10 mars 2009

Vin & Santé: l'avis de David Cobbold

Sur le site de l'APV, mon confrère et ami David Cobbold (www.eccevino.com),  s'exprime à son tour sur la polémique qui fait rage en France, à propos du vin et de la santé. Son point de vue de sujet de sa Gracieuse Majesté vivant en France est non seulement intéressant, mais joliment tourné.

"La manière dont une bonne partie de la classe dirigeante de la France semble traiter le vin est une constante source d'étonnement pour un observateur d'origine étrangère comme moi. Je vis depuis 35 ans en France et je m'estime totalement intégré dans ce pays (sauf lors des matchs France/Angleterre et rugby à XV), mais j'arrive aussi à conserver un peu du regard du «découvreur de mœurs», tel que Montesquieu l'adoptait dans ses Lettres Persanes.


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David Cobbold


Les dernières annonces faites par le Ministère de la Santé et par d'autres antennes clairement guidées par le puissant lobby hygiéniste (lobby qui semble avoir le vent en poupe, grace à nos impôts) ne sont que les derniers avatars d'une longue série que je ne vais pas résumer ici, mais elles font un peu froid dans le dos ! Et on attend, en vain jusqu'à présent, une riposte des ministres de l'Agriculture ou du Commerce Extérieur. Dans un pays dont le déficit commercial est bien mieux comblé par les exports de vins et spiritueux que par tout autre produit sauf l'Airbus (et ce dernier bénéficie à deux autres pays), je suis étonné par le nombre de balles que les gouvernants tirent dans les pieds des vignerons, grands ou petits. Entre les défenseurs d'une consommation raisonnable et modérée (en existe-t-il d'autres de nos jours ?), et ceux qui considèrent l'alcool, sous toutes ses formes, comme aussi dangereux que l'héroïne, nous assistons depuis des années à une sorte de bataille de statistiques, où les études sur les liens complexes entre consommation d'alcool et santé sont utilisées, dans les deux sens, commes des obus. Cela me rappelle la remarque d'un célèbre Premier Ministre britannique de la fin du XIX ème siècle qui disait : « il y a trois formes de mensonges : les mensonges, les foutus mensonges, et les statistiques. La troisième catégorie est la pire. » Trop souvent on fait dire ce qu'on veut à des études lorsqu'on veut absolument prouver quelque chose. Le vrai problème est que, dans ces annonces censées frapper l'esprit de la population, on pratique allègrement non seulement une interprétation des chiffres qui ne déclare pas son parti-pris, mais aussi l'amalgame et l'approximation. Il suffit de se référer à la présentation de Bernard Burtschy pour aller un peu plus loin dans la compréhension de ce scandale.

Devant tant de généralités, je suis tenté de recourir à de l'anecdote sous forme de statistique personnelle. Celle-ce étant, bien entendu, totalement non-représentative, et n'ayant de toute façon rien à voir avec la population frnaçaise.

Mes grands pères ont atteint les âges de 94 et de 87 ans. Mon père a atteint l'âge de 85 ans. Les trois buvaient régulièrement du vin et des spiritueux, sans se rouler sous la table. Aucun n'est mort d'un cancer. J'ai 62 ans et je bois régulièrement du vin (très peu de spiritueux, par goût). Je pratique du sport à raison d'au moins 4 heures par semaine. Je n'ai eu aucune maladie grave jusqu'à présent et je me sens en pleine forme. Je n'ai donc aucune raison objective de cesser de consommer une boisson qui me donne beaucoup de plaisir, me fait voyager (au propre comme au figuré), me donne l'occasion de rencontrer des gens et des cultures variées, d'échanger et d'apprendre des choses, de me faire des amis, d'avoir des passions : en somme, de vivre pleinement. Les pamphlets du ministère de la santé me laissent totalement froid et plus que sceptique.
Tout ceci constitue à mes yeux un gigantesque paradoxe français. Ce pays du «bon vivre», de la convivialité, de la gastronomie et des bons vins est-il soudainement pris de honte devant tant de bonheur ? Les Italiens disent "heureux comme Dieu en vacances en France". Est-ce que l'avion aurait été dérouté? Mais il faut aussi se rappeller que la France est aussi championne de la consommation d'anxiolitiques, et très bien placée (peut-être même championne) dans le nombre d'implantations de restaurants de «mal-bouffe». Combien d'études sur les effets néfastes sur la santé de ces deux phénomènes ?

Enfin, à quand un peu de bon sens dans cette manie de faire peur aux gens qui n'en ont pas vraiment besoin ? Revenons à nos statistiques. Il est statistiquement prouvé que 100% des gens qui respirent meurent. Faut-il cesser de respirer ?

David Cobbold

07:03 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : sante, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

12 novembre 2008

Pardon your French

Voici un joli communiqué reçu d'une excellente RP britannique, Judith Hurrell, qui me met en joie par son côté très British et décalé. Presque Monty Pithonesque, si vous voyez what I mean...


Hereford beef, Cheshire cheese; you do your best to support the homeland. But when it comes to wine, you’re secretly très unpatriotic. Call yourself a traitor, but you’ve always thought a glass of something French with Le Rosbif adds certain je-ne-sais-quoi.

Your latest faux pas came when you were stocking up on mince pies in Waitrose. You spotted some Bouchard Père & Fils Fleurie 2007 while it was down from £9.99 to £7.99 in December. Mon Dieu! You grabbed a case.

A trip to Majestic found you stocking up on E. Guigal Côtes du Rhône Rouge 2004/05 while it was down from £8.99 to £6.99; perfect for all those pre-Christmas soirées. And for the big day itself, a bottle of E. Guigal Gigondas 2004 (down from £13.99 to £11.99) was a fait accompli.

And if the locals complain? You don’t give a crêpe.



For further press information, please contact:
Judith Hurrell
John E Fells & Sons Ltd, Fells House, Prince Edward Street, Berkhamsted HP4 3EZ
Tel: 01442 870900 Fax: 01442 878555 Email: JH@fells.co.uk

17:36 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |