06 septembre 2009

A propos des vins de supermarchés aux Decanter Awards

Ce n'est qu'un sondage, bien sûr, mais il est amusant.

Interrogés par Decanter sur la déferlante de vins de supermarchés au palmarès des Decanter Wine Awards 2009, 39% des lecteurs du magazine britannique ont répondu qu'ils choisiraient volontiers un des ces vins pour leur prochain dîner. Mais la même proportion ou presque (38%) ont répondu qu'ils n'en voudraient mêm pas en rêve.

Difficile de se faire une opinion. Et que doit faire le rédacteur en chef du magazine: ouvrir en grand ses colonnes au bon petit vin à moins de 5 livres, ou bien défendre les valeurs du vin de prestige? Recruter un nouveau lectorat, au risque de s'aliéner l'ancien? Ou l'inverse?

J'ai quand même mes doutes sur le succès des vins de supermarchés aux Awards de cette année. Combien de grands producteurs envoient des bouteilles à ce type de concours, où ils n'ont finalement que des coups à prendre? Car se retrouver médaillé aux côtés d'un vin de  moindre renom et de moindre prix ne profite qu'à la concurrence, pas au vin de renom.

Dans un secteur en crise, où le consommateur demande du prix, il devait être tentant pour des supermarchés de se payer un peu d'image pour pas trop cher en participant à ce concours. Le nombre d'échantillons présentés augmente chaque année - les Awards arrivent maintenant presque au niveau du Concours de Mâcon en termes de nombre de vins dégustés, il est inévitable que les vin sde petit prix y soient de plus en plus représentés.

Alors, qui peut dire si tout ce qui brille est d'or...

Et puis, au risque de me répéter, même si l'on trouve de bons vins dans les supermarchés angalis ou autres, et même si la distribution est bien pratique pour déstocker, en définitive,  le discount, le dumping, le marketing de masse, la déshumanisation des centrales d'achat fontt plus de mal que de bien à la viticulture qualitative.

00:05 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

03 août 2009

Don't quote me!

Peut-on utiliser librement les notes de dégustation de journalistes dans des publicités? Certains producteurs sont tentés de le croire... et le font, pensant à tort qu'un commentaire, une fois publié, tombe dans le domaine public.

Rien n'est plus faux, pourtant. En effet, la Convention de Berne prévoit que si un auteur peut vendre ses droits à la maison qui lui paie ses articles, il n'en perd jamais les droits de reproduction.

Libre à lui, donc, de refuser la reprise d'une des ses oeuvres dans un media qui n'aurait pas son assentiment, ou qui les publierait pour des raisons publicitaires. Comme le révèle mon ami Jim Budd, c'est le cas d'un confrère britannique, Martin Isark, dont les notes de dégustation ont été utilisées sans son accord par la chaîne londonienne Majestic.

L'auteur vient donc d'intenter une action contre ce marchand de vin. Facteur agravant, pour Isark, les notes de dégustation empruntées par Majestic l'ont été pour commenter, non pas le millésime auquel elles se rapportaient initialement, mais pour un autre millésime.

 

martin200

Martin Isark

 

Isark, qui est notamment l'auteur du Supermarket Own Brand Guide, n'est pas un nouveau venu en la matière; c'est la troisième fois qu'il doit ainsi aller en justice pour faire respecter ses droits!

07:54 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |