28 mars 2009

Avis aux producteurs

Mon copain anglais Jim Budd (vous savez, Jim's Loire) s'est fait une spécialité de la traque des arnaqueurs - et notamment, de ces agents, négociants ou hôteliers plus ou moins imaginaires qui commandent du vin mais ne le paient jamais. Plusieurs noms reviennent récemment comme Nathan Green, Nicolas Garner, ou encore Eric Thorman.

A titre d'exemple, voici un des derniers messages diffusés par le dénommé Nathan Green:


Cher Mr/Mme,

Notre hôtel est très intéressé par vos vins. Nous aimerions avoir de plus amples informations concernant vos modes de paiements entreprise (30 ou 60 jrs), si vous exportez vers l'Angleterre et vos tariffs.

N'hésitez pas a me contacter si vous avez besoin d'informations

Nathan Green
Sourcing Manager
Tel:00447946649687
Fax:00447092867900


Un autre, le Sieur Rubell, prétend travailler pour le célèbre marchand londonien Berry Brothers:


From: rubellpeter [mailto:rubellpeter@azet.sk]
Sent: mercredi 25 mars 2009 20:48
To: rubellpeter
Subject: Achat de vos vins

Cher monsieur,

Suite à une visite sur votre site, nous avions eu l'occasion de prendre connaissance de vos activites.

Nous sommes de ce fait intéressé par un partenariat avec vous en tant que fournisseur exclusif sur l'Angleterre et en Ecosse concernant la distribution de vos vins.

Etant basé au Royaume Unis, nous voulions savoir si vous faites de la vente à l'export.

Nous sommes donc dans l'attente de votre réponse de sorte à passer d'éventuelles commandes que nous livrerons dans des complexes hôteliers, des restaurants, des casinos et des bars, mais aussi dans des grandes surfaces.

Nous vous signifions que nous disposons d'un numéro d'accise et tva pour l'enlèvement par notre transporteur à notre charge.

Merci de nous indiquer votre mode de règlement vu le fait que nos règlements se feront à 30 jours fin du mois.

Nous somme dans l'attente par conséquent de vos différents tarifs départ - cave tout en vous demandant de bien vouloir nous répondre sur ma boite électronique qui est rubellpeter@yahoo.co.uk en nous confirmant votre accord pour votre mode de règlement.

Merci et bonne réception.

Manager
Peter Rubell

Berry Brother's & Rudd
BB&R Limited,
3 St. James’s Street
London SW1A 1EG
United Kingdom
44 (0)870 900 4300
Company Registration Number: 5492886
VAT Number: 872 5765 85
Data Protection Register: Z9367033
TEL : 00447 035 982 493
FAX : 00447 092 858 102


Un indice: les numéros de téléphone mentionnés sont toujours des portables, et les adresses email, difficiles à tracer.

Amis producteurs, un vendeur averti en vaut deux...


PS. Jim met aimablement à votre disposition l'adresse email (tout à fait officielle, celle-là), du policier britannique en charge des plaintes des victimes:

paul.cheadle@met.police.uk

11:09 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (12) | | | |

10 mars 2009

Vin & Santé: l'avis de David Cobbold

Sur le site de l'APV, mon confrère et ami David Cobbold (www.eccevino.com),  s'exprime à son tour sur la polémique qui fait rage en France, à propos du vin et de la santé. Son point de vue de sujet de sa Gracieuse Majesté vivant en France est non seulement intéressant, mais joliment tourné.

"La manière dont une bonne partie de la classe dirigeante de la France semble traiter le vin est une constante source d'étonnement pour un observateur d'origine étrangère comme moi. Je vis depuis 35 ans en France et je m'estime totalement intégré dans ce pays (sauf lors des matchs France/Angleterre et rugby à XV), mais j'arrive aussi à conserver un peu du regard du «découvreur de mœurs», tel que Montesquieu l'adoptait dans ses Lettres Persanes.


DCobb280

David Cobbold


Les dernières annonces faites par le Ministère de la Santé et par d'autres antennes clairement guidées par le puissant lobby hygiéniste (lobby qui semble avoir le vent en poupe, grace à nos impôts) ne sont que les derniers avatars d'une longue série que je ne vais pas résumer ici, mais elles font un peu froid dans le dos ! Et on attend, en vain jusqu'à présent, une riposte des ministres de l'Agriculture ou du Commerce Extérieur. Dans un pays dont le déficit commercial est bien mieux comblé par les exports de vins et spiritueux que par tout autre produit sauf l'Airbus (et ce dernier bénéficie à deux autres pays), je suis étonné par le nombre de balles que les gouvernants tirent dans les pieds des vignerons, grands ou petits. Entre les défenseurs d'une consommation raisonnable et modérée (en existe-t-il d'autres de nos jours ?), et ceux qui considèrent l'alcool, sous toutes ses formes, comme aussi dangereux que l'héroïne, nous assistons depuis des années à une sorte de bataille de statistiques, où les études sur les liens complexes entre consommation d'alcool et santé sont utilisées, dans les deux sens, commes des obus. Cela me rappelle la remarque d'un célèbre Premier Ministre britannique de la fin du XIX ème siècle qui disait : « il y a trois formes de mensonges : les mensonges, les foutus mensonges, et les statistiques. La troisième catégorie est la pire. » Trop souvent on fait dire ce qu'on veut à des études lorsqu'on veut absolument prouver quelque chose. Le vrai problème est que, dans ces annonces censées frapper l'esprit de la population, on pratique allègrement non seulement une interprétation des chiffres qui ne déclare pas son parti-pris, mais aussi l'amalgame et l'approximation. Il suffit de se référer à la présentation de Bernard Burtschy pour aller un peu plus loin dans la compréhension de ce scandale.

Devant tant de généralités, je suis tenté de recourir à de l'anecdote sous forme de statistique personnelle. Celle-ce étant, bien entendu, totalement non-représentative, et n'ayant de toute façon rien à voir avec la population frnaçaise.

Mes grands pères ont atteint les âges de 94 et de 87 ans. Mon père a atteint l'âge de 85 ans. Les trois buvaient régulièrement du vin et des spiritueux, sans se rouler sous la table. Aucun n'est mort d'un cancer. J'ai 62 ans et je bois régulièrement du vin (très peu de spiritueux, par goût). Je pratique du sport à raison d'au moins 4 heures par semaine. Je n'ai eu aucune maladie grave jusqu'à présent et je me sens en pleine forme. Je n'ai donc aucune raison objective de cesser de consommer une boisson qui me donne beaucoup de plaisir, me fait voyager (au propre comme au figuré), me donne l'occasion de rencontrer des gens et des cultures variées, d'échanger et d'apprendre des choses, de me faire des amis, d'avoir des passions : en somme, de vivre pleinement. Les pamphlets du ministère de la santé me laissent totalement froid et plus que sceptique.
Tout ceci constitue à mes yeux un gigantesque paradoxe français. Ce pays du «bon vivre», de la convivialité, de la gastronomie et des bons vins est-il soudainement pris de honte devant tant de bonheur ? Les Italiens disent "heureux comme Dieu en vacances en France". Est-ce que l'avion aurait été dérouté? Mais il faut aussi se rappeller que la France est aussi championne de la consommation d'anxiolitiques, et très bien placée (peut-être même championne) dans le nombre d'implantations de restaurants de «mal-bouffe». Combien d'études sur les effets néfastes sur la santé de ces deux phénomènes ?

Enfin, à quand un peu de bon sens dans cette manie de faire peur aux gens qui n'en ont pas vraiment besoin ? Revenons à nos statistiques. Il est statistiquement prouvé que 100% des gens qui respirent meurent. Faut-il cesser de respirer ?

David Cobbold

07:03 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : sante, vin | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |