07 octobre 2014

Le Champagne dans la Révolution américaine

Que diriez-vous d'un peu de culture et d'histoire, aujourd'hui?

La Révolution américaine s’est faite au son du canon... et des bouchons de Champagne!

La France étant l’alliée principale des Insurgents, ses vins, d’abord assez rares à cause du blocus militaire anglais, deviennent plus accessibles et servent à fêter les victoires. Le contingent français de Lafayette en apporte sans doute sans ses malles.

George Washington en consommait assez régulièrement au Mount Vernon; son ami Robert Hunter note même que l’homme d’État américain, d’habitude très réservé, devenait beaucoup plus  disert et plus drôle après quelques verres de Champagne. 

 

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Lafayette et Washington au Mont Vernon

Quant à Thomas Jefferson, il avait débuté sa carrière comme courtier en vin et appréciait le Champagne, qu'il classait au premier rang des vins de France avec l'Hermitage. 

Son contemporain, Benjamin Franklin, n’était pas en reste – il en parle même assez abondamment dans son fameux livre de recettes ("Benjamin Franklin’s Book of Recipes").

Une recette, en particulier, fera date dans l’histoire, celle du Champagne Punch. Celle-ci met en œuvre «deux magnums de Champagne, une bouteille de Porto, un citron, une orange, des clous de girofle et une tarte aux pomme. Bien mélanger le tout et servir dans un grand saladier à punch». 

Chiche!

Bref, Barack Obama peut bien arroser ses fêtes au Californian Champagne (sic), ses prédécesseurs, eux, ont bien mérité de de la Champagne.

00:53 Écrit par Hervé Lalau dans Champagne, Etats-Unis, France, Gastronomie | Tags : champagne, états-unis | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30 septembre 2014

Vive la Mozzarella di Bufala Campana quand même

Lors de mon dernier voyage en Campanie, outre le vin, j'ai pu sacrifier à un autre culte local, celui de la Mozzarella di Bufala. Ma conversion ne date pas de ce voyage, j'ai toujours eu un faible pour ce fromage à la fois ferme et onctueux, à la fois fin et gouteux, bref, de la vraie mozzarella, quoi. Méfiez-vous des imitations, bien sûr, toutes les Mozzarellas ne sont pas de Bufala, ni de Campanie, ni de DOP.

Et puisqu'on en est à enfoncer les portes ouvertes, je voulais ici réagir face à une tentation un peu morbide qui se fait actuellement dans les grands médias: l'alarmisme. 

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Aux alarmistes de tout poil, je dis meuh! (Photo Sonja Pieper)

 

Une émission "Questions à la Une", s'est fait une spécialité du genre à la télévision belge. Via ses propres reportages (Quel avenir pour la frite belge?), mais plus souvent en reprenant des reportages de télévisions étrangères habillement doublées (oui, même les reportages français, pour l'accent, c'est mieux de les doubler, ça fait plus couleur locale). 

Je me demande ce qu'ils feront de Vinobusiness, s'il leur prend l'idée de le diffuser. Amaï.

Je connais des personnes très bien qui sont accros. Grâce à ces émissions, elles ont découvert qu'on ne devrait plus manger de frites surgelées, que les distributeurs ne fabriquent pas eux-mêmes leurs marques de distributeurs, que le yaourt au fruit ne contenait souvent que des arômes de fruit, que certaines poules bio n'étaient pas forcément plus heureuses à l'abattoir que les poules pas bio, que la traçabilité des lasagnes laissait à désirer, que les additifs étaient dangereux, sans parler des conservateurs (mais ça, c'est plutôt pour la rubrique politique). J'en passe et des meilleures. Les mêmes personnes se demandent à présent ce qu'elles peuvent bien manger, n'ayant plus confiance dans le bio, ni dans les marques, ni dans les distributeurs, ni en rien. Sauf peut-être dans la RTBF, qui, malheureusement, ne produit pas d'aliments.

Le rapport avec la Mozzarella? Une émission du même tonneau, mais italienne, celle-là, a consacré un reportage sur une marée noire intervenue dans la région de production; seuls 64 hectares ont été pollués (sur plus de 900), mais vous savez que les trains qui déraillent intéressent plus que les autres.

Beaucoup plus, en tout cas, que les contrôles exercés par le Consortium de la Mozzarella di Bufala Campana DOP et un laboratoire indépendant; et peu importe, en définitive, que sur des milliers de tests, seuls deux échantillons ont révélé une teneur en plomb légèrement supérieure à la norme. 

Il est un type de journalisme, aujourd'hui, qui n'a plus seulement le but d'informer, mais qui entend frapper les esprits, faibles ou forts. Convaincre à tout prix. Qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. 

Je ne vous le cache pas: je suis contre.

 

07:35 Écrit par Hervé Lalau dans Belgique, France, Fromages, Gastronomie, Italie | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |