25 décembre 2010

C'est Noël

Je ne suis pas là. Je fête Noël en famille, au restaurant. Gastronomique.

Je vais sans doute me laisser tenter par un Champagne de chez Météyer pour l'apéro et pour le premier plat. Je sais qu'il en ont, c'est la marque "maison". Et puis, sur la viande rouge, je balancerai entre Loire (Chinon, Saumur-Champigny?) ou Rhône (Châteauneuf, Gigondas, je verrai en fonction des producteurs).

Je ne prendrai pas de fromages, ma femme peut-être. Et au dessert? Retour au Champagne, je pense. Ca m'étonnerait qu'ils aient du Crémant du Jura. A moins que je ne prenne un Maury au verre. S'il y en a. Je demanderai au sommelier. C'est son boulot, après tout.

Vous voyez, rien de très original.

Mais vous savez, j'ai une vie hors du vin, et l'anticonformisme, dans les dîners de famille, surtout au restau, c'est à petite dose...

00:30 Écrit par Hervé Lalau dans France, Gastronomie | Tags : vin, vignoble, gastronomie | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

21 décembre 2010

L’affaire Pusztai

Les OGM... vaste débat. N'ayant pas la compétence pour le trancher, je m'en remets à d'autres. Régulièrement, je vois fleurir dans les commentaires et dans les blogs des infos rassurantes. Je reste assez sceptique, sans trop pouvoir dire pourquoi.
Non que je réprouve toute forme de progrès, surtout quand il pourrait contribuer à abaisser les doses de pesticides, par exemple. Doses de pesticides dont d'autres commentateurs nous disent qu'elles sont parfaitement sous contrôle, cependant. Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes puisque la science nous permettra bientôt de résoudre des problèmes qui ne se posent même pas.
Mais trève de persiflage. Je suis tombé par hasard sur une curieuse histoire, celle du Dr Pusztai. Cette histoire démontre, d'une part, que contrairement à une unanimité de façade, tout le monde scientifique ne s'accorde pas  en ce qui concerne l'innocuité des OGM. Mais aussi, et cela me semble au moins aussi grave, comme journaliste, que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire à l'ère des mass media. Voyez ici

On pourra objecter que ce site a choisi son camp, qu'il n'a rien de neutre. C'est vrai. Les informations qu'il reprend, cependant, émanent des très sérieux Daily Mail et The Guardian, deux quotidiens britanniques de tendances politiques opposées, mais qui se rejoignent sur un point: l'information sur les OGM serait manipulée par ceux qui ont intérêt à nous les vendre, et ce, au plus haut niveau.
D'où ma question toute bête: moi qui n'ai aucune compétence pour juger, je me demande pourquoi, si la technologie est sûre, on aurait besoin de recourir à une telle désinformation. Pourquoi on ne pourrait laisser des voix discordantes s'élever dans le monde scientifique...
Apparemment, en l'espèce, les partisans de Monsanto n'ont pas choisi d'argumenter, de discuter, de remettre en cause tout ou partie de leur travail, quitte à améliorer leur offre (le doute, c'est pourtant important, dans la science). Non, ils se sont arrangés pour que le trublion soit réduit au silence. Pire: ils ont tout fait pour le discréditer. Trente ans de carrière mis aux orties. Orties OGM, sans doute.
Là, on quitte le monde de la recherche pour entrer dans celui des affaires et de la politique. Moi qui n'avait aucun a priori contre Monsanto, je me pose des questions. Je sens comme un vague haut-le-coeur qui monte. J'ai toujours eu une aversion pour tout ce qui ressemble à une théorie du complot, j'ai dû mal à concevoir que des entreprises multinationales nourrissent de noirs desseins contre leurs clients potentiels. Mais là, je ressent comme une gêne. Pardon, un gène.
En France, les faucheurs volontaires de champs OGM ont été jugés, condamnés et abondamment décriés - ne les traite-t-on pas de "facistes verts"? Grâce à eux, pourtant, on a au moins appris une chose: que l'INRA réalisait des tests sur des vignes OGM à Colmar. On n'en avait guère entendu parlé auparavant. 
Sans excuser leurs excès, le black-out qu'on observe sur cette question ne justifie-t-il pas un petit peu de leur activisme? Même s'il convient de garder là aussi notre esprit critique, de ne pas prendre pour argent comptant des peurs qui peuvent devenir irrationnelles, seule une information pluraliste peut nous permettre d'exercer notre libre arbitre. Science sans conscience...