19 janvier 2011

Droits de plantations, la polémique continue... mais est-ce la bonne?

Trois ans après de vote de la nouvelle Organisation Commune des Marchés "Vin", ratifiée par tous les pays membres de l'Union Européenne, des voix se font toujours régulièrement entendre pour remettre en question une de ses mesures phare, la suppression des droits de plantation. Il faut dire que pour certains pays comme la France, ces droits font partie de l'histoire: ils datent du Front Populaire, ou pour s'en tenir au vin, à la création des AOC.

C'est là que commence à mon sens la confusion.

Libérer les plantations pour permettre aux Européens de lutter à armes égales avec leurs concurrents du Nouveau Monde, en produisant des vins à meilleur coût, à première vue, voila qui me semble bien vu. Ne serait-ce que pour répondre aux attentes des buveurs aux habitudes de consommation les moins sophistiquées, chez nous comme ailleurs. Je parle bien sûr des vins sans indication d'origine, des vins de cépage, des vins sur lesquels ne doivent peser qu'un minimum de contraintes, tant au plan des rendements qu'au plan du lieu de plantation.

Les contestataires ne sont pas directement concernés

Pourtant, qui conteste aujourd'hui la libéralisation des droits de plantation? Les organisations représentant les AOC, comme la CNAOC.

Voila qui est paradoxal: avec leurs ODG, leurs cahiers des charges, leurs contrôles qualité en amont, en aval, les AOC bénéficient pourtant sur le papier d'un bel arsenal pour contrôler la production.

Libéralisation ou pas, elles pourront continuer à fixer le rendement, les cépages, les méthodes culturales et de vinification. Rien ne les empêchera non plus de fixer de nouvelles délimitations géographiques, en clair, de restreindre leurs aires d'appellation. Cela demande du courage, bien sûr, mais c'est leur raison d'être, ou je me trompe?

Pincez-moi ou j'hallucine: ce sont donc ceux qui sont les moins concernés qui dénoncent! Voila qui me rappelle furieusement la querelle du rosé de coupage... Rappelez-vous, à l'époque, les AOC, qui pouvaient facilement continuer à exclure les rosés de coupage de leurs cahiers des charges, se sont mobilisées. Pourquoi? Mais parce que qu'elles craignaient de voir des producteurs se détourner d'elles: qui n'aurait pas été tenté de valoriser ses blancs en les teintant de rouge, à petit prix, même sans AOC?  Leur argument massue, celui de la préservation d'une prétendue qualité, n'était qu'un écran de fumée; ils mettaient en avant les Côtes de Provenance, (pardon, de Provence) mais seuls les vins sans indication de provenance étaient concernés. Et dire que le plus gros de la presse a marché dans la combine! 

Le raisonnement est le même aujourd'hui: la libéralisation des plantations ne fait peser aucune menace sur la qualité de la production des AOC, mais elle porte en germe une concurrence. Et soyons terre-à-terre: moins d'hectos en AOC, c'est moins de cotisations.

La CNAOC évoque déjà ses craintes de voir planter des vignes dans la plaine, là où elles n'ont pas leur place, selon elle. Au passage, c'est oublier (et faire oublier aux pauvres buveurs) que les AOC sont déjà dans la plaine, pour une bonne partie de leurs aires!

Que les AOC en reviennent à leurs fondamentaux!

Par ailleurs, regardons les chiffres; la part des AOC dans la production française n'a jamais cessé d'augmenter. ces 50 dernières années. Elle frise les 50%. C'est anormal. Comment une bouteille sur deux produite en France pourrait-elle prétendre être représentative d'un terroir et d'une origine! C'est là qu'est l'abus. Dans ce contexte, la libéralisation des plantations, ce n'est pas un danger qualitatif, c'est juste un danger pour la détestable rente de situation de ceux qui produisent insipide au sein des AOC, et malheureusement, aujourd'hui, en toute impunité.

Permettre le développement d'un autre type de produits, à moindre coût et hors AOC, aurait pourtant un avantage pour le consommateur: en concurrençant les productions à bas prix indignes des AOC, cela permettrait à celles-ci de renouer avec leurs fondamentaux: redevenir ce qu'ils n'auraient jamais dû cesser d'être, des pépinières de vins d'expression, de terroir, en un mot, le sommet de la pyramide de l'identité. Moins nombreux, sans doute, mais dignes d'arborer leur mention particulière à la face du monde.

Notez bien que je n'ai pas écrit le mot "qualité", car c'est un concept par trop trop subjectif, et qui n'a pas sa place ici. Dire d'une indication de provenance que c'est un signe de qualité (au sens de "meilleure qualité," tel qu'il est compris par le commun des mortels), c'est duper les consommateurs, sans parler des législateurs européens.

Ne sont-ils pas fatigués d'entendre la CNAOC et ses semblables évoquer la qualité à tout bout de champ quand celle-ci n'y est pas? Ni en termes d'identité, ni en termes de qualité absolue. L'origine n'est pas une garantie de qualité. On trouve même quelques contre-exemples fameux. Je veux parler de tous ceux, en Italie, en France, en Espagne, qui sont sortis des AOC pour produire meilleur ou en tout cas, s'affranchir de règles désuètes et non-qualitatives (l'obligation de mettre du blanc dans le rouge, par exemple, ou encore la longueur de l'élevage).

Qui a dit que les AOC ont le monopole de la qualité?

Je rappelle aussi qu'un des vins les plus prisés de l'Hémisphère Sud, l'Australien Grange, de Penfolds, que tout le monde prend pour un grand cru, est un assemblage des meilleurs parcelles de plusieurs appellations très distantes  et qu'à ce titre, s'il était français, il peinerait à décrocher l'AOC, ou alors, seulement une AOC régionale de type Bordeaux ou Bourgogne. Imagine-t-on en France que l'étendard vineux du pays n'ait qu'une AOC régionale, ou pas d'AOC du tout? Qu'on puisse assembler Château Margaux et Château Montus? Limoux et Meursault? Voila qui choquerait  notre esprit classificateur, notre besoin maladif de tout étiquetter. Et pourtant, rien de plus normal en Australie, où c'est la marque qui prime.

J'ai dégusté voici quelques semaines un chardonnay de Patriarche vendu comme Vin de France; il est produit en Languedoc mais ne le revendique pas (à moins qu'il n'y assemble un peu de Bourgogne). Il est excellent - plus fruité, plus gras, plus expressif, plus frais et plus typé que la plupart des blancs d'appellations communales de Bourgogne qu'il m'a été donné de goûter au cours de la même semaine lors d'une dégu d'In Vino Veritas. Il faut dire que le millésime (2008) était difficile. Mais si l'on va jusqu'au bout de la démarche prétenduement qualitative soutenue par la CNAOC, on finit pas se demander s'il fallait déclarer en AOC un millésime aussi médiocre dans cette région!

Je sais, je pousse le bouchon un peu loin. Mais ce n'est pas moi qui prétend vouloir assurer la qualité totale!

Un autre type de viticulture

N'étant ni eurocrate ni producteur, dont en aucune façon expert, je suis bien sûr ouvert à la discussion. Mais sans faux semblants.

J'aimerais déjà qu'on m'explique les vrais enjeux de cette libéralisation des plantations pour l'économie viticole, en mettant de côté les arguments prétenduement qualitatifs. La CNAOC évoque le danger de l'arrivée de gros opérateurs pour le tissu viticole français, déjà si affaibli. C'est une éventualité. On ne peut pas l'exclure.

Mais cela pose un autre type de problème. Dans un contexte de baisse de la consommation française, et de stagnation de la consommation mondiale, j'ai du mal à concevoir, que des investisseurs se lancent à corps perdu dans des plantations dont la production ne pourrait que grossir des excédents, à moins bien sûr qu'ils ne gagnent des parts de marché sur des producteurs existants. Au sein des AOC, notamment. Surtout si celles-ci n'apportent pas un plus en termes d'identité. Mais est-ce à la Commission Européenne de privilégier les producteurs existants au détriment des producteurs potentiels, elle qui compte en son sein un commissaire à la concurrence? Est-ce à elle décréter ce que le consommateur veut boire?

Et n'est-ce pas une solution à courte vue que d'empêcher les gros opérateurs de grossir chez nous, au risque de voir leurs concurrents le faire ailleurs? Ou même, de voir nos opérateurs délocaliser sous des cieux plus accueillants, à l'image d'un Pernod Ricard, groupe français qui n'a pas de vigne en France, mais poids lourd du vin aux Antipodes...

Les tenants du statu quo nous disent benoîtement que c'est notre modèle de viticulture à visage humain qui est en jeu. Je serais plus convaincu si ce modèle permettait réellement à nos petits vignerons de vivre, en l'absence de débouchés, en l'absence de ce que les anglo-saxons appellent l'unique selling proposition. Quand le  tonneau de Bordeaux  est coté en dessous du prix de revient, peut-on dire que Bordeaux est encore un nom qui faire vendre? Et les faillites ont-elles un visage humain? S'il est un autre modèle de viticulture qui permet aux bons viticulteurs de vivre mieux, en faisant apparaître plus clairement la distinction entre vin industriel et vin d'auteur, je suis preneur.

Qu'on m'explique aussi pourquoi il faudrait déjà revenir sur l'OGM vin avant même qu'elle ne s'applique pour les droits de plantation. La France ayant obtenu un délai jusqu'en 2018, s'il y a renégociation, l'accord passé en 2008 aura été un jeu de dupes.

Accessoirement, qu'on m'explique pourquoi le projet initial a déjà été sérieusement édulcoré - j'emploie ce mot à dessein, car vous vous rappellez sans doute que dans sa version initiale, il prévoyait l'interdiction de la chaptalisation - une idée qui semblait pourtant à la fois aller dans le sens de l'authenticité, de la maîtrise des volumes et de la qualité, mais que les AOC n'ont guère soutenue, à l'époque.

Protection, ou handicap?

Mais restons en là: après Mme Merkel, le président Sarkozy vient de se prononcer pour le maintien des droits de plantation. La messe est dite. L'Elysée a tranché: surtout ne touchons à rien. Après tout, M. Sarkozy ne boit pas.

Il ne reste qu'un espoir pour les partisans du changement: qu'une majorité de pays de l'Union continue à soutenir l'OGM vins, et ne le laissent pas détricoter. Ce n'est pas gagné d'avance, tant ces sujets sont propices au marchandage. Je crains fort qu'il me faille avaler cette couleuvre-là aussi.

Alors, faisons contre mauvaise fortune bon coeur: samedi, je pars en Afrique du Sud. Un pays où l'apartheid a été aboli, et où l'on plante ce qu'on veut, où l'on veut. Où les aides à l'exportation sont très faibles, où l'Etat ne subventionne plus grand chose, où la distillation de crise est inconnue, et où, par voie de conséquence, on ne produit à peu près que les vins qu'on est sûr de pouvoir vendre. Coïncidence, en moyenne, ils sont plus que corrects. Un peu techno, pour beaucoup, mais loyaux et marchands. Pas sûr qu'à l'étranger, tous les consommateurs sachent situer Robertson par rapport à Worcester. Ici, les marques sont souvent plus fortes que les appellations. Logique: seuls une minorité de producteurs revendiquent vraiment un terroir. Mais quand ils le font, c'est le plus souvent justifié. La pyramide de l'identité qu'on nous vante en France, avec les bons terroirs tout en haut, n'est souvent qu'un leurre; ici, pourtant, elle retrouve un sens.  Est-ce un hasard si ce pays a vu ses surfaces de vignoble augmenter de 20% en dix ans, et le nombre de ses caves tripler dans le même temps?

Ces chiffres devraient faire réfléchir nos gouvernants et nos vignerons: nos protections, nos barrières, nos interdits nous protègent-ils vraiment ou nous handicappent-ils?

 

 

 

 

10 décembre 2010

C’est la saison des bulles pas pâles

Le grand retour de l'ami Eric Boschman, avec sa sélection de bulles de tous horizons... tiens, sauf la France, cette fois.

"Et même s’il s’en va tiquant, le consommateur se délecte de plus en plus des effervescences planétaires. C’est que la bulle s’est mondialisée ces dernières années.

C’est grâce à la maîtrise presque absolue du processus d’élaboration que les choses bougent si bien et vite depuis une grosse décade. Quand je dis presque, c’est juste parce qu’il reste encore quelques cochonneries effervescentes en vente libre, mais le progrès est en marche, et, surtout, la sanction du marché est généralement sans appel. Même si nous sommes souvent panurgiens (ou panurgiques, allez savoir) dans nos comportements de consommations, il s’avère que les vins les plus médiocres ne se maintiennent en vie que grâce à quelques failles spacio-temporelles provisoires. C’est quand même une bonne nouvelle. Mais n’allez pas pour autant croire que tout soit rose au pays des bisounours; le monde du vin n’a jamais été autant globalisé qu’aujourd’hui. Le goût, cette fameuse affaire définitivement indéfinissable, n’a jamais autant été formaté de par le vaste monde. Surtout si l’on consomme des vins à base de variétés internationales. Au bout du compte ce qui différencie un chardonnay premier prix (on ne dit jamais bas de gamme dans ce monde) d’Australie d’un chardonnay premier prix chilien, à part les couleurs de l’étiquette, c’est le prix et puis c’est presque tout. il en va de même pour les vins effervescents courants. D’autant plus que la technique dite de la méthode traditionnelle, que vous connaissiez mieux sous le nom de méthode champenoise*, a une certaine tendance à unifier les saveurs des vins.

Les vins qui piquent sur la langue ont le vent en poupe, surtout dans le dernier trimestre de l’année, même si en Belgique il s’en consomme plus de quinze millions de bouteilles chaque année. C’est que chez nous tout est prétexte à décoincer la bulle, le petit n’a que douze échecs ? vas-y fait péter ! Bart n’est plus triste parce que l’on se moque de lui dans le Soir ? Ouvrons vite deux boutanches ! Il n’y a pas que les sapins qui attirent les vins qui moussent. Les spécialistes de la question s’esbaudissent rien qu’a la vue des statistiques du marché national. A voir l’explosion de consommation du Cava chez nous en moins de dix ans, alors que rien de particulier n’a été fait par les producteurs, on peut se dire que les nos ressources sont inépuisables. Même si cette mode ne concerne que le Nord du rideau de pommes de terre ou presque, avec plus de quatre-vingt cinq pour cent des ventes, alors que le Sud reste nettement plus fidèle au Champagne.

A voir les prix des ces deux boissons, il y a de quoi se poser quelques questions quand a ce que nous racontent les économistes. A moins que ce ne soit tout simplement tout l’argent noir de la Wallonie qui ne se transforme en bulles. Quoi qu’il en soit, il est temps d’entre dans le vif du sujet, des vins de différents horizons, de différents cépages, pays, parfums, bref des vins d’un peu partout pour vous cette semaine. Oui, on élabore des bulles de qualité sur au moins cinq continents, mais si vous voulez vous faire frissonner les neurones, il faut faire un petit effort. L’accès à l’orgasme dévastateur demande un peu de travail, ne fut ce que de préliminaires. Après les fabuleux conseils du docteur Ruth, voici les avis du docteur Burp !

*Lorsqu’il s’agit de vin qui pétille, tout ce qui a rapport au champagne, s’il ne s’agit pas de champagne est totalement interdit de mention. Un peu comme dans Happy Ploteur, celui dont on ne peut pas dire le nom. Donc, même la méthode d’élaboration, qui est pourtant tout à fait la même, voire qui est développée par de grandes maisons de Champagne à travers le monde, ne peut être nommée champenoise. C’est un peu compliqué, mais dans un vin où le marketing entre en ligne de compte pour une grande partie du prix de vente final, il est fondamental de boucler complètement son image.


Perles de Sambre « Le Coude à Coude » 100% Chardonnay (Belgique) Mig’s 12,5 €

Indéniablement l’étiquette la plus moche du monde, le genre de bouteille que l’on conseille a ceux qui souhaitent arrêter de boire. Mais s’ils cessent, c’est qu’ils se limitent au plumage et ne sont pas vraiment interêssé par le ramage, parce que là, franchement, c’est une belle illustration du potentiel qualitatif national lorsqu’il s’agit de bulles. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais c’est dans la lignée de l’illustre Ruffus du domaine des Agaises. Une bulle de fête qui, si on cache la bouteille, en bluffera plus d’un par son élégance et sa finesse.

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Amalia Brut (Grèce) Canette 11,60 €

Ce vin, issu du cépage moschofilero à 100%, est le reflet du progrès technique des vins effervescents dans des régions nouvelles, ou, a tout le moins récentes pour la production de ce type de produit. La bulle est fine, régulière, le nez est très floral, marqué par un côté tilleul et cognacier. La bouche est bien vive, avec une petite touche de rondeur en milieu de palais et une belle fin relevée par une touche d’amertume. Ce qui donne une belle longueur toute en élégance. Un vrai chouette vin, parfait pour accompagner quelques ruines, une ou deux colonnes doriques, voire, mais aux beaux jours seulement, une corinthienne.



greekchampagne.jpgConde de Vimioso (Portugal) Sol Ar 10 €

Une grosse tendance au Portugal depuis cinq ans que la bulle. Malgré la crise économique grave que vit le pays, les prix restent stables et raisonnables. Ce vin est une très très belle réussite, une de plus belle bulle produite dans le coin depuis longtemps. C’est fin, peu dosé, délicat en bouche et plutôt floral. La bouche est bien structurée, on a l’impression de mordre dans du fruit frais, avec un beau gras. C’est une bulle qui accompagnera un disque de fado non millésimé ou encore un peu de fromage de brebis de Serra d’Estrela avec juste un peu de pain de maïs et hop et hop.

Borgoluce Prosecco di Valdibiane (Italie) Winery 10 €

Dans les bulles ritales, il y a bulles et bulles, surtout lorsqu’il s’agit de prosseco. Il n’y a qu’a confier sa vie et son foie à l’un ou l’autre restaurateur pour s’en rendre compte. Combien de saleté digne d’une nuit de bunga bunga silviesque pour un vin digne de ce nom ? Mais quand c’est digne, c’est digne d’un don du ciel ! Celui qui vient est tout en légéreté, en élégance et en finesse. C’est presque de la dentelle tant c’est fin et léger. Parfait pour arroser un soir d’élection et de victoire des bons, ou encore pour fêter le premier rayon de soleil qui pointera son nez dans les prochaines semaines.

Jane Ventura «Reserva de la Musica» Cava (Espagne) Winery 9 €

Comme pour le Prosecco, il y a cava et cava. Et même que parfois cava pas du tout, c’est même du genre qui déchire mais pas en bien. On s’en souvient un peu partout dans l’organisme. Mais quand les producteurs bossent bien, c’est le genre de vin qui fait plaisir longtemps. Ce vin est marqué au départ par le côté un peu rôti du Xarel-lo, un de ses trois cépages. La bouche est un rien crémeuse, ronde, avec des notes de noisette et de torrefaction en fond. C’est bien balancé et, surtout peu dosé ce qui tend le vin et le rend fort agréable à la dégustation. A boire avec les deux oreillettes et la queue. Quoi que pour accompagner une jeune paella sauvage, c’est encore faisable.

Bird in Hand Pinot Noir Adélaïde Hills (Australie) Aux sens larges. 9€

Nos amis qui vivent la tête en bas sont un peu favorisés lorsqu’il s’agit d’élaborer des méthodes traditionnelles. En effet, vu leur position, il est plus facile pour eux de mettre les bouteilles sur pointe pour le vieillissement des populations de levures. Cela dit, ceci n’explique pas tout, car en plus dans ce cas précis, le vin est super bien fait, avec une touche de rondeur qui fait plaisir a boire. On est dans le gras, dans le fruité, mais toujours brut hein. C’est mûr en fait. Pour accompagner un koala sevré de son eucalyptus ça le fait, ou alors un crocodile à l’écossaise, comme on le fait à Dundee, c’est assez top.

Santa Julia Extra Brut (Argentine ) Mig’s 10€

L’Argentine vient, il y a peu de proclamer très sérieusement que le vin était sa boisson nationale. C’est vrai qu’à Mendoza, au pied de la Cordillère des Andes, a plus ou moins quinze cent mètres d’altitude, tout est réuni pour élaborer de grands vins, dans toutes les couleurs. Et chez Santa Julia, on ne badine pas avec l’amour ni avec la qualité. S’il fallait un genre de maître à chats pour cette fois on pourrait dire que c’est celui-ci. J’ADORE véritablement, c’est bon, un peu court comme les extra bruts peuvent l’être, mais c’est super net, tendu comme une corde de violon et plein de matière. Et puis, on vous le confirmera souvent, ce n’est pas la longueur qui compte. Pour accompagner un civet de vigogne, voire, pour les chanceux, à l’apéritif avec madame Kirchner, c’est le top !


Prosecco « Ita » Treviso (Italie)   Mig’s 8 €

Si vous avez de la chambre, heu, pardon de la chance, vous savez ou se trouve le TRéviso à Bruxelles. Si pas, rendez-vous donc rue de la longue haie et vous saurez. Lors de votre prochain passage dans le quartier, munissez vous d’une de ces bouteilles, pour faire plaisir à votre accompagnatrice, ou teur, c’est selon, attention au supplément de 15 € pour la troisième personne. Bref, c’est un vin qui donne envie de faire la fête, de s’amuser et déguster sans se casser la tête. Il ne pose pas de question, mais il donne bien du plaisir. Son attaque est souple, tranquille. Il évolue vers des notes de fruits blanc, d’ananas et de poire mûre. Mais c’est juste le nez. La bouche est pleine, bien ronde avec une longueur moyenne. La fin est marquée par une petite touche pomme verte bien rafraîchissante".


Adresses :

Ces vins proviennent de cavistes. Il y a de plus en plus de bons cavistes près de chez vous, le phénomène gagne du terrain, n’hésitez pas à les contacter pour savoir s’ils peuvent vous procurer ces flacons. S’ils sont bons, ils feront le geste. Sinon, il ne vous restera plus qu’à vous adresser à ceux-ci. 

Canette
28, Rue De Witte De Haelen - 1000 Bruxelles -Tel : 02 223 13 82

Aux sens larges, route de Namur 156  4280 Avin (Hannut)
Tel : 019 69 60 51

Mig’s
Chaussée de Charleroi 43 1060 Bruxelles Tel 02 534 77 03

The Sol Ar
52 Avenue Brugmann 1190 Bruxelles. Tel : 0476 81 29 98

The Winery
Place G. Brugmann, 18 - 1050 Bruxelles - Tel : 02 345 47 17