15 avril 2008

Des avantages du journalisme de cave

Reçu ce jour d'un ami d'un ami, ce texte édifiant signé Angèle Houlacuisse, du site www.bakchich.info (Enquêtes, Informations et Mauvais Esprit):

"Des avantages du journalisme de cave".

"Quand on produit une vinasse moyenne, rien ne vaut un beau cadeau pour se mettre les journalistes spécialisés dans la poche. C’était le cas le 26 mars dernier au restaurant du Plaza, avec Bernard Magrez et Gérard Depardieu…

De mon point de vue, un journaliste qui fait de la critique de cinéma devrait payer sa place, faire la queue sous la pluie, subir les assauts de toute la pub, des trucs qui, avant même que le film ne commence, vous donnent envie de rentrer chez vous. Ça devrait être la même chose pour ceux, appelons-les journalistes, qui publient des «critiques» gastronomiques. C’est-à-dire vous expédient manger chez leurs potes où tout est forcément sublime.

Vous avez dit critiques ? Les chroniqueurs de bouffe ont une excuse, celle du journaliste sportif. Si un spécialiste de foot écrit que Landreau, le goal du PSG, devrait changer de lunettes, il est foutu. Plus d’accès au Camp des Loges où l’équipe s’entraîne, plus d’accès aux coulisses du club, toutes les portes et téléphones portables (chaque joueur de foot en a une moyenne de quatre) lui sont fermés. Donc plus de boulot.

Dans les casseroles c’est un peu pareil. Tu assistes à la soirée de Truc, où tout ce qui compte est invité, ça veut dire que tu es dans le train. La cuisine est ce qu’elle est, mais elle est gratuite. D’une soupe populaire à l’autre, vogue ainsi notre chroniqueur et membre du gastro-circus.

LE PETIT « BAKCHICH » DES JOURNALISTES
 
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Parfois, pour convaincre que le produit est merveilleux, il faut mettre un peu plus de poids dans les mots, adjoindre le petit cadeau qui entretient l’amitié. C’est ce que viennent de faire à Paris, au restaurant de l’hôtel Plaza le 26 mars, Bernard Magrez et son copain Gérard Depardieu. À une quarantaine de « journalistes » spécialisés dans le vin, peloton sélectionné par une agence de communication anglaise, ce bon Magrez a offert une Tank Must de chez Cartier, une tocante qui va permettre aux chroniqueurs de plus voir midi à leur porte mais à celle de Magrez. D’une valeur de 1610 euros le bijou était accompagné, on est jamais assez prudent, d’un certificat d’authenticité signé d’un horloger bordelais (on ignore si la pile de rechange fait partie du kit ?).

Avant l’heure de la montre, nos « confrères », cornaqués par Depardieu, ont consommé une cuisine signée Ducasse qui, pour l’instant, occupe la seconde place d’une compétition qui s’intitule « La Pôle aux Étoiles », le dernier jeu médiatique inventé par un guide Michelin qui, n’étant plus ce qu’il était, roule souvent avec sa roue de secours.

Le problème avec Depardieu, c’est que c’est le début de sa carrière de maître de chai : dans un pays où on trouve des vins formidables, l’Anjou et ses Savennières, Layon, Bonnezeau, il a réussi à produire un truc rouge qui fait rigoler les vignerons du coin. Moralité : si vous lisez un texte ne disant pas tout le bien que méritent les 35 vignobles du couple Magrez-Depardieu dans le monde, c’est que l’auteur est un amateur de courses contre la montre. Pour lui, pas de Cartier".
 
Angèle Houlacuisse
 
Loin de moi l'idée de donner des leçons d'intégrité, mais voila des cadeaux qui entretiennent plus le soupçon que l'amitié. Le plus consternant, c'est que j'ai visité Pape Clément en septembre dernier, et que les vins de Bernard Magrez - au moins le haut de gamme - n'ont besoin d''aucun "incentive" pour me convaincre.
 
Hervé 
 
Contact: http://www.bakchich.info/article3221.html

07:02 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (6) | | | |

09 avril 2008

Marcel Lachiver, l'historien du vin, disparaît

Corinne Lefort (RVF - In Vino BFM - Université Populaire du Goût) nous fait part de la disparition de Marcel Lachiver, le grand historien français de la Vigne et du Vin, à l'âge de 73 ans.

 

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Petit-fils de paysans, instituteur, puis professeur d'histoire moderne à l'Université de Paris-X-Nanterre, Marcel Larchiver poursuivit les études menées par l'historien Roger Dion sur l'histoire de la vigne et des vignerons, en publiant en 1982 sa thèse: Vin, vigne et vignerons en région parisienne du XVIIe au XIXe siècle.
 
Homme humble et généreux, passionné par le patrimoine agricole, il contribua à mieux faire connaitre au grand public la place prépondérante de l'agriculture et de la viticulture française à travers les siècles. Dans un souci de véracité historique, il aura contribué à redéfinir et positionner la part du vin dans sa globalité culturelle, économique et sociale.
De renommée internationale, il restera à jamais l'historien du vin.

 

Corinne Lefort

 

21:14 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |