27 décembre 2012

Johnny Walker, mixture alcoolisée

La présentation du Scotch Whisky Johnny Walker par LSA (Libre Service Actualités) est d'une poésie rare:

"Johnnie Walker est une boisson alcoolisée de couleur ambre, vieillie pendant trois ans. C’est un blended scotch (mixture de deux whiskys ou plus), produit à Kilmarnock en Ecosse, par le groupe Diageo, la plus importante entreprise mondiale sur le marché des alcools et spiritueux."

Tout cela est vrai... mais on croirait une fiche technique traduite du klingon. Zero affect. A moins que ce soit Google Translate?

Et la tendresse, bordel?

A l'attention des anti-alcooliques (qui s'en prennent curieusement plus souvent au vin qu'au whisky, pourtant plus alcoolisé), je propose une version encore moins vendeuse:

"Johnnie Walker est une drogue légale présentée sous forme liquide, dont la couleur évoque celle de l'héroïne. C'est un mélange de deux distillats ou plus, produit à Barad-Dur (Mordor), par le groupe Sauron, plus importante entreprise du marché des drogues légales de la Terre du Milieu".

Un Hobbit averti en vaut deux...

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00:49 Écrit par Hervé Lalau dans Grande-Bretagne | Tags : sauron, the hobbit, alcool, prohibition, google translate, vin, vignoble, whisky | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

13 décembre 2012

Cape Point Vineyards

L'Afrique du Sud, ce ne sont pas que des vins "cheap and cheerful". Nous l'allons montrer tout à l'heure. Lors de mon dernier périple sur place, avec le CWW, je me suis arrêté à Noordhoek, chez Cape Point Vineyards, la seule cave de la Péninsule du Cap. Microclimat (s), richesse florale inégalée... Tout cela est d'ailleurs mis à profit - non, on ne met pas de fleurs dans les cuves, mais l'on fait des sélections parcellaires, en fonction des orientations.

 

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Un petit aperçu de la biodiversité de la péninsule du Cap (photo H. Lalau)

Ce n'est pas une très grande exploitation, à l'échelle sud-africaine (33 ha en propre), mais elle est illsutrative d'un vent nouveau qui se lève sur la viticulture sudaf - une sorte de révolution silencieuse et tranquille, mesurée. Ici, on expérimente (notamment dans les mini-vinifications et dans le domaine de l'élevage, avec des amphores d'argile naturelle locale), mais sans se disperser. On ne trouvera ici rien d'impressionnant en matière technologique ou de style - ce n'est pas le genre de la maison, mais on fera le plein de bon sens. Et puis l'endroit est magique, comme hors du temps.

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La cave (photo H. Lalau)

J'utilise le mot vent à dessein. C'est lui, en effet, qui empêche la pourriture et abaisse la température, surtout en haut de la propriété. Compte tenu du climat relativement frais, Cape Point a surtout planté du blanc. Du sauvignon, qui donne très bien, mais aussi du sémillon et du chardonnay.

 

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L'oenologue maison est un jeune gaillard à l'enthousiasme communicatif (photo H. Lalau)

 L'idée n'est pas de proposer une large gamme, mais de bien segmenter. Le sauvignon, par exemple, est proposé en vin de base "easy to drink", en vin de réserve, avec plus de structure, et en assemblage avec le sémillon.

Voici ma sélection.

Sauvignon Splattered Toad 2010
Ananas, assez délicat, pas trop végétal non plus. Il s'agit de raisins de jeunes vignes, mais pas trop vigoureuses. Le crapaud écrasé sur l'étiquette fait référence à ue espèce endémique de l'endroit, que Cape Point contribue à préserver.

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Une giclée de crapaud? (photo H. Lalau)


Cape Point Blend 10% sémillon 2010
Pamplemousse, pas "grassy" mais floral; en bouche, une remarquable salinité,et malgré tout, pas mal de rondeur.

The Isliedh 2010

Le bois (11 mois de barrique) est très perceptible, au moins d'éclipser toute autre aromatique au nez - on aime ou on n'aime pas; la problématique n'est pas nouvelle, ni spécifiquement sud-africaine; mais il y a une matière sous l'habit de chêne, du gras, pas mal d'alcool aussi. A redéguster. 15% de sémillon, parcelles sélectionnées.
5 étoiles au guide Platters

Chardonnay 2010
Un vin issu d'une parcelle abritée du vent mais aussi de l'humidité. 11 mois en barrique.
Miel, camomille, acacia, pommer mûre, assez variétal, mais avec un je ne sais quoi de frais et de salin en bouche; la bouche est moyennement grasse.

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Ca donne envie, non? (photo Cape Point Vineyards)

Bref, ce sont des vins comme ceux-là qu'on aimerait voir importer dans nos contrées, plutôt que les soupes de levures et les tisanes de chênes plus ou  moins diluées des grosses cuvées qui donnent au vignoble sud-africaine une image aussi déformée qu'un crapaud écrasé sur la route. Mais nous avons les vins que nous méritons; il paraît qu'en Europe, on aime d'abord le vin sud-af pour son prix... Quant aux Français, qu'ils croient ou non dans le "consommer français", il faudrait qu'ils se lèvent très tôt pour en trouver...

Aux importateurs de me faire mentir...