07 mars 2015

Dourakis Malvazia Aromatica Kudos 2014

La Malvoisie est un des cépages les plus intrigants qui soient. Ce nom désigne en effet une multitude de variétés qui n'ont pas toujours de parenté, ni génétique, ni de caractère. En Suisse ou en Loire, par exemple, c'est un synonyme pour pinot gris.

On trouve aussi de la Malvoisie dans les îles Lipari et à Madère.

Mais son origine est grecque. Monemvasia, dans le Péloponnèse, était un des grands ports d'exportation de vins à l'époque de la domination vénitienne. La prononciation italienne a donné Malvasia.

Au départ, il ne s'agissait donc pas d'un cépage en particulier, mais plutôt d'une provenance. Progressivement, cependant, les Grecs l'ont donné aux cépages entrant dans l'assemblage de ce qu'ils vendaient aux Vénitiens. Leur "best of", en quelque sorte.

En Crète, on en trouve de deux sortes: la Malvoisie de Candie (l'ancien nom de l'île) et la Malvasia (ou Malvazia) Aromatica. 

Plus important sans doute: elle coule toujours dans les verres.

Comme celle d'Antonis Dourakis, jeune vigneron dont le domaine se situe au Nord de l'île, entre Chania et Rethymnon.

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Ce fut une très belle surprise: un nez très expressif qui évoque le muscat, mais en plus délicat; du miel, de l'écorce d'orange, de l'amande fraîche; et en bouche, beaucoup de vivacité; du joyeux combat entre acidité et gras, c'est notre plaisir qui sort vainqueur, avec une finale assez saline. Un blanc de caractère!

00:12 Écrit par Hervé Lalau dans Grèce | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

05 mars 2015

Le mystère de la cruche à vin de Lavau

Les fouilles de Lavau, près de Troyes, ont révélé un trésor inestimable: la tombe d'un prince celte datant du 5ème siècle avant JC.  

Certains, parmi les objets mis au jour, représentent  cependant un casse-tête pour les archéologues. Il y a en effet plusieurs artefacts en bronze de facture grecque ou étrusque, liés au vin. Notamment une oenochoé comme on peut en trouver aux musées d'Athènes ou d'Héraklion, ou encore au Louvre.

Le hic, c'est que selon les experts, les habitants du Nord de la Gaule ne consommaient pas de vin à cette époque.

Se seraient-ils trompés? Le vin aurait-il conquis nos terres septentrionales plus tôt qu'on le pensait jusqu'à présent?

Ou bien ces objets étaient-ils achetés à des marchands grecs au titre de simples décorations? 

Ou bien encore le fait de posséder des objets apparemment inutiles, ou en tout cas très peu utilisés, donnait-il un surcroit de prestige au chef?

Une théorie consiste justement à dire que la valeur du présent placé dans la tombe était proportionnelle à sa rareté, et inversement proportionnelle à son utilité terrestre. A moins que nos ancêtres n'aient pensé honorer leurs morts les plus éminents en leur offrant une boisson divine, celle de Dionysos, de Bacchus et consorts... le vin.640px-Herakles_Olympos_Louvre_F116_full.jpg

Une oenochoé, ou cruche à vin, -520 avant JC

Seule une analyse précise de ce que l'oenochoé a effectivement contenu (si c'est encore possible) pourra répondre à ces questions.

Affaire à suivre, donc...

Plus d'info: Inrap - Institut national de recherches archéologiques préventives

 

 

13:37 Écrit par Hervé Lalau dans Europe, France, Grèce | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |