24 février 2014

Terroir, forcément terroir

Etonnante, la mention qui figure sur les étiquettes du Chardonnay "Naturae" (la gamme sans soufre et sans reproche de Gérard Bertrand).

"Le goût du terroir", promet le vin.

Naturae 2013 - Chardonnay.JPG

Si ma mémoire est bonne, la notion de terroir englobe a minima le sol, le climat, les cépages et les habitudes culturales.

Tout le monde peut donc en revendiquer un, même moi, dans mon jardin, à l'ombre de mon noisetier. Et le goût qui va avec.

Mais quand même, il s'agit d'un IGP Pays d'Oc. Nous n'avons pas plus de précision sur la provenance des jus, or l'aire de cet IGP est particulièrement vaste. Et rappelons que les IGP ne peuvent en théorie se réclamer d'un lien au terroir, seulement d'un territoire. Par ailleurs, le Chardonnay, à ma connaissance, n'est pas un enfant du pays.

Suffit-il de pas ne pas sulfiter pour obtenir "un goût de terroir" en IGP Pays d'Oc, avec un cépage venu d'ailleurs? Souffrez que je pose la question.

 

 

19:24 Écrit par Hervé Lalau dans France, Histoire, Languedoc, Pour rire | Tags : gérard bertrand, chardonnay, languedoc, igp | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

23 février 2014

Les tribulations du jaja en Chine (3)

Suite de notre feuilleton au fil de l'histoire du vin en Chine. Intéressons-nous cette fois à l'origine des vins dont nous parle la littérature chinoise. Mais s'agit-il bien de vin?

Ah, les vignes des oasis… et le vin de riz !

Le Juge Ti, toujours lui (voir les épisodes précédents) vante la qualité des vins doux de Tourfan (ou Tulufan), au Nord-Ouest du pays, sur la route de la Soie. Et plus généralement, de ceux des vignes des oasis. Ce qui nous confirme qu'il y a bien du vin de raisin en Chine, au moins en l'an 700.

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Vignes traditionnelles à Tourfan

Dans Mort d'un Cuisinier Chinois, un échanson vante le vin vieux de Guiji (ou Shao Xing), dans le Tché-Kiang. Les meilleures cuvées sont millésimées. On y fait aussi mariner des préparations à base de poisson.

On en élabore toujours aujourd’hui, du rouge, du sec, du moelleux et du doux. Mais attention ; la matière première n’est pas le raisin, mais le riz !

Il faut dire qu’en Chine ancienne (et même moderne), le nom de vin est attribué à bien des produits. Le Daqu de sorgho (millésimé, s'il vous plaît), parfois relevé de racine d'astragale, les vins de fruit, les vins d'Arak…

Si la connaissance des Chinois en matière de vin, au sens où nous l’entendons, prête à caution, ne nous méprenons pas: la consommation de produits moyennement alcoolisés (entre 8 et 20°) est intimement liée à la culture chinoise. Ils ne partent donc pas de zéro.

Bien sûr, de l'eau a coulé sous les ponts du Fleuve Jaune depuis l’époque des Tang. Plus récemment, ni le Grand Bond en avant, ni les Cent Fleurs, ni la Révolution culturelle n'ont été propices au vin en Chine. 

Qu'il soit considéré comme un simple produit alcoolisé susceptible d'abrutir le bon peuple, ou comme plaisir esthétique, donc élitiste, le vin n'a jamais vraiment été dans les bonnes grâces du régime de Mao. Au moins officiellement?

La suite dimanche prochain...

00:45 Écrit par Hervé Lalau dans Chine, Histoire | Tags : chine, feuilleton, vin & poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |