11 janvier 2008

Journalisme vineux et publicité: non à l'amalgame

Je pense de mon devoir de relayer ici un communiqué de la Fédération Internationale des Journalistes et Ecrivains du Vin & des Spiritueux (FIJEV).
 
 
"Injuste et dangereuse. C'est ainsi que la FIJEV considère la décision rendue par le Tribunal de première instance de Paris le 20 deécembre dernier. Celle-ci, statuant sur une plainte déposée par l'Association Nationale pour la Prévention en Alcoologie et Addictologie contre le journal Le Parisien, assimile les articles sur le vin à de la publicité et stipule qu'en France, dorénavant, ces articles devront porter la mention obligatoire en matière de publicité sur les produits alcooliques en France: "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé".

Nous contestons énergiquement l'analyse du tribunal qui accorde crédit aux affirmations de l'Association Nationale pour la Prévention en Alcoologie et Addictologie: "Toute communication en faveur d'une boisson alcoolisée, telle qu'une série d'articles en faveur du Champagne, constitue de la publicité et tombe donc sous le coup du code de la santé publique".

Notre métier n'est pas de faire vendre. Nous ne faisons pas de la "communication", ni de la réclame, nous informons. Nous participons à l'éducation à la qualité, nous ne poussons pas à la consommation.

Cette décision de justice doit être révisée. Aidez-nous en ce sens.

Nous attendons vos messages. Une pétition serait un premier pas, en attendant une constitution de partie civile dans un procès en appel. Nous devons soutenir nos confrères du Parisien, non par esprit de corps ou intérêt (nous n'en avons aucun en la matière), mais parce que cette cause est juste".
 
Vous pouvez signer une pétition pour soutenir cette action de la FIJEV sur www.mesopinions.com 

06:41 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (4) | | | |

23 décembre 2007

Réforme des AOC: la base vigneronne se pose des questions

Bon nombre de vignerons s'interrogent face à la réforme en cours des AOC françaises, comme en témoigne cette lettre ouverte publiée sur le site http://www.vins-sigaliere.com.

Chronique d'une mort programmée (Acte un)

"Le Vendredi 14 Decembre dernier, avait lieu en notre beau village de Corconne l'assemblée générale du syndicat du Pic St Loup. Je n'ai pas par habitude de débaler le linge sale de notre famille de vignerons solidaires, mais là, franchement, j'ai l'impression qu'on prend en otages une frange de vignerons.

Ils sont venus, ils sont tous là, les représentants des différents Domaines ou Châteaux pour entendre Marc Parcé (Domaine de la Rectorie à Banyuls), venu nous apporter la bonne parole et nous expliquer le rôle des OI (non, pas les oies, moi, j'ai presque envie de mettre un tréma sur le i, pour faire plus Languedoc). De toute façon, pour ce que ça va servir... 
 
Marc Parcé, j'étais venu pour l'entendre nous parler de son amour de la terre et du respect qu'on lui doit, je suis en manque et demandeur d'explications claires concernant "l'usine à gaz" qui est en train de se mettre en place.
Cette logique de toujours plus de règlements, la fuite en avant de textes que personne ou presque ne lira, et le productivisme qui fait loi, voila la réalité, ni les ODG ni les OI ne feront rien bouger, ce sont les mentalités qu'il faut faire évoluer, ce sont des hommes comme M. Parcé qui peuvent faire progresser les consciences pour peu qu'il engage son discours sur le fond.

Cerise sur le gâteau, la pseudo commission chargée d'établir le cahier des charges pour notre accession à l'appellation Pic St Loup, propose pour la sauver (diable, est-elle tellement en danger?) de revoir, d'une part, la close d'un an d'élevage en
réduisant ce délai, et d'autre part, d'exclure sur une période de 5 ans les vignerons qui ne vinifient pas dans l'aire de production.
Bon les gars, je veux bien suivre votre raisonnement, mais pensez vous vraiment que la place libérée par ces quelques producteurs va vous ouvrir la porte du marché qu'ils occupent, croyez vous que cela va résoudre le problème des volumes vendus à bas prix par les "vracqueurs" ???

Signe des temps difficiles, les applaudissements à des mesures d'exclusion laisserons des traces dans les esprits. Voila qui augure mal de la belle devise des vignerons solidaires; nous nous dirigeons doucement vers une situation conflictuelle.

S'il y a problème de surproduction, de mévente ou de niveau qualitatif, ça ne sert à rien de trancher le bras droit si c'est le gauche qui est gangréné; mais rien n'est figé, tout évolue, une chose est certaine, les vignerons concernés ne sont pas les chèvres qui servent d'appâts ni les bourgeois de Calais prêts à rendre les clefs sans rechigner...

André Moulière 

 

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Pic Saint Loup

00:24 Écrit par Hervé Lalau dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |