Cependant, l'auteur latin déconseille la complantation: "Les diverses espèces de vignes ne défleurissent pas en même temps, et leurs raisins ne parviennent pas ensemble à la maturité. Il en résulte que celui qui n'a pas fait de séparation, subira nécessairement un de ces deux inconvénients : ou il recueillera le fruit tardif avec le précoce, et alors le vin éprouvera de l'acidité, ou bien il attendra que le tardif soit mûr, et il perdra la vendange du hâtif qui, exposée à la voracité des oiseaux, au vent et à la pluie, ne peut guère échapper à ces trois fléaux. Si, au contraire, il s'attache à recueillir séparément les raisins de chaque variété, il faut qu'il s'attende à être trompé par les vendangeurs : car il n'est pas possible de donner à chacun d'eux des inspecteurs qui les observent et qui prescrivent de ne pas mêler le raisin vert avec le mûr". 

00:28 Écrit par Hervé Lalau dans Histoire, Italie | Tags : columelle | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

22 mars 2015

Il y a 200 ans… le vin de Napoléon

Il y a 200 ans, presque jour pour jour, le 20 mars 1815, Napoléon Bonaparte remontait sur le trône.

Trois semaines plus tôt, celui que la presse monarchiste appelait encore l’Ogre corse quittait l’Ile d’Elbe et débarquait à Golfe Juan. Phénomène amusant, au fil des jours et des ralliements, le ton changeait dans les journaux, l’usurpateur redevenant l’Empereur.

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20 mars 1815 , Rentrée de Napoléon aux Tuileries. Grav. sur bois d’après un dessin de Félix Philippoteaux

Paris fit même la fête à Napoléon.

Mais quelle était le vin préféré de Bonaparte? Un Champagne, en souvenir de ses jeunes années à Brienne?
Un Chianti, en souvenir de ses campagnes italiennes?
Ni l’un ni l’autre, mais le Chambertin, sans doute découvert à Auxonne par celui qui n’étant encore que Lieutenant d’artillerie, de 1788 à 1791.
 
Voila qui peut sembler flatteur pour l’illustre cru de Bourgogne.
Sauf que Napoléon le coupait d’eau! Sa recette: 50/50.
 
Les prix du Chambertin étaient pourtant encore loin de ceux d’aujourd’hui…

00:10 Écrit par Hervé Lalau dans Bourgogne, Champagne, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |