27 octobre 2008

Le Cognac n'est pas prophète en son pays

Reçu de Christian Ferrand, un ancien confrère qui tient boutique dans la bonne ville de La Rochelle, cet édifiant constat:

"On a jamais vendu si peu de Cognac en France: 5,7 millions de cols  du 1er septembre 2007 au 31 août 2008, soit 25% de baisse en un an et moins de un pour cent du marché des spiritueux ; 0,85% exactement selon la FFS (Fédération Française des Spiritueux).
À comparer avec le seul marché du whisky en France : 37 % des ventes d’alcool de plus de 15 degrés, soit davantage que toutes les ventes de Cognac dans le monde.
changer quelque chose à cette situation. Conséquence directe : les prix du Cognac montent : de 14 Euros prix moyen en GSM  en 2007 à 18,78 Euros en 2008 selon la Charente Libre.

Du coup les grands, Hennessy, Martell, Rémy et Courvoisier préfèrent aller vendre leurs très belles et très chères carafes aux nouveaux riches chinois plutôt que de se lancer dans la difficile reconquête du marché français. Dame, mettez vous un instant à la place de Monsieur Arnaud !
 
Ironie de l’histoire, c’est au moment où la communication du Cognac fait feu de toutes ses barriques que la consommation du cognac accentue la dégringolade amorcée voilà 20 ans ».


prehome

 

Non sans humour, notre ancien collègue fait ensuite la pub de sa boutique : «Toute la Gaule envahie par le whisky? Non. À la Rochelle, Cognac Only Boutique  continue de résister. Son combat quotidien : faire apprécier la diversité des Cognacs en France, des grandes marques et leurs prestigieuses carafes aux plus méconnues des eaux-de-vie des bouilleurs de cru ». Si vous pas vous mènent à La Rochelle, superbe cité au demeurant, ne manquez pas de faire un tour rue de l’Archimède, Ferrand y propose aujourd’hui près de 400 références différentes. Pour les moins voyageurs, elles sont aussi accessibles en ligne sur http://www.cognac-only.com

Qu’on se le dise !

08:05 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : vin | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

12 octobre 2008

Soutenons la Fromagerie du Domaine de Saint Loup!

Me voici à nouveau qui vous parle de fromage. Un produit noble, tout comme le vin. Enfin, dans le meilleur des cas... Mais venons-en au fait.

Les lecteurs les plus assidus ce ce blog s'en rappellent sans doute, le géant laitier français Lactalis, sous couvert de sécurité sanitaire, voulait que l'AOC Camembert de Normandie soit ouverte aux produits pasteurisés, permettant ainsi à ses fromageries de traiter plus de volume et d'abaisser ses tarifs. Les producteurs de Camembert au lait cru ne l'entendaient pas de cette oreille, et l'INAO leur a donné raison.

C'est peu dire que Lactalis admet mal sa défaite. Il a d'abord joué de la menace socio-économique, annonçant la fermeture de son usine Lepetit - puisqu'il n'entend plus respecter le processus d'élaboration de l'AOC, autant sortir carrément de la zone de production. Sous entendu: chers travailleurs, voyez à quoi nous mène la fronde de petits producteurs irresponsables.

Pour faire bonne mesure, voici que le groupe alerte les autorités françaises sur la contamination de lots de fromages au lait cru de la Fromagerie du Domaine de Saint-Loup, à Cambremer. Celle-ci exige bien sûr à une contre-expertise. Il ferait beau voir que les services de la santé se basent uniquement sur les analyses des concurrents! En attendant, les lots ont dû être rappelés, et l'image de Saint-Loup n'en sortira pas indemne.

Tout ceci laisse comme un sale goût de plâtre dans la bouche. Vous savez, comme ces pâtes molles à croûte blanche qu'on croirait sorties de chez Knauf.

Ce n'est pas parce qu'on alimente l'Europe agueusique de fromages aseptisés qu'on a le droit d'empêcher les autres de faire de bons produits. Répétons-le pour tous ceux qui reviendraient d'un long voyage sur la planète Stuc, les fromages pasteurisés sont globalement et potentiellement plus dangereux que les fromages au lait crus - la plupart des cas de contaminations ont d'ailleurs été relevés sur des fromages flash-pasteurisés. Et ils sont le plus souvent occasionnés par un mauvais stockage chez le consommateur, pas par un défaut à la production.

Comme le disent les responsables de la Fromagerie Saint-Loup, il y a derrière tout cela  un relent de guerre du Camembert. Et nous ajouterons, de pot de terre contre le pot de fer.

Lactalis est un groupe puissant, qui ne craint ni l'intimidation, ni les joutes juridiques - même dans l'affaire de la Feta aveyronnaise, il a tenu tête à la Grèce pendant des années. Ses coups de production plancher lui permettent certainement de mettre de l'argent de côté pour l'entretien d'une foule d'avocats et de communicants de haut vol.

Les petits producteurs de lait cru n'auront sans doute pas les moyens de soutenir longtemps ce type de combat. Sauf si nous, les consommateurs, nous rangeons à leurs côtés.

Refusons de céder à la panique entretenue artificiellement autour du lait cru pour des raisons commerciales!

Nous n'aurons pas le mauvais goût d'appeler au boycottage des produits de Lactalis -  nous ne les consommons déjà plus depuis longtemps. Au pays des Emmental sans croûte et du "mainstream Camembert" ,même dit "de Campagne", les borgnes sont rois.

Nous vous encourageons au contraire à consommer plus de produits au lait cru. Le seul argument qui peut faire mouche face aux grands groupes industriels, c'est la courbe des ventes.

D"avance, merci de votre soutien. Si vous pouvez faire passer l'info, ce sera déjà bien.

 

Saint Loup

13:19 Écrit par Hervé Lalau dans France | Tags : fromage | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |