18 avril 2011

France Agrimer et la promotion des vins français à l'étranger

France Agrimer et les professionnels de la filière vitivinicole se sont interrogés, d’une part sur les actions de promotion collective réalisées dans l’Union Européenne et dans les pays tiers, et d’autre part sur l’image de la France et des vins français.

Ces études orientées vers les marchés extérieurs ont eu deux objectifs :

-évaluer l’image «France» des vins et la valeur ajoutée de la bannière collective «vins de France» auprès de groupes de consommateurs ;
-analyser quelles actions de promotion collective des vins français seraient efficaces auprès des opérateurs à l’étranger.
Les études ont été réalisées en 2010 par les cabinets Agrex Consulting pour la partie opérateurs et Pharest pour la partie consommateurs.


 Les valeurs fondamentales associées au vin français se trouvent être des valeurs antagonistes et pourtant toujours combinées :
-un produit à la fois simple et luxueux 

-un produit à la fois authentique et à la mode

-un produit à la fois rustique et raffiné


Une image homogène de la France à travers tous les pays

La France est perçue par tous comme un petit pays à grand rayonnement et possède une image d’exception.
En outre, la France a surtout une image qui fait vendre, avec des éléments d’image principaux nuancés selon les pays :
- son Histoire, plus prégnante au Québec et en Chine avec ses rois, ses châteaux, sa révolution
-sa Géographie, la France est le pays du tourisme
-son Agriculture, plus prégnante en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, qui représente la nature, la ruralité, l’authenticité
- sa Cuisine & son Vin, plus encore en Russie et au Japon, symbole d’excellence, de toques, d’étoiles, d’art de vivre, d’hédonisme
- la Culture : Arts, Architecture, Musées
- le Luxe & la Mode (plus prégnants en Chine, Russie et au Japon) : Marques, Couture, Beauté, Élégance, Séduction, Romantisme
- l’Esprit, une unanimité sur les qualités et défauts des Français avec des talents (créativité, audace, liberté, goût du beau, perfectionnisme) mais aussi des travers (nombrilisme, arrogance, refus de communiquer)
Le nom France dispose d’une bonne image en Allemagne, c’est le ‘’premier et meilleur barrage aux concurrents’’. L’intérêt est croissant sur les circuits les moins traditionnels mais de gros regrets sur la sous- exploitation de l’image France.
- Au Royaume-Uni, l’image France = "club secret à ouvrir". L’image est préservée, elle est même le rempart aux fluctuations de mode des régions françaises.
- Excellente image sur la Belgique, attachement presque viscéral (plus faible sur le Nord), de fortes attentes en association avec les régions.
- Potentiel aussi sur la Canada, image vierge en allant vers l’Ouest. L’image n’est pas démodée, pas ringarde, et fait rêver. De même pour le Japon, la Chine et la Russie, où l’image reste intacte. Sur ces pays les clichés français fonctionnent bien et il faut prévoir des campagnes de promotion adaptées et une identification France aisée.
Une action est nécessaire pour retrouver une symbolique France.

09:05 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, Canada, Etats-Unis, Europe, France, Gastronomie, Grande-Bretagne | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

05 avril 2011

Blogs de vin: un post d'Andrew Jefford

Andrew Jefford, ce nom vous dit sans doute encore quelque chose. J'ai eu le plaisir de ferrailler naguère, dans ces même colonnes, avec ce confrère anglais au sujet de la prétendue suprématie des Chardonnays australiens dans le monde; il semble que le résumé de son article dans Decanter avait largement dépassé sa pensée. Dont acte.

Mais voici que ce même Andrew Jefford s'intéresse, entre autres, à l'opération "anti-mythe" lancée par WineOption.

C'est ICI

Pour ceux qui débarqueraient sur la blogosphère vins anglophone, WineOption est aux critiques de vin ce que le DTT a été aux moustiques de la Grande Motte dans les années 60. Ou bien devrais-je plutôt évoquer l'agent orange, de sinistre mémoire?

Leur slogan "Let's Make Wine Fun Again" est pourtant des plus alléchants. Qui pourrait d'ailleurs ne pas adhérer à un tel programme? Le seul problème, comme toujours, c'est la méthode.

Pour vous faire une idée, c'est LA

Et bien là. Je veux dire, c'est bien fait. Juste ce qu'il faut de bonnes idées, de bon sens, mais aussi pas mal de racolage et de mauvaise foi.

Je ne suis pas le dernier à taper sur les gourous. Ni à rigoler de l'emphase de certains commentaires. J'essaie d'éviter dans les miens, mais je ne jurerai pas que j'y arrive toujours. (après tout, je suis  un littéraire...).

Je pense aussi que notre métier a besoin d'être dépoussiéré. On ne peut plus parler du vin, à l'ère de l'internet, comme on le faisait sous Curnonsky. Au fait, c'est qui, ce Curnonsky?

Mais je me demande tout de même, comme Andrew, si le remède n'est pas parfois pire que le mal.

D'accord pour un langage plus accessible, d'accord pour s'affranchir des vieilles lunes, d'accord pour parler d'autre chose que de des crus impayables, d'accord pour désacraliser ce qui doit l'être, d'accord pour donner la parole aux "vrais gens", d'accord pour dire qu'il ne devrait pas y avoir d'autorité autoproclamée de la critique vineuse, qu'elle émane de journalistes ou non; d'accord pour reconnaître aux blogs et aux forums le mérite d'avoir réveillé notre secteur, et qu'il s'y passe d'excellentes choses. Mais attention quand même au nivellement par le bas... même sur WineOption.

Sous prétexte de s'abstraire de l'influence d'une culture surannée, de l'origine et de ses usurpations, d'un discours mercantile ou élitiste, etc, on finirait par résumer le commentaire à des trucs du genre "yammy", "un vin que j'aime", "un vin que j'aime pas", "cool", "super", "fruits rouges", "rapeux" ou "quelle merde!".

Bien sûr, comme chantait Souchon, "On ne lit pas tous le même journal". Enfin, si on lit encore un journal... Aussi, un type de commentaire qui convient à Untel peut très bien passer largement au-dessus de la tête d'un autre lecteur. Voire l'ennuyer. Mais je continue de penser que plutôt que de simplifier le discours à outrance, il convient d'informer et d'éduquer le lecteur. C'est la fonction du chroniqueur.

Ce n'est pas une raison pour être ennuyeux. A nous, donc, de savoir nous renouveler, sans pour autant prendre le lecteur pour un débile.

Mais je vous en ai assez dit, faites vous votre propre opinion.

Que les choses soient claires, en tout cas, je ne cherche pas à réveiller la querelle de décembre dernier, celle qui m'a valu d'exploser mon compteur de commentaires (et d'insultes) simplement parce que j'avais eu la mauvaise idée de brocarder quelques styles de bloggeurs vins.

Je voulais juste vous montrer que le même débat existe outre-Manche.


14:58 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne, Vins de tous pays | Tags : vin, blog, wineoption, decanter | Lien permanent | Commentaires (14) | | | |