17 octobre 2008

Achats en primeur: méfiez vous des attrape-gogos!

Nos amis britanniques sont très actifs dans la dénonciation des fraudes aux appellations dans les régions de production. Certains d'entre eux dénoncent même le système dans son ensemble.

D'autres, Outre-Manche, semblent pourtant y trouver leur compte, comme ces maisons d'importation en primeur qui encaissent les chèques de leurs clients intéressés par la bonne affaire sur quelques grands crus classés, mais ne les commandent pas.

Dernier exemple en date cité par notre confrère Jim Budd: International Wine Commodities, société du vert comté de Hertford, qui a fait l'objet la semaine dernière d'une descente de police en bonne et due forme.

Il faut dire que la boîte, toute jeune, avait de sérieuses références: un de ses administrateurs était également administrateur d'une autre firme d'achats en primeurs, la Bordeaux Wine Trading Company, qui fait l'objet d'une enquête pour 750.000 livres de commandes encaissées, mais non livrées... et non commandées.

Un client averti en vaut deux.

10:00 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 octobre 2008

Grande-Bretagne: les prix des vins plongent

Si j'en crois mon confrère britannique Tim Atkin (Off Licence News), la revente à perte se généralise dans les rayons vin de la distribution britannique. Et ce n'est pas la crise financière qui devrait arranger les choses.

Atkin cite le cas d'Aldi, qui offrait dernièrement un Barolo 2004 à 6,99 livres, quand l'acheteur d'Aldi lui même avoue que le vin devrait être vendu à 9,99 livres pour que la vente soit rentable. Mais ce n'est qu'un exemple: le Rioja Reserva à 4,99 n'est pas moins étonnant.

La recette semble réussir au hard discounter allemand: ses ventes auraient augmenté de 50% en juillet et de 61% en août.

Pas étonnant que les autres distributeurs lui aient emboîté le pas: chez Sainsbury, les vedettes de la rentrée étaient 27 vins vendus en dessous de 4 livres, dont trois en dessous de 3 livres. Retirez la bouteille, le transport, l'entreposage, les taxes et les accises (conséquentes, au Royaume-Uni)... et il ne reste plus rien.

 

tesco

 

Le n°1 de la GD anglaise, Tesco, n'est pas en reste, il propose en dégustation dans ses magasins, en ce mois d'octobre, 20 vins à moins de 4 euros. On les trouve aussi sur son excellent site Tesco Wine Club.

Rien que du bonheur pour le consommateur de Sa Gracieuse Majesté? A court terme, sans doute. Mais si les distributeurs british perdent de l'argent sur ces vins, c'est qu'ils en gagnent sur autre chose. Peut-être sur les sandwiches organiques, ou bien sur les lessives liquides...

Et puis, les cavistes britanniques souffrent: ils n'ont pas d'autres produits sur lesquels sur rattraper - sauf peut-être les tire-bouchons, mais avec la vogue de la capsule à vis, ce sera bientôt du passé. Ils ne peuvent donc proposer de telles "affaires", et leurs clients habituels les désertent.

Au fait, la vente à perte, ou dumping, n'est-elle pas interdite en Grande-Bretagne, comme en France ou en Belgique? Les distributeurs anglais ne doivent-ils pas pouvoir prouver, factures à l'appui, qu'ils ne vendent pas au dessous de leur prix d'achat?

La réponse est non. Car il n'y a plus de loi sur la revente à perte en Grande-Bretagne, juste un vague critère de "prix raisonnable". L'Office of Fair Trading, qui contrôle les pratiques commerciales, semble favorable à tout ce qui qui contribue à abaisser les prix. La seule véritable interdiction concerne les pratiques visant à s'attribuer un monopole, en évinçant la concurrence par des prix trop bas. On pourrait discuter ce point, arguant que les prix cassés des différents opérateurs de la GD pourrait contribuer à éliminer les cavistes du jeu concurrentiel. Mais je ne miserai pas mon modeste revenu sur les chances d'un avocat, même brillant, et par là même onéreux, face à la GD britannique.

 

 

 

05:00 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |