12 décembre 2010

En Grande-Bretagne non plus, le consommateur des supermarchés ne connaît rien au vin

Je cite mon ami Jim Budd citant Charles Metcalfe citant un récent sondage réalisé dans la distribution britannique:

"58% des sondés pensent que Chablis est un cépage; 43% pensent que Chardonnay est une région; 16% pensent que le Champagne vient d'ailleurs que de France (principalement Italie et Espagne). Et seulement 3% pensent à ce qu'ils vont manger avec lors du choix d'un vin. Pour eux, le prix est le critère le plus important, plus important même que la couleur du vin."

Charles et Jim semblent s'en désoler. Moi pas.

Primo, cela fait plaisir de réaliser que les Français moyens ne sont pas les seuls à ne rien y connaître.

Secundo, la preuve est faite que ce n'est pas dans la grande distribution que l'on trouve les connaisseurs, quoi qu'en disent les enseignes. Ce n'est donc pas là que les producteurs doivent développer en priorité des actions de communication sur une base qualitative. Qu'ils les réservent plutôt aux canaux spécialisés, là où le conseil peut faire la différence.

00:13 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

01 novembre 2010

L'alcool, le vin... "et autres drogues"

Une étude britannique de l'Independent Scientific Committee on Drugs, publiée dans la revue médicale the Lancet, affirme "que l'alcool est la plus dangereuse des drogues". Certes, selon l'étude (ou ce que veut bien nous en dire l'agence Reuters), l'héroïne et le crack tuent plus de gens, "mais l'alcool a des effets plus dangereux pour la société".

Sur une échelle de dangerosité graduée par l'ISCD de 1 à 100, l'alcool est est 72, l'héroïne à 55 et le crack à 54.

Ces conclusions ne font pas l'unanimité: ce comité a été fondé très récemment par le Professeur Nutt, qui occupait jusqu'en janvier le poste de conseiller au "British Advisory Council on the Misuse of Drugs", un organisme officiel dont il a été exclu pour avoir soutenu que le cannabis était moins dangereux que l'alcool. Le Ministère britannique de la Santé reste sceptique, même si la publication dans The Lancet va sans doute relancer la polémique.

Deux questions. Primo, puisqu'il a pris la peine de différencier les drogues entre elles, pourquoi le Professeur Nutt n'a-t-il pas tracé une ligne entre les alcools forts et le vin, notamment? Mettre le breuvage de Bacchus dans le même sac que la vodka, leur attribuer la même dangerosité, voila qui me choque. Compte tenu du degré d'alcool, des effets d'accoutumance, du prix au degré aussi. Sans parler de la force des marques.

Secundo, a-t-on pris en compte le fait que l'alcool est en vente libre, et que donc sa consommation touche un plus grands nombre de gens, pour estimer sa dangerosité vis à vis de la société?

En clair, si le crack était consommé par une base aussi large que l'alcool, sa dangerosité serait-elle toujours plus basse que l'alcool, compte tenu de son taux de mortalité plus élevé?

Question subsidiaire: quid de l'influence culturelle, de la répartition de la consommattion entre les différentes boissons alcoolisées? L'étude se base sur des données britanniques; est-elle pertinente pour la Russie comme pour le Luxembourg et l'Italie?

Vos idées, les amis?

 

 

10:22 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : vin, vignoble, alcool, alcoolisation | Lien permanent | Commentaires (7) | | | |