13 octobre 2008

Grande-Bretagne: les prix des vins plongent

Si j'en crois mon confrère britannique Tim Atkin (Off Licence News), la revente à perte se généralise dans les rayons vin de la distribution britannique. Et ce n'est pas la crise financière qui devrait arranger les choses.

Atkin cite le cas d'Aldi, qui offrait dernièrement un Barolo 2004 à 6,99 livres, quand l'acheteur d'Aldi lui même avoue que le vin devrait être vendu à 9,99 livres pour que la vente soit rentable. Mais ce n'est qu'un exemple: le Rioja Reserva à 4,99 n'est pas moins étonnant.

La recette semble réussir au hard discounter allemand: ses ventes auraient augmenté de 50% en juillet et de 61% en août.

Pas étonnant que les autres distributeurs lui aient emboîté le pas: chez Sainsbury, les vedettes de la rentrée étaient 27 vins vendus en dessous de 4 livres, dont trois en dessous de 3 livres. Retirez la bouteille, le transport, l'entreposage, les taxes et les accises (conséquentes, au Royaume-Uni)... et il ne reste plus rien.

 

tesco

 

Le n°1 de la GD anglaise, Tesco, n'est pas en reste, il propose en dégustation dans ses magasins, en ce mois d'octobre, 20 vins à moins de 4 euros. On les trouve aussi sur son excellent site Tesco Wine Club.

Rien que du bonheur pour le consommateur de Sa Gracieuse Majesté? A court terme, sans doute. Mais si les distributeurs british perdent de l'argent sur ces vins, c'est qu'ils en gagnent sur autre chose. Peut-être sur les sandwiches organiques, ou bien sur les lessives liquides...

Et puis, les cavistes britanniques souffrent: ils n'ont pas d'autres produits sur lesquels sur rattraper - sauf peut-être les tire-bouchons, mais avec la vogue de la capsule à vis, ce sera bientôt du passé. Ils ne peuvent donc proposer de telles "affaires", et leurs clients habituels les désertent.

Au fait, la vente à perte, ou dumping, n'est-elle pas interdite en Grande-Bretagne, comme en France ou en Belgique? Les distributeurs anglais ne doivent-ils pas pouvoir prouver, factures à l'appui, qu'ils ne vendent pas au dessous de leur prix d'achat?

La réponse est non. Car il n'y a plus de loi sur la revente à perte en Grande-Bretagne, juste un vague critère de "prix raisonnable". L'Office of Fair Trading, qui contrôle les pratiques commerciales, semble favorable à tout ce qui qui contribue à abaisser les prix. La seule véritable interdiction concerne les pratiques visant à s'attribuer un monopole, en évinçant la concurrence par des prix trop bas. On pourrait discuter ce point, arguant que les prix cassés des différents opérateurs de la GD pourrait contribuer à éliminer les cavistes du jeu concurrentiel. Mais je ne miserai pas mon modeste revenu sur les chances d'un avocat, même brillant, et par là même onéreux, face à la GD britannique.

 

 

 

05:00 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

04 juillet 2008

Wine for fuel

Les vins anglais sont si bons... qu'ils fournissent la famille royale d'Angleterre.

Je veux dire, le réservoir de la voiture du Prince Charles. En bon écolo qu'il est, celui roule en effet à l'English wine (ou au moins, au surplus d'English wine).

On aurait pu penser que les producteurs anglais seraient flattés... pas du tout. Ils supportent mal que l'on puisse insinuer qu'il y a des surplus de leurs nectars.

Bon prince, Charles a fait diffuser par sa Maison un communiqué stipulant "qu'il s'agissait de vin qui n'était plus adapté à la consommation humaine, car ayant été stocké trop longtemps".

Certains sceptiques poseront cependant la question qui dérange: "mais comment peut-on stocker trop longtemps des vins d'aussi glorieuse origine, et qu'on devrait avoir tant de plaisir à boire rapidement...?".

Amis Anglais, vous ne vous privez pas de mettre les producteurs étrangers devant leurs contradictions. Vous n'êtes pas les derniers, par exemple, à moquer leurs sempiternels communiqués de millésimes exceptionnels, leurs "arrangements" avec la législation, ou les prix exorbitants de leurs Crus Classés. Il vous arrive même de dénoncer avec beaucoup d'humour le système des AOC. Et vous avez raison.

Alors, maintenant que vous êtes aussi producteurs, laissez nous rire à notre tour...

17:34 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |