17 décembre 2007

Vers la fin des VDQS... doucement

Après leurs collègues sénateurs, les députés français viennent d'entériner le principe de la disparition des VDQS...  tout en la repoussant à nouveau. La date butoir, initialement fixée au 31 décembre 2009, passe au 31 décembre 2011.

A cette date, tous les producteurs de VDQS devront opter, soit pour l'appellation d'origine contrôlée, soit pour le Vin de Pays. A moins bien sûr que d'ici là, l'AOC ne se divise en AO simple et vraie AOC, comme il en était question avant la disparition de René Renou.

Au fait, quelles sont encore les appellations classées en VDQS?

Il y a le Gros Plant du Pays Nantais, bien sûr. Mais comme beaucoup d'autres sont déjà passés AOC, à tort ou à raison (Côtes de Toul, Malepère...), j'ai du mal à m'y retrouver. Vous pouvez m'aider?  

08:20 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

06 décembre 2007

Maccabeu pas mort

Notre ami Marc Vanhellemont nous donne la primeur d'un joli texte dans sa série des cépages oubliés, entamée naguère avec le Refosco.

Catalan débourru 

À coup sûr d’origine catalane (Macabeo), il fait partie depuis belle lurette de l'encépagement des vins du Roussillon, y compris Banyuls, Maury et Rivesaltes.
Il débourre assez tardivement, quelques jours après le carignan. Très vigoureux, au port dressé et aux rameaux bien déliés, il trouve dans les climats venteux un remède à sa sensibilité à l’oïdium, quoiqu’il casse par Tramontane trop forte. Ses grappes sont assez grandes, de forme pyramidale, aux baies sphériques, peu serrées, à peau résistante et gorgées de jus.
Il donne des vins assez fins malgré sa faible acidité et son caractère capiteux. À petit rendement, le minéral le rééquilibre et le préserve des propensions oxydatives. Il se vinifie en blanc sec, moelleux ou liquoreux ou encore en effervescent, les Cavas l’apprécient dans leur assemblage.  

Passerillage de Maccabeu (2)
Passerillage de Maccabeu

 
Plénitude L 03 du Mas Amiel, Roussillon

Or vert lumineux ; un nez minéral qui rappelle les schistes chauffés au soleil mélangé d’un soupçon d’hydrocarbure façon Riesling, un bouquet de fleurs sèches explose ensuite, on en a plein les narines, abricot sec, poire fondante, pâte d’amande, confiture de mangue et ananas confit, complètent l’inspiration ; la bouche trépigne, s’impatiente, elle veut y goûter, du thé à la bergamote débute la cheminement complexe, suivent les raisins secs, chèvrefeuille, beignet de fleur d’acacia au candi, calisson croquant, la fine amertume du citron confit, on pourrait continuer longtemps, tant le potentiel aromatique se révèle inépuisable ; la fraîcheur qui au début semblait insignifiante prend petit à petit de l’assurance et vient tendre ce vin de liqueur, le minéral presque tactile l’aide, la longueur n’en finit pas, une ambiance légèrement oxydative vient encore ajouter sa touche particulière et en détermine définitivement le style ; les 37,5 cl semblent vraiment peu, voilà une bouteille dangereuse pour la modération…

Du passerillé au pied…

Il lui reste 125 g/L de sucre résiduels, cette concentration sucrée vient d’un processus particulier : lors de la dernière semaine de septembre les grappes sont cueillies et posées au sol au pied des souches. Elles se concentrent par perte d’eau végétative pendant 15 jours. Les grappes se trient ensuite et s’éraflent manuellement. Les raisins foulés rejoignent les cuves inox où la fermentation alcoolique s’effectue à 18°C, la malolactique est évitée, le mutage au SO2 permet de garder le taux de sucre. L’élevage se passe en cuve pendant 6 mois sur lies fines. La mise se fait un an après la vendange.   
La parcelle se sélectionne sur un coteau schisteux à Ph acide, au sol sont léger et filtrant, mêlé de sables et d’argiles.
Exposition sud-ouest. Âge des vignes : 17 ans.
Rendements : 8 hl/ha pour une densité de plantation de 4.000 pieds/ha.

Le "MA"

Le Domaine du Mas Amiel se situe dans la vallée de l’Agly à l’entrée de Maury en venant de la plaine rivesaltaise. Les vignes en productions occupent 155 ha et fournissent la matière première à l’élaboration de toute une gamme de vins, depuis le blanc sec au VDN. C’est en 1999 qu’Olivier Decelle, ex surgelés Picard, achète et développe le Mas. Aujourd’hui, le domaine viticole déjà renommé du temps de l’ancien propriétaire Charles Dupuis a encore augmenté son aura grâce aux produits originaux comme le Plénitude L 03, vin de liqueur émérite.

Mas Amiel 66460 Maury  tél. +33 468 29 01 02  mas.amiel@wanadoo.fr



                                                                                        (c) Marc Vanhellemont

Retrouvez cette chronique dans In Vino Veritas

06:16 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |